Comment réussir la culture de vos propres fraises ?
Un fraisier bien placé peut produire dès sa première saison, mais il supporte mal l’eau stagnante, les plantations trop serrées et les fruits posés au sol. Du choix entre remontant et non remontant à la conservation, les gestes qui sécurisent une récolte généreuse.

Choisir le fraisier selon votre envie de récolter
Avant d’acheter, décidez surtout quand vous voulez manger vos fraises. Les fraisiers non remontants donnent une récolte abondante, mais brève. Les remontants échelonnent les fruits de juin jusqu’aux premières gelées, avec souvent un creux lors des fortes chaleurs estivales.
Choisissez des plants vigoureux, avec un cœur vert, des racines claires et développées, sans feuilles tachées ni collet brun. Les godets sont les plus simples pour débuter. Les plants à racines nues coûtent moins cher, mais demandent une plantation rapide et un arrosage plus suivi au départ.
| Type | Récolte indicative | Atout principal | Usage conseillé |
|---|---|---|---|
| Non remontant précoce | Mai à juin | Récolte groupée | Confitures et desserts |
| Non remontant de saison | Juin à juillet | Gros volume en peu de temps | Grandes planches |
| Remontant | Juin à octobre | Fruits sur plusieurs mois | Petit jardin et pots |
| Fraisier des bois | Juin à octobre | Petits fruits très parfumés | Bordures et mi-ombre claire |
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Non remontant ou remontant : le bon arbitrage
Fraisier non remontant
Une production concentrée sur 3 à 5 semaines
- Points forts
- Beaucoup de fruits à la même périodePratique pour cuisiner et congelerEntretien estival souvent plus simple
- Limites
- Pas de fraises après la récolteUne gelée tardive peut toucher une grande part des fleurs
Fraisier remontant
Des vagues de production jusqu’à l’automne
- Points forts
- Cueillette régulière pour la tableTrès adapté aux balconnièresRépartit le risque météo
- Limites
- Rendement par vague plus modéréArrosage et nutrition à suivre plus longtemps
Offrir soleil, drainage et une terre légèrement acide
Installez les fraisiers dans un emplacement recevant au moins 6 heures de soleil direct par jour, idéalement 8 heures. Le soleil favorise la teneur en sucre et aide le feuillage à sécher après la pluie. Évitez le bas d’un terrain où l’eau s’accumule, ainsi qu’un coin enfermé entre un mur et une haie dense.
Le sol doit rester frais, mais ne jamais être gorgé d’eau. Visez une terre souple, riche en humus, avec un pH d’environ 5,5 à 6,5. Dans une terre lourde et argileuse, créez une butte ou une planche surélevée de 15 à 20 cm plutôt que d’ajouter du sable en grande quantité, ce qui peut donner un sol compact.
Préparez la zone sur 20 à 25 cm de profondeur. Retirez les racines de vivaces et incorporez 2 à 3 kg de compost mûr par m². Évitez le fumier frais et les apports massifs d’engrais azoté : ils font pousser beaucoup de feuilles tendres, au détriment des fleurs et avec davantage de risque de maladies.
Les repères qui font vraiment la différence
6 à 8 h
de soleil direct par jour
30 à 35 cm
entre deux fraisiers
2 à 3 ans
de pleine production par plantation
2 à 4 jours
de conservation au réfrigérateur
Planter au bon moment sans enterrer le cœur
En France métropolitaine, les plants en godets se plantent surtout d’août à octobre pour une belle récolte l’année suivante, ou de mars à avril après les fortes gelées. Une plantation de printemps peut tout de même donner quelques fruits la première année, surtout avec des remontants. Évitez de planter lors d’un épisode de sécheresse, de gel ou dans une terre détrempée.
Réservez 30 à 35 cm entre les plants, et 40 à 50 cm entre les rangs si vous créez une fraiseraie. Cette circulation d’air limite le botrytis, la pourriture grise des fruits. Ne replantez pas immédiatement des fraisiers au même endroit après une vieille culture épuisée : attendez idéalement 3 à 4 ans et évitez une parcelle ayant porté récemment tomates, pommes de terre, aubergines ou framboisiers sensibles aux maladies du sol.
Planter un fraisier en 5 gestes
-
Réhydratez la motte
Plongez le godet dans un seau d’eau pendant 5 à 10 minutes, jusqu’à ce qu’il n’y ait presque plus de bulles.
-
Creusez juste assez large
Préparez un trou un peu plus large que la motte. Ameublissez le fond sans y déposer d’engrais concentré.
-
Placez le collet au bon niveau
Le cœur du fraisier, d’où partent les feuilles, doit rester exactement au niveau du sol. Les racines sont enterrées, le cœur ne l’est pas.
-
Rebouchez sans tasser fortement
Ramenez la terre autour des racines et appuyez simplement avec les doigts pour chasser les poches d’air.
-
Arrosez puis paillez
Arrosez généreusement au pied. Ajoutez le paillage après que la terre a ressuyé, en laissant le cœur dégagé.
Réussir des fraises en pot, sur balcon ou terrasse
La culture en pot fonctionne très bien avec des variétés remontantes, à condition de ne pas sous-dimensionner le contenant. Prévoyez au minimum un pot de 20 à 25 cm de diamètre et 20 cm de profondeur par plant, soit environ 5 à 8 litres de substrat. Dans une jardinière, gardez 25 à 30 cm entre les plants.
Utilisez un terreau potager ou un mélange de terreau et de compost mûr, dans un contenant percé. Une couche de billes d’argile n’est pas indispensable si les trous d’évacuation sont libres : elle réduit surtout le volume de terre disponible. Surélevez légèrement le pot avec des cales afin que l’eau s’écoule sans stagner dans une soucoupe.
Le substrat d’un pot sèche vite, surtout contre un mur exposé au sud. Vérifiez-le chaque matin pendant les périodes chaudes. En hiver, les racines sont plus vulnérables qu’en pleine terre : rapprochez les pots d’un mur abrité et isolez-les du sol froid avec une planche ou des pieds.
Arroser, pailler et nourrir sans épuiser les plants
Arrosez au pied, de préférence le matin, quand les 2 ou 3 premiers centimètres de terre sont secs. Pendant une période sèche, un apport copieux de 10 à 15 litres par m² une à deux fois par semaine est généralement plus efficace que de petites aspersions quotidiennes. Adaptez selon votre sol, la pluie et la chaleur : le but est une terre fraîche en profondeur, pas boueuse.
Évitez de mouiller fréquemment fleurs et fruits. Un tuyau goutte-à-goutte ou un arrosoir sans pomme limite les éclaboussures de terre et les maladies. En pot, arrosez plus souvent, parfois chaque jour lors d’une canicule, mais videz toujours l’excédent d’eau de la soucoupe après quelques minutes.
Étalez 3 à 5 cm de paille propre, de feuilles sèches broyées ou de copeaux fins autour des plants lorsque les premiers bouquets floraux se forment. Le paillage garde l’humidité, évite que les fruits touchent le sol et réduit les mauvaises herbes. Gardez une couronne libre de quelques centimètres autour du cœur.
Au début du printemps, apportez une fine couche de compost bien décomposé, sans recouvrir le collet. Après la première grosse récolte des non remontants, enlevez les feuilles franchement malades et les fruits oubliés. Ne rabattez pas le cœur des plants : c’est lui qui prépare la production suivante.
Les vérifications à faire chaque semaine
- Le sol est frais à 5 cm de profondeur, sans eau dans les soucoupes.
- Le paillage maintient les fruits hors de la terre et ne couvre pas les collets.
- Les stolons inutiles sont coupés proprement pour concentrer l’énergie sur les fruits.
- Les fruits mous, gris ou abîmés sont retirés aussitôt.
- Le filet anti-oiseaux est tendu et ne piège aucun animal.
Protéger les fraises des oiseaux, limaces et maladies
Les oiseaux repèrent les fruits avant vous. Posez un filet à mailles fines sur des arceaux ou des tuteurs, suffisamment haut pour ne pas écraser les fleurs. Tendez-le soigneusement et contrôlez-le régulièrement : un filet lâche peut emprisonner des oiseaux ou de petits mammifères.
Les limaces apprécient les zones humides et encombrées. Ramassez-les à la main au crépuscule, supprimez les refuges humides juste autour des plants et cueillez les fruits mûrs sans tarder. Le paillage est utile, mais une couche trop épaisse et constamment mouillée peut aussi leur servir d’abri : aérez-la si besoin.
La pourriture grise se reconnaît à un duvet gris sur les fruits. Retirez les fruits touchés, augmentez l’aération, arrosez au pied et évitez de laisser des fruits mûrs sous le feuillage. Un feutrage blanc et des feuilles qui se recroquevillent peuvent signaler l’oïdium : espacez les plants et éliminez les parties très atteintes sans les composter si elles sont malades.
En jardin familial, privilégiez d’abord ces mesures mécaniques et culturales. Les restrictions d’eau locales s’appliquent également au potager. Si vous utilisez un produit de protection, vérifiez qu’il est autorisé pour l’usage concerné, respectez strictement son étiquette et les règles en vigueur, qui peuvent évoluer.
Cueillir au bon stade et renouveler la fraiseraie
Récoltez lorsque le fruit est rouge de façon uniforme, jusqu’à sa pointe, et encore ferme. Cueillez plutôt le matin, une fois la rosée évaporée, en pinçant la tige avec son petit pédoncule vert. Passez tous les un à deux jours au moment du pic : une fraise trop mûre attire vite limaces et moisissures.
Ne lavez pas les fraises à la cueillette. Conservez-les sèches, non équeutées, dans une boîte peu profonde au réfrigérateur, idéalement en une seule couche. Consommez-les dans les 2 à 4 jours. Pour les garder plus longtemps, équeutez-les, séchez-les, congelez-les d’abord à plat puis placez-les dans un sachet.
Un plant donne généralement le meilleur de lui-même pendant deux ou trois saisons. Remplacez progressivement un tiers de la plantation chaque année avec des jeunes plants sains ou des stolons issus de vos meilleurs pieds. Déplacez ensuite la fraiseraie vers une autre parcelle afin de limiter l’accumulation de maladies du sol.
Le calendrier simple d’une fraiseraie productive
De février à mars, nettoyez les feuilles abîmées, apportez un peu de compost mûr et vérifiez le drainage. D’avril à mai, installez le paillage, surveillez les limaces et protégez les fleurs d’une gelée annoncée avec un voile posé le soir puis retiré dès que les températures remontent.
De mai à juillet, cueillez souvent, arrosez régulièrement et coupez les stolons non désirés. D’août à octobre, plantez de nouveaux godets, marcottez quelques stolons sains et continuez les cueillettes des remontants. En hiver, laissez les plants en place, retirez seulement les feuilles malades et assurez-vous que les pots ne baignent jamais dans l’eau.
Questions fréquentes
Peut-on planter des fraisiers à l’ombre ?
Les fraisiers peuvent survivre à la mi-ombre, mais leur production et leur teneur en sucre diminuent nettement. Réservez-leur au moins 6 heures de soleil direct par jour. Les fraisiers des bois tolèrent un peu mieux une ombre claire, avec des fruits plus petits.
Combien de fraisiers faut-il pour une famille ?
Pour des cueillettes régulières, comptez environ 6 à 10 plants par personne, en mélangeant remontants et non remontants. La quantité réelle varie selon la variété, le soleil, l’arrosage et votre consommation. Pour faire des confitures, il faut une plantation plus grande ou une récolte concentrée de non remontants.
Faut-il couper les stolons des fraisiers ?
Oui, si vous cherchez surtout à récolter des fruits : les stolons consomment une partie de l’énergie du plant. Conservez seulement un ou deux stolons sur un fraisier très sain si vous souhaitez obtenir de nouveaux plants. Évitez de multiplier un plant faible, peu productif ou malade.
Pourquoi mes fraises sont-elles petites ou déformées ?
Un manque de soleil, des arrosages irréguliers, une terre pauvre ou une pollinisation incomplète peuvent réduire la taille ou déformer les fruits. Des températures fraîches et pluvieuses au moment de la floraison jouent aussi. Vérifiez également que les plants ne sont pas trop serrés et que les stolons ne les épuisent pas.
Peut-on cultiver des fraises à partir des graines d’une fraise achetée ?
C’est possible, mais c’est lent et le résultat est incertain : les graines issues d’un fruit du commerce ne reproduisent pas forcément les qualités de la variété d’origine. Pour récolter rapidement des fruits prévisibles, achetez des godets identifiés ou faites raciner les stolons d’un plant sain. Les semis sont davantage adaptés aux fraisiers des bois.
Faut-il protéger les fraisiers du gel en hiver ?
Les fraisiers installés en pleine terre supportent en général l’hiver dans la plupart des régions françaises. Les fleurs printanières, elles, craignent les gelées tardives et peuvent être couvertes ponctuellement avec un voile. En pot, protégez surtout les racines du gel prolongé et de l’excès d’eau.
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