Jusqu’à quand peut-on prendre ses congés payés ?
Il n’existe pas une date limite identique pour tous les salariés. Vos congés doivent être pris pendant la période fixée dans votre entreprise, sous peine d’être perdus hors exception. Repérez la bonne échéance, posez vos dates à temps et sécurisez vos vacances.

La réponse courte : vérifiez votre période de prise
Vous pouvez prendre vos congés payés jusqu’à la fin de la période de prise applicable dans votre entreprise. Cette échéance est fixée par un accord d’entreprise, de branche ou, à défaut, par l’employeur après consultation du CSE lorsqu’il existe. Elle figure souvent dans une note interne, l’intranet RH, un accord collectif ou le logiciel de pose des congés.
La loi n’impose donc pas une date universelle telle que le 31 mai ou le 30 avril. En revanche, la période de prise retenue par l’entreprise doit obligatoirement couvrir l’intervalle du 1er mai au 31 octobre. Si vos jours ne sont pas posés avant la date de clôture prévue, ils peuvent être perdus, sauf accord de report ou situation particulière.
Comment se calculent les congés payés acquis ?
Un salarié acquiert normalement 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, soit 30 jours ouvrables sur une année complète : l’équivalent de cinq semaines. Certaines entreprises décomptent en jours ouvrés, le plus souvent du lundi au vendredi : le compteur affiche alors généralement 25 jours pour cinq semaines.
La période d’acquisition est souvent fixée du 1er juin au 31 mai, mais un accord collectif peut en retenir une autre, par exemple l’année civile. Les droits sont acquis dès l’embauche : il n’existe plus de délai minimal d’un an. Vous pouvez donc demander des congés dès votre arrivée, sous réserve des dates autorisées et des droits disponibles. Prendre des jours non encore acquis relève, lui, d’un accord avec l’employeur.
Le temps partiel ne réduit pas le nombre de jours acquis : un salarié à mi-temps a en principe droit aux mêmes cinq semaines. Le décompte des jours posés tient toutefois compte de ses jours habituels de travail, ce qui mérite une vérification avec le service paie avant un long séjour.
| Méthode | Droit annuel courant | Jours décomptés | Repère pratique |
|---|---|---|---|
| Jours ouvrables | 30 jours | Du lundi au samedi | 5 semaines = 30 jours |
| Jours ouvrés | 25 jours | Jours travaillés, souvent lundi-vendredi | 5 semaines = 25 jours |
| Jour férié chômé | Non décompté en général | S’il tombe pendant le congé | À confirmer selon l’horaire |
| Temps partiel | Même droit annuel | Selon le planning habituel | Évitez les calculs seuls |
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Qui choisit les dates de vacances ?
Vous formulez vos souhaits, mais l’employeur arrête les dates et l’ordre des départs. Il doit tenir compte des règles prévues dans l’accord collectif et, à défaut, de critères tels que la situation familiale, l’ancienneté ou l’activité éventuelle chez un autre employeur. Les congés scolaires peuvent être pris en considération, sans créer automatiquement une priorité absolue.
L’employeur doit informer les salariés de la période de prise au moins deux mois avant son ouverture. Il doit également communiquer l’ordre des départs au moins un mois avant le départ. Une fois les dates validées, il ne peut normalement plus les changer moins d’un mois avant, sauf circonstances exceptionnelles : un simple changement d’organisation prévisible ne suffit pas toujours à les caractériser.
Dans une petite équipe, attendez-vous à ce que les mêmes semaines soient très demandées. Posez vos congés d’été entre janvier et mars, et vos congés de fin d’année avant l’automne. Une demande précoce n’est pas une garantie légale, mais elle laisse plus de marge pour ajuster les plannings et réserver transports ou hébergements à un tarif raisonnable.
Les chiffres utiles à retenir
2,5 jours
ouvrables acquis par mois de travail effectif
5 semaines
de congés payés sur une année complète
1 mois
délai minimal habituel avant de modifier des dates fixées
15 mois
durée de report légale en cas d’empêchement pour maladie
La période d’été, le congé principal et le fractionnement
Le congé principal correspond aux quatre premières semaines, soit 24 jours ouvrables ou 20 jours ouvrés. Lorsque vous avez acquis au moins 12 jours, une partie continue d’au moins 12 jours ouvrables doit en principe être prise pendant la période allant du 1er mai au 31 octobre. Il n’est pas possible de prendre plus de 24 jours ouvrables d’affilée, sauf dérogations particulières, notamment liées à des contraintes géographiques ou familiales.
Prendre une partie du congé principal hors de cette période peut ouvrir droit à des jours supplémentaires de fractionnement. En règle générale, 3 à 5 jours pris hors période donnent un jour ouvrable de congé en plus ; 6 jours ou davantage en donnent deux. La cinquième semaine n’entre pas dans ce calcul.
Attention : un accord collectif peut fixer d’autres règles de fractionnement et vous pouvez aussi y renoncer par accord individuel écrit. Avant de découper vos vacances en plusieurs séjours, regardez si votre entreprise crédite automatiquement ces jours ou demande une démarche spécifique.
Jours ouvrables ou jours ouvrés : ne comparez pas les compteurs seuls
Décompte en jours ouvrables
Le système légal de référence
- Points forts
- 30 jours correspondent à cinq semainesLe samedi entre souvent dans le décompteLes droits sont faciles à comparer légalement
- Limites
- Une semaine du lundi au vendredi coûte souvent 6 joursLe compteur paraît plus élevé sans offrir plus de repos
Décompte en jours ouvrés
Fréquent dans les bureaux
- Points forts
- Une semaine habituelle coûte souvent 5 joursLe compteur est plus intuitif pour un planning lundi-vendrediCompatible avec les horaires de bureau
- Limites
- 25 jours correspondent aussi à cinq semainesLes règles varient avec les plannings atypiques
Poser ses congés sans risquer de les perdre
Une méthode simple en cinq étapes
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Repérez les compteurs concernés
Distinguez les congés de l’année en cours, les jours antérieurs, les RTT et les éventuels jours d’ancienneté. Notez la date d’expiration de chaque solde : ils n’obéissent pas forcément au même calendrier.
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Lisez la règle interne
Consultez l’accord collectif, la note RH ou le portail de congés. Vérifiez la période de prise, le délai de demande et les éventuelles périodes de fermeture annuelle.
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Préparez deux options
Proposez une période principale et une solution de repli, surtout pour juillet, août, Noël et les ponts de mai. Cela accélère souvent la validation sans vous faire renoncer à votre projet.
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Faites valider avant de réserver
Une demande envoyée n’est pas une autorisation. Attendez le feu vert écrit, l’e-mail de validation ou le statut approuvé dans l’outil RH avant d’acheter un billet non remboursable.
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Gardez une trace
Conservez la confirmation des dates et le solde après validation. En cas de désaccord ultérieur, ces éléments permettent de reconstituer simplement ce qui a été demandé et accepté.
Report, maladie et congés non pris : les exceptions importantes
Le report des congés n’est pas automatique parce que vous avez été très occupé ou que vous n’avez pas formulé de demande. Il peut résulter d’un accord d’entreprise, d’un usage interne ou d’un accord ponctuel avec l’employeur. Demandez-le avant la clôture du compteur et obtenez une réponse écrite.
La situation est différente lorsque vous avez été empêché de prendre vos jours. Si l’employeur ne vous a pas réellement mis en mesure de les prendre ou ne vous a pas correctement informé de la période, il ne peut pas se prévaloir aussi facilement de leur perte. En cas de litige, rassemblez demandes de congés, réponses reçues et informations RH ; les représentants du personnel ou un conseiller en droit du travail peuvent vous orienter.
La maladie ou l’accident peuvent également justifier un report. Les congés acquis mais non pris en raison d’un arrêt sont reportables dans un cadre légal qui prévoit en principe une période de 15 mois. Après votre reprise, l’employeur doit vous informer du nombre de jours reportés et de leur date limite. Pour les absences très longues, le point de départ de ce délai obéit à des règles plus techniques.
Un arrêt maladie survenu avant le départ empêche la prise des congés aux dates prévues. Lorsque la maladie survient pendant les vacances, la jurisprudence a évolué en faveur du report des jours qui coïncident avec l’arrêt, à condition de prévenir l’employeur et de justifier l’arrêt. Transmettez le justificatif sans tarder et demandez par écrit le décompte des jours à reprogrammer.
Maladie, parentalité et autres absences : quels droits acquis ?
Les congés de maternité, paternité et d’accueil de l’enfant, ainsi que plusieurs absences assimilées à du travail effectif, continuent d’ouvrir des droits à congés payés. Un arrêt pour accident du travail ou maladie professionnelle permet aussi d’acquérir les droits au rythme habituel.
Pour une maladie ou un accident d’origine non professionnelle, les règles issues de la réforme de 2024 prévoient l’acquisition de 2 jours ouvrables par mois, dans la limite de 24 jours ouvrables par période de référence. Les accords collectifs plus favorables restent applicables. Ces règles et leur articulation avec les arrêts anciens peuvent être complexes : en cas de compteur incohérent, demandez un détail écrit à la paie ou à un professionnel compétent.
RTT, congé sans solde et fin de contrat : ne les confondez pas
Les RTT ne sont pas des congés payés. Leur nombre, leur date d’expiration et leurs conditions de report dépendent de l’accord sur le temps de travail de votre entreprise. Beaucoup de RTT doivent être utilisés avant le 31 décembre ou avant une autre date annuelle, parfois sans report possible. Vérifiez-les séparément avant de planifier un pont.
Le congé sans solde est une absence non rémunérée qui suppose l’accord de l’employeur, sauf dispositif particulier prévu par la loi ou la convention collective. Il peut allonger un voyage, mais il peut aussi avoir des conséquences sur la rémunération, certains droits sociaux et l’acquisition de congés : demandez les conditions par écrit.
À la fin du contrat, les congés payés acquis et non pris donnent lieu à une indemnité compensatrice de congés payés, y compris en cas de démission ou de licenciement. Pendant le contrat, on ne remplace pas librement des congés par une somme d’argent : leur objet premier reste le repos effectif.
Avant de bloquer vos vacances
- Identifier la date de fin de validité de chaque compteur de congés.
- Vérifier si l’entreprise ferme à certaines dates ou impose des jours.
- Contrôler le décompte en jours ouvrés ou en jours ouvrables.
- Demander et obtenir une validation écrite des dates.
- Prévoir une solution de repli pour les périodes très demandées.
- Conserver le solde et la confirmation après acceptation.
Questions fréquentes
Quelle est la date limite pour prendre mes congés payés ?
La date limite est celle de la fin de la période de prise fixée par votre accord collectif ou votre employeur. Elle n’est pas identique dans toutes les entreprises. Consultez votre outil RH, une note de service ou votre convention collective, car des congés non pris à cette date peuvent être perdus hors cas de report.
Mon employeur peut-il refuser mes dates de congés payés ?
Oui, l’employeur peut refuser les dates demandées s’il doit assurer le bon fonctionnement du service ou respecter l’ordre des départs. Il ne peut toutefois pas vous empêcher durablement de prendre vos congés acquis. Une fois les dates fixées, leur modification moins d’un mois avant le départ n’est possible qu’en cas de circonstances exceptionnelles.
Peut-on prendre des congés payés dès l’embauche ?
Oui, les congés peuvent être pris dès l’embauche, sans attendre la fin d’une période annuelle d’acquisition. Les dates restent soumises à l’autorisation de l’employeur. Pour des jours non encore acquis, il faut en pratique obtenir son accord sur une prise anticipée.
Que deviennent mes congés payés si je suis malade pendant mes vacances ?
Si l’arrêt débute avant le départ, les congés prévus doivent être reportés. Si la maladie survient pendant les vacances, les jours qui coïncident avec l’arrêt peuvent désormais ouvrir droit à un report, sous réserve de prévenir l’employeur et de fournir les justificatifs. Contactez rapidement les RH pour faire rectifier le compteur.
Les RTT ont-ils la même date limite que les congés payés ?
Non. Les RTT résultent d’un accord sur l’aménagement du temps de travail et suivent leur propre calendrier. Leur prise, leur report et leur éventuelle perte dépendent de l’accord d’entreprise ou de branche, souvent avec une échéance annuelle distincte de celle des congés payés.
Puis-je me faire payer mes congés payés non pris ?
En principe, non tant que votre contrat continue : les congés payés doivent être pris pour assurer un repos effectif. En revanche, lors de la rupture du contrat, les jours acquis et non pris donnent droit à une indemnité compensatrice. Son calcul doit être vérifié sur votre solde de tout compte.
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