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Dates limites du bilan de votre société en 2024

Un « bilan 2024 » peut viser les comptes déposés en 2024 ou un exercice clos le 31 décembre 2024, à formaliser en 2025. Cette nuance change tout. Repérez vos vraies échéances, les pièces à réunir et la marche à suivre pour déposer des comptes cohérents.

Dossier comptable, calculatrice et ordinateur sur un bureau de petite entreprise
Dossier comptable, calculatrice et ordinateur sur un bureau de petite entreprise

« Bilan 2024 » : deux calendriers à ne pas confondre

Dans le langage courant, le mot bilan désigne souvent toute la clôture comptable. Juridiquement, il faut distinguer les comptes annuels — bilan, compte de résultat et annexe lorsque celle-ci est requise — de la liasse fiscale, transmise à l’administration fiscale.

Le calendrier dépend de la date de clôture de votre exercice, pas de l’année inscrite sur vos factures. Ainsi, les comptes d’un exercice clos le 31 décembre 2023 ont été approuvés et déposés en 2024. Ceux d’un exercice clos le 31 décembre 2024 sont, sauf cas particulier, approuvés et déposés en 2025.

Les quatre délais à inscrire au calendrier

6 mois

délai habituel maximal pour approuver les comptes

1 mois

délai de dépôt après approbation, par voie papier

2 mois

délai de dépôt après approbation, en ligne

15 mai

échéance habituelle du solde d’IS après une clôture au 31 décembre

Les échéances selon votre date de clôture

Pour les sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés, le paiement du solde d’IS, la déclaration de résultat et le dépôt public des comptes ne tombent pas le même jour. Le tableau donne les principaux repères. Les dates fiscales exactes sont publiées chaque année dans le calendrier de l’administration : contrôlez-les, notamment lorsqu’une échéance tombe un week-end ou un jour férié.

Repères pour une société commerciale soumise à l’IS
Exercice clos leFiscalitéApprobation des comptesDépôt au registre
31 déc. 2023Solde IS : 15 mai 2024 ; liasse : début mai*Au plus tard le 30 juin 202431 juil. papier / 31 août en ligne
31 déc. 2024Solde IS : 15 mai 2025 ; liasse : début ou mi-mai*Au plus tard le 30 juin 202531 juil. papier / 31 août en ligne
Autre dateIS : 15e jour du 4e mois ; liasse : sous 3 mois*En principe sous 6 mois1 mois papier / 2 mois en ligne

Faites glisser le tableau horizontalement pour tout voir.

* Pour une clôture au 31 décembre, la date légale de dépôt de la déclaration de résultat est le deuxième jour ouvré suivant le 1er mai. Une transmission dématérialisée bénéficie habituellement d’un délai complémentaire de 15 jours calendaires. À titre de repère, pour l’exercice clos le 31 décembre 2024, cela conduisait au 5 mai 2025, puis au 20 mai pour la télétransmission.

Pour l’exercice clos le 31 décembre 2023, concerné par les formalités de 2024, l’échéance légale de déclaration était fixée au 3 mai 2024, avec le délai additionnel usuel de télétransmission. Ne transposez donc pas automatiquement une date 2024 à un exercice ultérieur.

Qui est concerné par l’approbation et le dépôt des comptes ?

Les sociétés commerciales, notamment les SAS, SASU, SARL, EURL et SA, établissent des comptes annuels. Les associés ou actionnaires doivent ensuite se prononcer sur ces comptes et sur l’affectation du résultat, selon les règles applicables à la forme sociale et les statuts. Pour une clôture au 31 décembre, la décision intervient en principe avant le 30 juin suivant.

Le dépôt au registre du commerce concerne les sociétés tenues de publier leurs comptes. Une entreprise individuelle n’est pas une société : ses obligations sont différentes. Une société soumise à l’impôt sur le revenu peut aussi avoir une déclaration professionnelle distincte de la déclaration n° 2065 réservée à l’IS.

Le dirigeant ne peut pas se dispenser du dépôt parce que la société n’a pas réalisé de chiffre d’affaires. Une société sans activité, mais toujours immatriculée, doit généralement continuer à respecter ses obligations comptables et juridiques jusqu’à sa dissolution puis sa radiation.

Les documents à réunir avant de clôturer

Un bilan exact ne consiste pas à exporter trois tableaux depuis un logiciel. Il repose sur des justificatifs classés et sur des écritures de fin d’exercice : charges à payer, produits à recevoir, amortissements, stocks, créances douteuses, emprunts et provisions éventuelles.

Rassemblez les relevés bancaires de toutes les banques et plateformes de paiement, les factures d’achat et de vente, les contrats de prêt ou de crédit-bail, les tableaux d’amortissement, les déclarations de TVA, les états de paie et les inventaires de stock. Conservez aussi les contrats significatifs et les décisions d’associés : ils expliquent parfois une variation importante de dette ou de charge.

Les contrôles de clôture les plus utiles
  • Rapprocher chaque compte bancaire avec le dernier relevé de l’exercice.
  • Pointer les factures clients impayées et évaluer le risque de non-recouvrement.
  • Recenser les factures fournisseurs reçues après clôture mais liées à l’exercice clos.
  • Faire un inventaire physique des marchandises et matières, puis valoriser les écarts.
  • Mettre à jour les tableaux d’emprunts, immobilisations et amortissements.
  • Vérifier que la TVA collectée et déductible concorde avec les déclarations déposées.

Un rétroplanning réaliste sur huit semaines

Attendre le mois de juin pour traiter une clôture au 31 décembre crée des corrections coûteuses, surtout si plusieurs associés doivent valider les comptes. Prévoyez une première version des comptes au printemps, puis laissez du temps aux questions, à la décision d’affectation du résultat et au dépôt.

La marche à suivre après la date de clôture

  1. Bloquez les pièces manquantes

    Dans les 10 premiers jours, réclamez les factures, notes de frais et relevés absents. Fixez une date interne de remise des documents aux équipes, plus précoce que l’échéance légale.

  2. Rapprochez et justifiez les comptes

    Vérifiez banques, caisse, TVA, clients, fournisseurs, salaires, emprunts et comptes courants d’associés. Toute ligne inhabituelle doit pouvoir être reliée à une pièce ou à une explication écrite.

  3. Passez les écritures de clôture

    Enregistrez inventaire, amortissements, charges et produits à rattacher, dépréciations et provisions justifiées. Une petite société de services a souvent moins d’écritures qu’un commerce avec stock, mais aucune n’est automatique.

  4. Préparez les comptes et la liasse

    Établissez bilan, compte de résultat, annexe si nécessaire et déclaration fiscale. Contrôlez la cohérence entre le résultat comptable, le résultat fiscal et l’impôt comptabilisé.

  5. Faites statuer les associés

    Envoyez les documents et convocations dans les formes prévues par la loi et les statuts. Formalisez la décision d’approbation et l’affectation du bénéfice ou de la perte dans un procès-verbal.

  6. Déposez et archivez la preuve

    Transmettez les comptes, le document d’affectation du résultat et les pièces demandées par le registre, dans le délai applicable. Conservez l’accusé de réception, le procès-verbal signé et la version définitive des comptes.

Déposer les comptes : contenu, confidentialité et délais

Le dossier déposé comprend habituellement les comptes annuels, la proposition d’affectation du résultat et la résolution ou décision d’affectation votée. Selon la situation, d’autres documents peuvent être nécessaires, par exemple un rapport du commissaire aux comptes lorsqu’il y en a un.

Après l’approbation, le dépôt doit être réalisé dans le mois au greffe compétent, ou dans les deux mois lorsqu’il est effectué par voie électronique. Le dépôt dématérialisé limite les délais d’acheminement, mais ne corrige pas un dossier incomplet : anticipez quelques jours de marge.

Les comptes déposés sont en principe accessibles au public. Certaines microentreprises peuvent demander la confidentialité de leurs comptes, et certaines petites entreprises celle de leur compte de résultat, si elles remplissent les conditions légales et ne relèvent pas d’un secteur exclu. La déclaration de confidentialité doit accompagner le dépôt ; elle ne supprime ni l’obligation d’établir les comptes ni celle de les transmettre à l’administration fiscale.

À vérifier juste avant l’envoi

  • La date de clôture figurant sur tous les documents est identique.
  • Le bilan est équilibré et le résultat concorde avec le compte de résultat.
  • Le procès-verbal mentionne clairement l’affectation du bénéfice ou de la perte.
  • Les comptes sont signés ou certifiés selon la procédure prévue en interne.
  • La liasse fiscale a été traitée séparément sur le canal fiscal adapté.
  • L’accusé de réception du dépôt est téléchargé et archivé.

Logiciel ou expert-comptable : quel budget prévoir ?

Un logiciel de comptabilité facilite la collecte des justificatifs, les rapprochements bancaires et les relances. Il ne décide pas à votre place de la valeur d’un stock, d’une provision ou d’une charge à rattacher. Comptez couramment 15 à 70 € par mois pour un outil de base destiné à une TPE, hors éventuels modules de paie ou de facturation.

Une mission d’expert-comptable varie fortement avec le volume de factures, la TVA, les salariés, les stocks et la complexité juridique. Pour une petite société simple, les honoraires annuels se situent souvent autour de 1 200 à 3 000 € HT. Une mission limitée à la révision et à l’établissement des comptes peut coûter moins, mais elle suppose que la saisie interne soit propre et régulière.

Tenir la comptabilité en interne ou déléguer la clôture

Gestion interne avec logiciel

Adaptée aux flux simples et bien suivis

Points forts
Coût mensuel maîtriséVision des chiffres au fil de l’eauPièces centralisées rapidement
Limites
Temps de paramétrage et de contrôleRisque sur les écritures de clôtureVeille fiscale et juridique à assurer

Mission avec expert-comptable

Utile dès que la clôture se complexifie

Points forts
Révision technique des comptesAide sur la liasse et les arbitragesInterlocuteur pour les questions fiscales
Limites
Honoraires annuels plus élevésDocuments à fournir dans les délaisLe dirigeant reste responsable des comptes

Retard, oubli, comptes non approuvés : les solutions et les risques

Un retard de dépôt des comptes peut être sanctionné par une amende pouvant atteindre 1 500 €, et jusqu’à 3 000 € en cas de récidive. Le président du tribunal peut aussi ordonner le dépôt sous astreinte, notamment à la demande du ministère public ou d’une personne intéressée. Déposer tard vaut mieux que ne rien déposer : régularisez avec un dossier cohérent et gardez la preuve d’envoi.

Un retard fiscal expose de son côté à des intérêts de retard et à des majorations, souvent de 10 % en cas de dépôt tardif spontané, avec des conséquences plus lourdes après mise en demeure. Les montants dépendent de la situation et des impôts concernés. Contactez rapidement votre service des impôts des entreprises ou votre conseil si vous ne pouvez pas respecter une échéance.

Si les associés ne peuvent pas statuer dans les six mois, une prolongation judiciaire peut être demandée avant l’expiration du délai. Ce n’est pas une formalité à improviser en juillet : préparez la demande et les motifs suffisamment tôt. L’absence d’approbation ne fait pas disparaître les obligations fiscales de la société.

Questions fréquentes

Quelle est la date limite de dépôt du bilan d’une société clôturant au 31 décembre 2024 ?

Il ne s’agit pas d’un dépôt en 2024, mais en 2025. Les associés approuvent en principe les comptes avant le 30 juin 2025. Le dépôt doit ensuite intervenir avant le 31 juillet 2025 sur support papier, ou avant le 31 août 2025 par voie électronique, sous réserve du report au jour ouvré suivant si nécessaire.

Peut-on déposer les comptes annuels sans avoir envoyé la liasse fiscale ?

Oui, car le dépôt des comptes annuels au registre et la liasse fiscale sont deux démarches distinctes. Cela ne vous dispense pas de la déclaration fiscale, qui possède son propre calendrier et ses propres pénalités. Il est plus sûr de préparer les deux dossiers à partir d’une même version finalisée des comptes.

Faut-il déposer le bilan d’une SASU qui n’a eu aucune activité ?

En principe, oui, tant que la SASU existe et reste immatriculée. L’absence de chiffre d’affaires n’efface pas la nécessité d’établir des comptes annuels, de faire statuer l’associé unique et de déposer les documents requis. Une société en sommeil a aussi des obligations spécifiques à surveiller.

Combien de temps après l’assemblée générale peut-on déposer les comptes ?

Le délai est d’un mois après l’approbation des comptes pour un dépôt papier au greffe. Il est porté à deux mois en cas de dépôt électronique. Le point de départ est la date de la décision des associés ou de l’associé unique, et non la date de signature des comptes par le dirigeant.

Un expert-comptable est-il obligatoire pour établir le bilan d’une petite société ?

Non, une société peut tenir sa comptabilité en interne et établir ses comptes sans mission d’expert-comptable. En revanche, le dirigeant doit être capable de justifier les écritures et de respecter les règles comptables et fiscales. Une révision professionnelle est souvent utile dès qu’il y a de la TVA, du stock, des salariés, des emprunts ou des opérations inhabituelles.

Cet article est publié par La rédaction de Mamabea à titre d’information générale. Il ne remplace ni un diagnostic, ni un devis, ni l’avis d’un professionnel qualifié. Prix, réglementations et disponibilités évoluent : vérifiez-les avant toute décision. Notre charte éditoriale.