Quelles sont les obligations du vendeur dans un compromis de vente ?
Signer un compromis ne consiste pas seulement à réserver un logement. Le vendeur s’engage à vendre au prix et aux conditions prévus, à informer loyalement l’acquéreur et à remettre un bien conforme. Voici les documents, délais et frais à vérifier avant de signer.

Le compromis engage réellement le vendeur
Le compromis de vente, aussi appelé promesse synallagmatique de vente, fixe le bien, le prix, les délais et les conditions de la vente. Lorsque vendeur et acquéreur sont d’accord sur ces éléments, il vaut en principe vente, sous réserve des conditions suspensives écrites dans l’acte. La signature de l’acte authentique chez le notaire finalise les formalités, sécurise le paiement et permet la publication du transfert de propriété.
Le vendeur ne bénéficie pas du délai légal de rétractation de dix jours réservé à l’acquéreur non professionnel. Il ne peut donc pas se désister parce qu’une offre plus élevée arrive après le compromis. Une condition suspensive qui échoue réellement, par exemple l’exercice d’un droit de préemption ou le refus de prêt de l’acquéreur dans les paramètres prévus, peut en revanche mettre fin au compromis sans faute du vendeur.
Les engagements ne sont pas symétriques
Le vendeur
Il est tenu par sa promesse de vente
- Points forts
- Ne peut pas se rétracter après signatureDoit fournir les informations et annexes requisesDoit conserver puis délivrer le bien convenu
- Limites
- Peut devoir indemniser l’acquéreur en cas de refus fautifSupporte notamment la mainlevée d’une hypothèque
L’acquéreur non professionnel
Il dispose de protections spécifiques
- Points forts
- 10 jours de rétractation après notification complètePeut invoquer les conditions suspensives prévuesVerse souvent un dépôt placé sous séquestre
- Limites
- Doit respecter son plan de financement et les délaisPerd le bénéfice d’une condition s’il l’empêche volontairement
Donner une information exacte et remettre les bons documents
Le vendeur doit décrire le bien sans omission trompeuse. Il signale les servitudes de passage, un litige de voisinage ou de copropriété connu, les infiltrations récurrentes, les travaux réalisés sans autorisation connue, un sinistre, une occupation par un locataire ou tout défaut susceptible d’influencer le consentement de l’acquéreur. Il ne doit ni minimiser un problème connu ni faire une affirmation qu’il sait inexacte.
Cette obligation ne signifie pas qu’un logement ancien doit être mis aux normes actuelles avant sa vente. Une installation électrique ancienne, une mauvaise isolation ou une chaudière vieillissante peuvent être vendues telles quelles si leur état est correctement porté à la connaissance de l’acheteur. En revanche, une dissimulation volontaire peut être qualifiée de dol et entraîner l’annulation de la vente ou des dommages-intérêts.
Le dossier de diagnostics techniques
Les diagnostics applicables doivent être annexés au compromis, ou au plus tard remis selon les règles propres à chaque document. Ils dépendent de l’année de construction, de la localisation, des équipements et du type d’assainissement. Le DPE est requis dans la plupart des ventes et l’état des risques, souvent encore appelé ERP, est indispensable dans les zones concernées.
Pour une maison individuelle ou un immeuble en monopropriété classé E, F ou G au DPE en France métropolitaine, un audit énergétique réglementaire est également requis. Il doit être disponible dès la première visite, et non découvert au moment de la signature. Son absence ou celle d’un diagnostic obligatoire peut empêcher le vendeur de s’exonérer de certains défauts et créer un contentieux.
| Document | Validité usuelle | Quand il s’applique |
|---|---|---|
| DPE | 10 ans* | La plupart des logements |
| État des risques | 6 mois | Bien situé dans une zone concernée |
| Termites | 6 mois | Zone déclarée à risque |
| Gaz et électricité | 3 ans | Installation de plus de 15 ans |
| Plomb | 1 an si positif | Logement construit avant 1949 |
| Assainissement non collectif | Moins de 3 ans | Bien non raccordé au tout-à-l’égout |
| Mesurage Carrez | Sans durée fixe | Lot de copropriété, sauf exception |
Faites glisser le tableau horizontalement pour tout voir.
* La validité du DPE dépend notamment de sa date d’établissement et des règles transitoires applicables aux anciens diagnostics. Demandez au diagnostiqueur ou au notaire de confirmer la validité du dossier à la date de signature. Le mesurage Carrez doit correspondre au lot vendu : si la surface réelle est inférieure de plus de 5 % à celle annoncée, l’acquéreur peut demander une réduction proportionnelle du prix dans l’année suivant l’acte authentique.
Les pièces supplémentaires en copropriété
Pour la vente d’un lot de copropriété, le vendeur remet aussi, sauf cas d’exception, le règlement de copropriété et l’état descriptif de division, la fiche synthétique, les procès-verbaux des trois dernières assemblées générales, le carnet d’entretien et les informations financières de la copropriété. Le diagnostic technique global, s’il existe, ainsi que la notice d’information doivent aussi être communiqués.
Ces documents révèlent souvent les dépenses à venir : ravalement voté, impayés importants, procédure contre un copropriétaire ou travaux de toiture. S’ils manquent, le point de départ du délai de rétractation de l’acquéreur peut être repoussé. Le vendeur a donc intérêt à demander le dossier au syndic dès la mise en vente.
Conserver le logement et le délivrer comme prévu
Entre le compromis et l’acte définitif, le vendeur doit conserver le bien dans l’état où l’acquéreur l’a acheté, hors usure normale ou événement imprévisible. Il ne retire pas une cheminée, un radiateur fixé, une cuisine équipée annoncée ou des plantations sans accord écrit. Il ne consent pas non plus un nouveau bail, ne crée pas une servitude et ne lance pas des travaux qui modifieraient le bien sans en informer l’acquéreur.
À la remise des clés, le logement doit être libéré si la vente est conclue libre d’occupation, proprement vidé de ses biens personnels et accessible avec toutes les clés, télécommandes, badges et documents utiles. Si la vente porte sur un bien loué, le bail, le dépôt de garantie, les coordonnées du locataire et la répartition des loyers doivent être traités dans l’acte.
Il est prudent de maintenir l’assurance habitation jusqu’au transfert de propriété et de prévenir immédiatement l’acquéreur et le notaire en cas de dégât des eaux, incendie ou dégradation. Le compromis peut prévoir qui supporte le risque et les conséquences d’un sinistre avant la signature finale ; cette clause mérite une lecture attentive.
Garantir une possession paisible et répondre des défauts cachés
Le vendeur doit garantir l’acquéreur contre l’éviction : il ne peut pas revendiquer ensuite un droit sur le logement, ni laisser apparaître un droit de tiers non annoncé qui empêcherait l’usage normal du bien. Une hypothèque, une saisie, une indivision non réglée ou une servitude non déclarée doivent être vérifiées et régularisées. Le notaire effectue les contrôles nécessaires, mais le vendeur doit transmettre son titre de propriété et toute information utile.
La garantie des vices cachés couvre les défauts graves, non apparents lors de l’achat, antérieurs à la vente et rendant le bien impropre à son usage ou diminuant fortement cet usage. Une fissure structurelle dissimulée ou des infiltrations anciennes cachées derrière un habillage peuvent, selon les faits, entrer dans ce cadre. Un défaut visible lors des visites, mentionné dans le compromis ou résultant d’une vétusté clairement annoncée ne reçoit pas le même traitement.
Une clause d’exonération des vices cachés est fréquente lorsque le vendeur est un particulier. Elle ne protège pas le vendeur qui connaissait le défaut et l’a dissimulé, ni le vendeur professionnel dans les limites prévues par la loi. En cas de doute sur un problème important — fissure, humidité, assainissement, toiture — mieux vaut le décrire, joindre les factures ou devis disponibles et faire préciser la situation par le notaire.
Régler les dettes, charges et formalités qui lui incombent
Le vendeur doit pouvoir transmettre un titre de propriété exploitable. S’il existe une hypothèque ou un privilège de prêteur de deniers, le prix de vente sert généralement à rembourser le créancier et à obtenir la mainlevée. Les frais liés à cette mainlevée restent en principe à sa charge ; ils ne doivent pas être découverts la veille de l’acte.
En copropriété, le syndic établit un état daté qui indique les sommes dues. Juridiquement, les appels de fonds exigibles avant le transfert sont dus par le vendeur et ceux exigibles après par l’acquéreur. Pour des travaux votés avant la vente mais appelés après, la répartition peut produire un résultat différent de l’accord économique souhaité : une clause précise dans le compromis évite les mauvaises surprises.
La taxe foncière est due à l’administration par le propriétaire au 1er janvier. Dans une vente en cours d’année, le remboursement au prorata par l’acquéreur est une convention fréquente, mais ce n’est pas une obligation légale automatique. Le vendeur doit aussi anticiper l’impôt sur la plus-value immobilière s’il n’est pas exonéré ; le notaire en calcule généralement le montant et le prélève sur le prix.
Respecter les délais et ne pas faire échouer la vente
Le compromis fixe habituellement une date limite de signature chez le notaire, souvent deux à trois mois après la signature. Le vendeur fournit rapidement les pièces demandées, répond aux questions du notaire et accomplit les démarches nécessaires si un droit de préemption doit être purgé. Retarder volontairement un document indispensable ou refuser un rendez-vous peut constituer une faute.
Les conditions suspensives protègent l’opération, elles ne constituent pas un droit de changer d’avis. Le vendeur doit notamment laisser l’acquéreur accomplir les démarches prévues pour son financement et ne pas vendre le bien à un tiers pendant la durée du compromis. Si une condition se réalise ou échoue, le notaire constate la suite à donner selon la rédaction exacte de la clause.
Les repères chiffrés à avoir en tête
10 jours
délai de rétractation de l’acquéreur non professionnel
2 à 3 mois
délai souvent prévu avant l’acte authentique
6 mois
validité courante de l’état des risques et du diagnostic termites
5 à 10 %
indemnité d’immobilisation ou clause pénale souvent négociée
Que risque le vendeur s’il refuse ou manque à ses obligations ?
Le compromis prévoit souvent une clause pénale, fréquemment fixée entre 5 et 10 % du prix, mais son montant et ses conditions dépendent du contrat. Si le vendeur refuse sans motif valable de signer l’acte alors que les conditions sont remplies, l’acquéreur peut demander l’exécution forcée de la vente ou sa résolution avec des dommages-intérêts. Le sort du dépôt de garantie placé chez le notaire ne se décide pas unilatéralement.
Une information fausse ou un défaut volontairement caché expose aussi le vendeur après la vente. Les recours possibles varient selon le fondement retenu : vice caché, erreur sur la surface, dol, défaut de délivrance ou non-respect du compromis. Un différend sur une somme ou une clause doit être traité avec le notaire et, si nécessaire, un avocat ; la rédaction du compromis et les preuves disponibles sont déterminantes.
La vérification utile avant de signer
Préparer un compromis solide en six gestes
-
Relire la désignation du bien
Vérifiez l’adresse, les références cadastrales, les lots, caves, parkings, annexes, surfaces et équipements inclus.
-
Commander les diagnostics sans attendre
Faites intervenir des diagnostiqueurs certifiés et contrôlez la validité de chaque rapport à la date prévue de signature.
-
Rassembler les preuves utiles
Préparez titre de propriété, factures de travaux, permis, attestations d’assurance, plans, baux et courriers importants.
-
Clarifier les travaux et les sinistres
Décrivez les désordres connus, les réparations effectuées et les travaux votés ou envisagés en copropriété.
-
Faire chiffrer les retenues sur le prix
Demandez au notaire d’anticiper prêt à rembourser, hypothèque, mainlevée, plus-value et dettes de copropriété.
-
Encadrer les cas particuliers
Inscrivez précisément toute vente occupée, tout meuble conservé, tout délai de libération ou toute condition particulière.
À contrôler la semaine de l’acte authentique
- Le logement est dans le même état que lors de la dernière visite.
- Les clés, badges, télécommandes et codes d’accès sont réunis.
- Les annexes, cave, garage et jardin sont vidés selon ce qui était prévu.
- Les compteurs peuvent être relevés avec l’acquéreur ou le notaire.
- Le syndic, l’assureur et les fournisseurs concernés sont informés au bon moment.
- Toute dégradation ou tout sinistre récent a été signalé avant la signature.
Questions fréquentes
Le vendeur peut-il annuler un compromis de vente après l’avoir signé ?
En principe, non. Le délai de rétractation de dix jours est réservé à l’acquéreur non professionnel, pas au vendeur. Le compromis peut toutefois devenir caduc si une condition suspensive prévue échoue réellement, par exemple un droit de préemption exercé ou un refus de prêt conforme à la clause.
Le vendeur doit-il faire des travaux avant de signer l’acte de vente ?
Il n’a pas à remettre automatiquement un logement ancien aux normes actuelles. Il doit en revanche délivrer le bien dans l’état convenu et ne pas dissimuler un défaut connu. Des travaux deviennent obligatoires seulement s’ils ont été expressément prévus au compromis ou s’ils sont nécessaires pour respecter un engagement précis.
Quels diagnostics le vendeur doit-il annexer au compromis de vente ?
Cela dépend du logement : DPE, état des risques, amiante, plomb, gaz, électricité, termites, assainissement non collectif ou bruit peuvent être concernés. Le vendeur doit vérifier l’applicabilité et la validité de chaque diagnostic. Pour certaines maisons classées E, F ou G, un audit énergétique doit aussi être remis dès la première visite.
Qui paie les travaux de copropriété entre le compromis et l’acte définitif ?
Vis-à-vis du syndic, compte surtout la date à laquelle l’appel de fonds devient exigible : avant le transfert, il est normalement dû par le vendeur ; après, par l’acquéreur. Mais les parties peuvent convenir d’une autre répartition économique dans le compromis. Les travaux votés avant la vente doivent donc être clairement identifiés et négociés.
Le vendeur doit-il payer la taxe foncière le jour de la vente ?
La taxe foncière est légalement établie au nom du propriétaire au 1er janvier. Si le bien est vendu en cours d’année, le compromis ou l’acte prévoit souvent un partage au prorata entre vendeur et acquéreur. Ce remboursement est une convention entre les parties et non une règle fiscale automatique.
Que se passe-t-il si le vendeur cache une infiltration ou une fissure ?
Si le défaut était connu, grave et volontairement caché, l’acquéreur peut engager une action sur plusieurs fondements, dont le dol ou la garantie des vices cachés selon les circonstances. Il peut demander une indemnisation, une diminution du prix ou parfois l’annulation de la vente. Les échanges, diagnostics, devis et constats sont alors essentiels.
Cet article est publié par La rédaction de Mamabea à titre d’information générale. Il ne remplace ni un diagnostic, ni un devis, ni l’avis d’un professionnel qualifié. Prix, réglementations et disponibilités évoluent : vérifiez-les avant toute décision. Notre charte éditoriale.



