mamabea Le magazine des bonnes idées du quotidien

Chasse et pêche sous-marine : une pratique responsable

La pêche sous-marine est très sélective, à condition de savoir renoncer. Règles locales, signalisation, binôme, choix des prises et matériel fiable : ces repères vous aident à profiter de la mer sans mettre en danger les autres, ni fragiliser les fonds.

Pêcheur sous-marin préparant sa bouée de signalisation sur une crique rocheuse
Pêcheur sous-marin préparant sa bouée de signalisation sur une crique rocheuse

Comprendre ce que recouvre la pêche sous-marine

En France, l’expression pêche sous-marine désigne une pêche de loisir effectuée en immersion et à l’apnée, le plus souvent avec un fusil-harpon. « Chasse sous-marine » est le terme couramment employé, mais il ne s’agit pas d’une activité de tir libre : chaque prélèvement doit être ciblé, légal et destiné à la consommation.

La sélectivité est son principal atout. Vous voyez l’espèce avant d’agir, vous pouvez renoncer à un individu trop petit ou à une zone fragile, et il n’y a pas de capture accessoire dans un filet. Cette sélectivité disparaît si l’on tire par réflexe, sans identification certaine ou sur des poissons à la limite de taille.

La pratique de loisir est réservée aux personnes de 16 ans ou plus et suppose une assurance couvrant votre responsabilité civile. Elle se fait sans appareil respiratoire autonome ou alimenté en air. Bouteille, narguilé et tout dispositif permettant de respirer sous l’eau sont incompatibles avec la pêche sous-marine de loisir.

Les repères à retenir avant la première sortie

16 ans

âge minimal habituel pour pêcher sous l’eau en France

1 bouée

signalisation individuelle indispensable en immersion

0 bouteille

la pratique réglementaire se fait exclusivement à l’apnée

0 vente

une capture de loisir ne peut pas être commercialisée

Vérifier les règles du lieu, pas seulement la règle nationale

La mer n’est pas une zone de pêche uniforme. Les tailles minimales de capture, les plafonds journaliers, les fermetures saisonnières et les espèces autorisées diffèrent selon la façade maritime, l’espèce et parfois un secteur très précis. Le bar, par exemple, peut faire l’objet de mesures distinctes entre l’Atlantique, la Manche et la Méditerranée.

Avant chaque sortie, consultez les informations actualisées de la préfecture maritime, de la direction interrégionale de la mer et des arrêtés préfectoraux locaux. Regardez aussi les règles d’un parc marin, d’une réserve naturelle, d’une zone portuaire ou d’une commune littorale. Une aire marine protégée n’interdit pas automatiquement toute pêche, mais une réserve intégrale ou une zone de non-prélèvement l’interdit bien.

Les ports, chenaux, zones de baignade balisées, secteurs de cultures marines et abords d’ouvrages peuvent être interdits ou très encadrés. Ne vous fiez ni à une ancienne carte en ligne ni aux habitudes observées sur place : un arrêté temporaire peut s’appliquer après une pollution, un événement nautique ou une mesure de protection des ressources.

En mer, il n’existe généralement pas de permis national de pêche de loisir comparable à celui de la pêche en eau douce. Cela ne dispense ni de l’assurance, ni du respect des arrêtés, ni des formalités propres à certaines espèces. Le thon rouge, notamment, ne doit pas être ciblé sans autorisation annuelle, déclaration et dispositif de marquage prévus pour la campagne en cours.

Apprendre avec un club avant de chercher la performance

L’apnée utile à la pêche ne s’improvise pas. Un encadrement sérieux apprend surtout à lire l’état de mer, gérer le lestage, remonter calmement, organiser la surveillance du binôme et renoncer quand les conditions se dégradent. Ce sont des compétences plus importantes que la profondeur atteinte ou la durée d’une apnée.

Un club affilié à une fédération de plongée ou une structure professionnelle peut proposer une initiation, un entraînement à l’apnée et des sorties encadrées. Comptez souvent 70 à 180 € pour une initiation ou un stage court selon la durée, le prêt de matériel et le littoral. Vérifiez ce qui est inclus, notamment l’assurance et l’encadrement en mer.

Débuter encadré ou partir seul ?

Sortie club ou moniteur

Le choix prudent pour apprendre

Points forts
Binôme organisé et surveillance réelleCorrection du lestage et des gestesLecture des règles locales avec un pratiquant expérimentéMatériel parfois prêté pour tester avant d’acheter
Limites
Dates et sites imposésCoût d’une séance ou d’une adhésion

Autonomie immédiate

À réserver aux pratiquants déjà formés

Points forts
Horaires et spots choisis librementSorties plus simples à organiser avec un binôme compétent
Limites
Risque de banaliser une mauvaise habitudeRègles locales à vérifier seulAucun regard extérieur sur la sécurité

Choisir un équipement sûr, simple et durable

Le matériel doit d’abord vous rendre visible et permettre une sortie de l’eau rapide. Une combinaison adaptée à la température, une ceinture de lest à largage rapide et une bouée de signalisation sont prioritaires. N’achetez pas un fusil puissant pour compenser un manque de technique : sur un premier équipement, maniabilité et fiabilité comptent davantage.

La bouée porte un pavillon de plongée ou une signalisation visible et reste reliée au pratiquant par un filin adapté au site. Elle sert aussi à signaler votre présence aux embarcations et peut accueillir l’eau, la réglette, un pavillon et les prises. Ne fixez pas votre prise à votre ceinture : elle doit rester sur la bouée ou dans un contenant adapté.

Budget réaliste pour un équipement personnel de départ
ÉquipementPrix indicatifCritère utile
Masque et tuba40 à 100 €Masque étanche, faible volume
Palmes d’apnée80 à 250 €Confort et voilure adaptée
Combinaison néoprène150 à 350 €Épaisseur selon la saison
Ceinture et lest50 à 120 €Boucle à largage immédiat
Bouée et pavillon40 à 100 €Très visible, solide
Fusil-harpon simple100 à 300 €Portée maîtrisable, entretien facile
Couteau de sécurité20 à 60 €Accessible pour couper un filin

Faites glisser le tableau horizontalement pour tout voir.

Organiser une sortie avec une marge de sécurité

Choisissez une mer calme, une bonne visibilité et un point de sortie évident. Courant, houle croisée, eau trouble, trafic dense ou vent qui force transforment rapidement une sortie facile en situation risquée. Consultez la météo marine, observez le site depuis la côte et fixez une heure de retour avant de vous mettre à l’eau.

Le fusil ne se charge que dans l’eau, loin des autres personnes. Gardez toujours une direction de tir dégagée, n’armez jamais sur la plage ou dans un bateau, et désarmez ou sécurisez l’équipement avant de remonter à bord ou de sortir de l’eau, selon les consignes de son fabricant. Un couteau sert à vous libérer d’un filin, d’une algue ou d’un cordage : il doit rester accessible.

Déroulé d’une sortie responsable

  1. Préparez le site à terre

    Vérifiez météo, courant, horaires, accès, zones interdites et règles des espèces. Prévenez un proche de votre lieu et de votre heure de retour.

  2. Installez la signalisation avant toute descente

    Gonflez la bouée, fixez le pavillon, contrôlez le filin et restez à proximité. Elle doit être visible bien avant qu’un bateau ne vous voie dans l’eau.

  3. Pêchez en binôme, chacun son tour

    Un seul plonge pendant que l’autre surveille depuis la surface. Le surveillant ne cherche ni poisson ni matériel pendant la descente de son partenaire.

  4. Identifiez avant de décider

    Reconnaissez l’espèce, estimez une taille largement supérieure au minimum légal et vérifiez qu’aucune personne ni obstacle ne se trouve dans l’axe. En cas de doute, laissez passer.

  5. Écourtez sans discuter

    Fatigue, froid, visibilité qui baisse, courant qui s’installe ou binôme moins attentif : ce sont des raisons suffisantes pour rentrer. Une bonne sortie se termine avant l’incident.

Prélever moins, mais mieux, pour limiter l’impact

Fixez-vous une limite personnelle plus basse que le plafond réglementaire. Deux poissons adaptés à un repas ont souvent plus de sens qu’un tableau de prises complet. Ne prélevez jamais « pour faire le quota » et ne tirez pas un poisson que vous ne saurez pas cuisiner, transporter au frais ou partager.

Privilégiez les individus isolés, clairement adultes et abondants sur le site. Évitez les regroupements de reproduction, les poissons qui gardent une ponte et les espèces que vous identifiez mal. Même lorsqu’une prise est légalement possible, renoncer à une espèce rare localement ou à un poisson en phase de reproduction est un choix responsable.

Ne retournez pas les pierres pour chercher une proie, ne vous accrochez pas aux gorgones et ne piétinez pas l’herbier de posidonie. Les herbiers, roches colonisées et petits fonds servent de nurseries et d’abris. Une palmage lent, horizontal et sans contact évite de remettre les sédiments en suspension et de casser des organismes fixés.

Pour les espèces soumises au marquage des captures de loisir, réalisez le marquage réglementaire immédiatement, généralement par section de la partie inférieure de la nageoire caudale. La liste concernée et les modalités peuvent évoluer : vérifiez-les avant la sortie. Gardez les prises au frais et consommez-les rapidement.

Sécurité : les règles qui ne se négocient pas

Le binôme n’est pas seulement une présence à proximité. Il doit être assez près pour intervenir, regarder la remontée et attendre que le plongeur ait repris une respiration normale. Évitez les écarts de niveau importants : un pratiquant expérimenté qui explore loin devant n’assure pas réellement un débutant.

Adaptez le lestage pour pouvoir flotter sans effort à la surface, poumons détendus. Un excès de plomb rend les descentes faciles mais augmente le risque si vous manquez d’énergie ou perdez connaissance. Faites contrôler ce réglage par un encadrant, surtout après un changement de combinaison, de poids ou de zone de pratique.

Restez loin des bateaux, ne supposez jamais qu’un pilote vous a vu et gardez la bouée entre vous et le trafic quand c’est possible. Évitez aussi les câbles, lignes de mouillage et casiers. En cas de brouillard, d’orage, de mer agitée ou de visibilité réduite, reportez la sortie.

Une aptitude médicale adaptée à l’apnée mérite d’être discutée avec un professionnel de santé en cas de doute, d’antécédent cardiaque, respiratoire ou ORL, ou après un malaise. Un club ou un médecin connaissant la plongée peut aussi vous orienter sur les précautions utiles à votre situation.

Après la sortie : consommer, entretenir et laisser le site propre

Au retour, notez mentalement les espèces observées, les prises et les conditions. Ce petit bilan évite de répéter une sortie trop ambitieuse et aide à repérer les zones où vous avez vu des juvéniles ou une activité de reproduction. Ne publiez pas systématiquement la localisation précise de secteurs fragiles sur les réseaux sociaux.

Videz et nettoyez le poisson dans un endroit autorisé, jamais sur une cale de mise à l’eau ou dans un port si cela gêne les usagers. Placez les prises dans une glacière avec pains de glace et préparez-les le jour même si possible. Rincez ensuite fusil, bouée, masque et combinaison à l’eau douce : le sel abîme les mécanismes et raccourcit la durée de vie du matériel.

Enfin, remontez vos déchets et ceux que vous pouvez ramasser sans vous exposer. Un morceau de fil de pêche, un emballage ou un plomb trouvé au fond ne doit pas retourner à l’eau. En revanche, ne tentez pas de retirer seul un gros filet ou un engin emmêlé : signalez-le aux autorités compétentes ou à une association locale.

Contrôle express avant de vous mettre à l’eau

  • Assurance responsabilité civile valide et âge minimal respecté
  • Météo marine, marée ou courant, heure de retour et point de sortie vérifiés
  • Tailles, quotas, fermetures et zones locales contrôlés pour le jour même
  • Bouée, pavillon, filin, couteau et ceinture à largage rapide testés
  • Binôme désigné, rôle de surveillance compris et niveau compatible
  • Glacière prête pour les prises que vous comptez réellement consommer

Questions fréquentes

Peut-on pratiquer la pêche sous-marine avec une bouteille en France ?

Non. La pêche sous-marine de loisir se pratique à l’apnée et l’usage d’un appareil respiratoire permettant de respirer sous l’eau est interdit pour cette activité. Une bouteille peut être utilisée pour la plongée, mais pas pour pêcher sous l’eau.

Faut-il un permis pour faire de la chasse sous-marine en mer ?

Il n’existe généralement pas de permis national équivalent à la carte de pêche en eau douce pour la pêche de loisir en mer. En revanche, il faut avoir au moins 16 ans, être assuré en responsabilité civile et respecter les arrêtés nationaux et locaux. Certaines espèces, comme le thon rouge, font l’objet de formalités particulières.

La bouée est-elle obligatoire pour la pêche sous-marine ?

La signalisation du pêcheur sous-marin par une bouée et un pavillon adaptés est une obligation de sécurité essentielle. Elle ne donne pas la priorité sur les bateaux, mais rend votre position repérable. Choisissez un modèle visible et restez suffisamment près de lui.

Comment savoir si un poisson a la taille légale avant de tirer ?

Apprenez les silhouettes et les tailles de référence des espèces locales avec une réglette, des fiches d’identification et un encadrant. Ne tirez que sur un poisson qui paraît nettement au-dessus de la taille minimale. Si vous devez hésiter, il est trop risqué de prélever.

Peut-on vendre les poissons capturés en pêche sous-marine de loisir ?

Non. Les captures issues de la pêche maritime de loisir sont destinées à la consommation personnelle et ne peuvent pas être vendues, échangées contre rémunération ou alimenter un circuit commercial. Certaines espèces doivent en plus être marquées pour éviter leur revente.

Faut-il toujours pêcher en binôme, même à faible profondeur ?

Oui. Une perte de connaissance liée à l’apnée peut survenir près de la surface et sans signe évident pour le plongeur concerné. Le binôme doit surveiller activement la remontée et la récupération, pas seulement rester dans la même crique.

Cet article est publié par La rédaction de Mamabea à titre d’information générale. Il ne remplace ni un diagnostic, ni un devis, ni l’avis d’un professionnel qualifié. Prix, réglementations et disponibilités évoluent : vérifiez-les avant toute décision. Notre charte éditoriale.