Découvrez le pluot, un fruit surprenant issu de la combinaison originale du prunier et de l’abricotier
À mi-chemin entre la prune et l’abricot, le pluot intrigue par sa peau lisse, sa chair très juteuse et son goût sucré. Encore rare sur les étals français, il se choisit mûr, se conserve peu et peut aussi trouver sa place au jardin si la pollinisation est bien préparée.

Le pluot ressemble souvent à une petite prune ronde ou ovale, avec une peau lisse rouge, violette, jaune ou presque noire selon le cultivar. Sous cette apparence se cache un fruit interspécifique issu de croisements entre des pruniers et des abricotiers. Sa chair, jaune à rouge sombre, est dense, fondante et habituellement très sucrée lorsqu’il est cueilli à pleine maturité.
Il ne faut pas le confondre avec un fruit « greffé moitié prune, moitié abricot ». Le greffage sert à multiplier un cultivar et à l’installer sur un porte-greffe ; il ne mélange pas les fruits. Le pluot naît d’un programme de croisements, puis d’une sélection des plants qui donnent les fruits les plus intéressants.
Pluot, plumcot, aprium : ce que ces noms désignent vraiment
Prunier et abricotier appartiennent tous deux au genre Prunus, ce qui rend certains croisements possibles. Le terme « pluot » désigne à l’origine une gamme commerciale américaine de fruits hybrides à dominante prune. Dans l’usage courant, il est parfois employé plus largement pour des hybrides prune-abricot, y compris lorsque leur parenté exacte n’est pas précisée.
La proportion de chaque parent ne se lit ni à la couleur de la peau ni au goût. Elle dépend de générations de croisements et de rétrocroisements. Pour un achat au jardin, le nom du cultivar, sa période de floraison et ses besoins de pollinisation sont donc plus utiles que l’étiquette générale « pluot ».
Les hybrides prune-abricot les plus souvent rencontrés
Pluot
Hybride généralement à dominante prune
- Points forts
- Peau et silhouette souvent proches d’une pruneChair très sucrée et juteuseRécoltes estivales à tardives selon le cultivar
- Limites
- Nom commercial parfois utilisé de façon imprécisePollinisateur souvent nécessaire
Plumcot / aprium
Plumcot plus équilibré, aprium à dominante abricot
- Points forts
- Profils aromatiques très variésCertains cultivars ont un parfum d’abricot marquéPeuvent convenir aux amateurs de fruits originaux
- Limites
- Disponibilité limitée dans les pépinières françaisesCompatibilités de pollinisation à contrôler au cas par cas
Quel goût a le pluot et comment le choisir ?
Un pluot mûr associe souvent l’acidité légère de la prune à des notes de miel, de fruits rouges ou d’abricot. La teneur en sucre peut être élevée, mais le résultat varie beaucoup d’un cultivar à l’autre et, surtout, de la maturité. Un fruit cueilli trop tôt reste ferme, peu parfumé et peut sembler fade, même s’il est très coloré.
Choisissez une peau intacte, sans fente ni zone molle humide. Le fruit doit céder très légèrement sous le doigt près du pédoncule et dégager une odeur fruitée. Une fine pruine blanchâtre sur certaines variétés est naturelle : cette pellicule cireuse protège le fruit et n’indique pas un manque de fraîcheur.
| Situation | Bon repère | À éviter |
|---|---|---|
| Fruit à manger vite | Souple près du pédoncule, parfumé | Peau fendue ou jus qui coule |
| Fruit à faire mûrir | Ferme mais coloré, 1 à 3 jours à l’air libre | Sac plastique fermé à température élevée |
| Réfrigérateur | 4 à 6 jours dans le bac à légumes | Fruit encore dur et sans parfum |
| Congélation | Lavé, séché, dénoyauté, en quartiers | Congeler des fruits très mous |
| Confiture ou tarte | Fruits mûrs, même légèrement marqués | Fruits fermentés ou moisis |
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Peut-on cultiver un pluot dans un jardin français ?
Oui, dans de nombreuses régions, mais ce n’est pas l’arbre fruitier le plus simple à installer. Le principal risque n’est pas tant le froid hivernal que le gel au moment de la floraison. Beaucoup d’hybrides fleurissent assez tôt : une nuit à -1 ou -2 °C peut déjà abîmer une partie des fleurs ouvertes et réduire fortement la future récolte.
Réservez-lui le plein soleil, au moins six heures directes par jour en saison, et un emplacement aéré sans être exposé aux vents froids dominants. Évitez les bas de terrain où l’air froid stagne. Un mur clair orienté sud-est ou sud, sans effet de surchauffe excessive, peut offrir une protection utile dans les zones aux printemps frais.
Le sol doit être profond, drainant et rester frais en été. Une terre limoneuse ou argilo-limoneuse amendée en compost mûr convient bien. En sol très calcaire, lourd et humide l’hiver, le choix du porte-greffe devient déterminant : demandez conseil à une pépinière locale plutôt que de planter un arbre choisi uniquement sur photo.
Les chiffres utiles avant de planter
2 à 4 m
hauteur courante sur porte-greffe peu vigoureux
3 à 4 m
distance prudente entre deux fruitiers
2 à 4 ans
délai habituel avant une première vraie récolte
Juillet à septembre
fenêtre de récolte la plus fréquente en France
Choisir l’arbre, le porte-greffe et le pollinisateur
En pépinière, vous achetez presque toujours un pluot greffé. Le cultivar détermine le fruit, tandis que le porte-greffe influence la vigueur, la taille adulte, l’entrée en production et l’adaptation au sol. Un sujet vigoureux peut dépasser 4 m et demander davantage d’espace ; un porte-greffe moins vigoureux facilite la cueillette, mais réclame souvent un sol plus soigné et un arrosage suivi les premières années.
Ne présumez jamais qu’un prunier ou un abricotier voisin suffira. Certains pluots sont partiellement autofertiles, d’autres exigent le pollen d’un cultivar précis, souvent un prunier japonais dont la floraison coïncide. Un arbre compatible doit être situé idéalement à moins de 20 à 30 m et fleurir en même temps. Les abeilles et autres pollinisateurs assurent ensuite le transport du pollen.
Planter un pluot : les gestes qui font la différence
Plantez de novembre à mars pour un arbre à racines nues, hors période de gel et de sol détrempé. Les arbres en conteneur se plantent aussi à l’automne ou au début du printemps. Évitez une plantation en été : l’arrosage devra être très soutenu, sans garantir une bonne reprise.
Préparez un trou deux fois plus large que la motte, mais pas beaucoup plus profond. Le point de greffe doit rester 10 à 15 cm au-dessus du niveau final du sol. Enterré, il peut émettre ses propres racines, modifier la vigueur de l’arbre et annuler l’intérêt du porte-greffe.
Plantation en six étapes
-
Réhydrater et inspecter
Faites tremper les racines nues une à deux heures. Pour une motte, humidifiez-la avant plantation. Coupez seulement les racines cassées avec un outil propre.
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Ouvrir un trou adapté
Visez environ 60 cm de large pour une jeune motte. Ameublissez le fond sans créer une cuvette compacte qui retiendrait l’eau.
-
Amender avec modération
Mélangez la terre extraite avec du compost bien décomposé, sans déposer de fumier frais au contact des racines. En terre pauvre, un tiers de compost suffit généralement.
-
Positionner le tuteur
Installez un tuteur solide avant l’arbre, du côté des vents dominants. Il évite d’abîmer les racines après coup.
-
Planter et arroser
Rebouchez en tassant doucement, formez une cuvette et apportez 15 à 20 litres d’eau, même si le temps est humide. Attachez le tronc avec un lien souple en huit.
-
Pailler sans toucher l’écorce
Étalez 5 à 8 cm de feuilles mortes, broyat ou paille sur 50 à 80 cm autour du pied. Gardez un cercle libre de 10 cm autour du tronc.
Arrosage, taille et protection sanitaire les premières années
Durant les deux premiers étés, arrosez lentement et abondamment lorsque les 5 premiers centimètres du sol sont secs. À titre de repère, un jeune arbre demande souvent 15 à 25 litres par semaine en période chaude et sèche, en une ou deux fois selon la nature du sol. Un paillage réduit les besoins et limite la concurrence des herbes au pied.
Ne surchargez pas l’arbre d’engrais azoté : il produit alors beaucoup de pousses tendres, plus sensibles aux pucerons et aux maladies. Un apport annuel de compost mûr en surface, au début du printemps, est généralement suffisant dans un sol vivant. N’enfouissez pas profondément la matière organique.
La taille vise à aérer le centre de la ramure et à maintenir des branches solides, pas à raccourcir tout l’arbre chaque année. Intervenez plutôt par temps sec, après récolte ou à la fin de l’été selon le cultivar et la formation choisie. Retirez le bois mort, les rameaux qui se croisent et les fruits momifiés restés sur l’arbre : ils peuvent héberger des champignons comme la moniliose.
Surveillez également pucerons, moniliose, rouille et éventuels symptômes de viroses sur les feuilles ou les fruits. Un arbre certifié, un sol drainé, une taille aérée et le ramassage des fruits abîmés constituent la meilleure base de prévention. En cas de dépérissement marqué ou de symptômes répétés, sollicitez un pépiniériste ou un arboriculteur qualifié.
À vérifier avant l’achat et après la plantation
- Le cultivar est clairement identifié sur l’étiquette et la facture.
- Le vendeur indique les pollinisateurs compatibles et la période de floraison.
- Le porte-greffe convient à votre sol, à l’espace disponible et à votre climat.
- Le point de greffe reste nettement au-dessus du sol après tassement.
- Le tuteur ne frotte pas le tronc et le lien reste souple.
- Le paillage ne touche ni l’écorce ni le point de greffe.
- Les fruits malades, tombés ou momifiés sont retirés régulièrement.
Récolter au bon moment et conserver sans perdre le goût
La couleur n’est pas un indicateur suffisant : certains pluots restent verts ou jaunes sur une partie de leur peau à maturité. Récoltez-les quand ils se détachent avec une légère torsion et qu’ils deviennent un peu souples, sans être mous. Faites deux ou trois passages à quelques jours d’intervalle, car tous les fruits ne mûrissent pas ensemble.
Consommez les fruits très mûrs dans les 24 à 48 heures. Les pluots fermes se gardent habituellement quatre à six jours dans le bac à légumes du réfrigérateur, puis reviennent 20 minutes à température ambiante avant dégustation. Lavez-les juste avant de les manger afin de ne pas fragiliser leur peau pendant le stockage.
Pour les garder plusieurs mois, dénoyautez-les, coupez-les en quartiers et congelez-les d’abord à plat sur une plaque. Transférez-les ensuite dans une boîte ou un sac bien fermé. Ils seront parfaits pour une compote, un coulis ou un crumble, mais leur texture sera plus fondante après décongélation.
Cuisiner le pluot en version sucrée ou salée
Cru, le pluot s’apprécie simplement bien frais, avec un yaourt nature, des amandes grillées ou une salade de fruits. Sa chair tient généralement assez bien à la cuisson courte : comptez 20 à 25 minutes dans un crumble à 180 °C, ou 30 à 35 minutes sur une tarte, selon la taille des quartiers et l’humidité des fruits.
Son sucre naturel permet de réduire légèrement le sucre ajouté dans une compote ou une confiture, sans modifier les règles de conservation de la recette. Pour une tarte moins détrempée, saupoudrez le fond d’une fine couche de poudre d’amande ou de noisette, puis enfournez les quartiers côté peau vers le bas.
Il fonctionne aussi avec le salé : rôtissez des quartiers 10 à 15 minutes avec un filet d’huile, du thym et une pincée de sel, puis servez-les avec du fromage de chèvre, du canard ou une salade de lentilles. Comme les autres fruits à noyau, il apporte surtout de l’eau, des fibres, du potassium et des vitamines en quantité variable ; il complète une alimentation diversifiée sans lui attribuer de propriété particulière.
Où en trouver et quand ce fruit vaut vraiment le détour ?
Le pluot reste moins courant que la prune ou l’abricot en France. Cherchez-le chez les producteurs de fruits d’été, dans certaines épiceries spécialisées, sur les marchés bien approvisionnés ou auprès de pépiniéristes fruitiers. La disponibilité est courte et dépend des récoltes locales : ne vous fiez pas à une saison exacte annoncée sans connaître le cultivar.
À cuisiner, il vaut le détour si vous aimez les prunes très sucrées et les textures juteuses. Au jardin, il est pertinent dans un emplacement ensoleillé, abrité des gelées printanières, avec de la place pour un éventuel pollinisateur. En revanche, pour un petit jardin froid ou humide où vous souhaitez un arbre sans suivi, un prunier local autofertile sera souvent un choix plus fiable et plus facile à trouver.
Questions fréquentes
Le pluot est-il un OGM ?
Non. Le pluot est issu de croisements contrôlés entre espèces compatibles du genre Prunus, suivis de sélections de cultivars. Cette méthode de création variétale ne correspond pas à une modification génétique en laboratoire.
Peut-on planter un seul pluot dans son jardin ?
C’est possible uniquement si le cultivar est annoncé autofertile ou partiellement autofertile. Même dans ce cas, un pollinisateur compatible qui fleurit au même moment améliore souvent la nouaison. Vérifiez cette information avant l’achat, car un simple abricotier voisin n’est pas une garantie.
Combien de temps faut-il pour qu’un pluot donne des fruits ?
Un jeune arbre greffé peut produire quelques fruits après deux à trois ans, puis atteindre une production plus régulière vers quatre ou cinq ans. Le délai dépend du porte-greffe, du climat, de la taille, de la pollinisation et des gels de printemps.
Le pluot se mange-t-il avec la peau ?
Oui, la peau est comestible après un rinçage sous l’eau juste avant dégustation. Elle peut être fine et douce ou légèrement acidulée selon le cultivar. Évitez de peler le fruit, sauf si vous préférez une texture très lisse dans une compote ou un coulis.
Peut-on faire de la confiture avec des pluots ?
Oui, les pluots conviennent très bien à la confiture grâce à leur sucre et leur acidité modérée. Dénoyautez-les, pesez les fruits préparés et suivez une recette testée avec le sucre et le temps de cuisson adaptés. Utilisez des pots propres et respectez les règles habituelles de mise en conserve.
Cet article est publié par La rédaction de Mamabea à titre d’information générale. Il ne remplace ni un diagnostic, ni un devis, ni l’avis d’un professionnel qualifié. Prix, réglementations et disponibilités évoluent : vérifiez-les avant toute décision. Notre charte éditoriale.
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