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Comment faire des économies d’énergie chez soi

Les économies d’énergie les plus rentables ne commencent pas par un nouvel appareil. Réglez le chauffage, traquez les fuites d’air, limitez l’eau chaude et mesurez vos usages : vous baissez la facture sans perdre en confort.

Salon français isolé avec thermostat, radiateur dégagé, rideaux et lumière naturelle
Salon français isolé avec thermostat, radiateur dégagé, rideaux et lumière naturelle

Commencez par repérer ce qui consomme vraiment

Dans un logement chauffé, le chauffage représente généralement le levier principal. Viennent ensuite l’eau chaude sanitaire, puis les appareils électriques et la cuisson. L’ordre change dans un appartement très bien isolé, un logement tout électrique ou une maison équipée d’une piscine : avant d’acheter quoi que ce soit, regardez vos factures sur douze mois.

Notez les kWh, pas seulement les euros : le prix de l’énergie évolue, alors que les kWh révèlent vos usages. Comparez le même mois d’une année sur l’autre en tenant compte de la météo et du nombre d’occupants. Avec un compteur communicant, le suivi journalier ou horaire aide aussi à repérer un talon de consommation nocturne anormal.

Un diagnostic de performance énergétique (DPE) donne une première hiérarchie des faiblesses du logement. Il ne remplace pas une étude de travaux, mais il signale souvent une toiture peu isolée, un chauffage ancien ou des parois froides. Pour une rénovation importante, un accompagnateur ou un artisan qualifié peut chiffrer les scénarios et vérifier leur cohérence.

Quatre repères utiles à la maison

19 °C

température courante des pièces de vie occupées

≈ 7 %

de chauffage en moins par degré abaissé, selon le logement

55 à 60 °C

réglage habituel d’un ballon d’eau chaude à accumulation

30 à 80 €

budget courant pour joints, mousseurs et multiprise coupe-veille

Régler le chauffage sans sacrifier le confort

Réglez à 19 °C les pièces de vie lorsqu’elles sont occupées, autour de 17 °C dans les chambres et baissez la consigne en cas d’absence prolongée. Dans la salle de bains, montez ponctuellement la température avant l’utilisation plutôt que de la maintenir toute la journée. Chaque degré de moins réduit en ordre de grandeur les besoins de chauffage d’environ 7 %, mais le gain dépend de l’isolation et de la météo.

Installez un thermostat programmable si votre système le permet. Il doit piloter une température stable aux heures d’occupation, puis un abaissement raisonnable la nuit et pendant les absences. Évitez les coupures quotidiennes trop longues dans une maison mal isolée : la remise en température peut être lente et inconfortable, sans être toujours économique.

Dégagez les radiateurs : un canapé collé, un cache-radiateur ou de longs rideaux bloquent la diffusion de chaleur. Purgez les radiateurs à eau lorsqu’ils gargouillent ou restent froids en partie haute, puis rétablissez la pression du circuit selon la notice. Faites entretenir chaque année une chaudière par un professionnel, obligation qui concerne notamment les appareils de chauffage concernés entre 4 et 400 kW.

Réglages et petits équipements à prioriser avant des travaux lourds
ActionBudget indicatifEffet recherchéPoint de vigilance
Programmation du chauffage40 à 250 €Éviter de chauffer videCompatible avec l’installation
Joints de menuiseries10 à 40 €Stopper les courants d’airNe pas boucher les entrées d’air
Robinets thermostatiques25 à 80 € par radiateurAjuster pièce par pièceThermostat central nécessaire
Mousseurs et douchette15 à 70 €Réduire eau chaudeChoisir un débit confortable
Multiprise à interrupteur10 à 30 €Couper les veilles cibléesNe pas couper box ou alarme
Rideaux et volets fermés la nuit0 à 150 €Limiter l’effet paroi froideNe remplace pas une isolation

Faites glisser le tableau horizontalement pour tout voir.

Garder la fraîcheur en été avec des gestes passifs

En période chaude, fermez volets, stores extérieurs ou rideaux dès que le soleil frappe les vitrages, surtout à l’est le matin et à l’ouest l’après-midi. Aérez grand tôt le matin et tard le soir quand l’air extérieur est plus frais, puis refermez. Une protection placée à l’extérieur du vitrage est nettement plus efficace qu’un simple rideau intérieur.

Un ventilateur consomme bien moins qu’un climatiseur, mais il rafraîchit la peau, pas la pièce : éteignez-le en quittant la pièce. Si une climatisation est nécessaire, limitez l’écart avec l’extérieur à environ 7 à 8 °C et entretenez les filtres. En copropriété ou sur une façade visible, la pose d’une unité extérieure peut être soumise au règlement de copropriété et à des démarches d’urbanisme.

Réduire la dépense d’eau chaude, souvent sous-estimée

Chauffer l’eau mobilise beaucoup d’énergie, surtout dans les foyers nombreux. Une douche de cinq minutes avec un débit maîtrisé consomme beaucoup moins qu’un bain, qui demande souvent 120 à 150 litres d’eau ou davantage. Le bon réflexe consiste à réduire à la fois la durée et le débit, plutôt qu’à se doucher à l’eau tiède trop longtemps.

Installez un mousseur sur les robinets et, si la pression le permet, une douchette économe. Contrôlez le débit avec un seau gradué : faites couler l’eau pendant dix secondes, multipliez le volume obtenu par six. Une douchette classique peut dépasser 12 litres par minute ; certains modèles économes visent environ 6 à 8 litres par minute tout en gardant un jet acceptable.

Pour un chauffe-eau à accumulation, un réglage entre 55 et 60 °C constitue en général un compromis entre consommation, confort et maîtrise du risque microbiologique. Ne baissez pas arbitrairement cette température sous les recommandations du fabricant ou du professionnel. Isolez les premiers mètres de tuyaux d’eau chaude accessibles dans un local non chauffé avec des manchons adaptés.

Faire baisser l’électricité sans traquer chaque chargeur

Les veilles existent, mais elles ne justifient pas de débrancher compulsivement tout le logement. Ciblez le coin télévision, l’ordinateur fixe, la console, les enceintes et les chargeurs laissés branchés en permanence. Une multiprise à interrupteur simplifie le geste. Gardez toutefois alimentés les équipements qui doivent fonctionner : box selon vos besoins, alarme, réfrigérateur, dispositifs médicaux ou objets connectés utiles.

Remplacez les anciennes ampoules encore en service par des LED, surtout dans les pièces éclairées longtemps. Choisissez les lumens selon le besoin plutôt que la puissance en watts : environ 470 lumens pour un éclairage d’appoint, 800 lumens pour un bon éclairage général. Une teinte autour de 2 700 à 3 000 K convient aux pièces de vie ; une lumière plus neutre peut être pertinente dans un plan de travail.

Ne laissez pas les lumières allumées dans les pièces vides, mais évitez aussi les achats gadgets. Un détecteur de présence est intéressant dans un couloir, un garage ou des toilettes peu fréquentées. Dans un séjour, l’interrupteur reste souvent la solution la moins chère et la plus fiable.

Laver, cuisiner et s’équiper avec méthode

Utilisez le lave-linge et le lave-vaisselle à pleine charge, sans les surcharger, et privilégiez le programme éco. Il est plus long parce qu’il chauffe l’eau plus lentement et moins fort : cette durée supplémentaire est normale et réduit généralement l’énergie par cycle. Pour le linge peu sale, 30 °C suffit souvent ; respectez l’étiquette textile pour le linge nécessitant un lavage plus chaud.

Le sèche-linge est l’un des appareils les plus consommateurs du foyer. Étendez le linge dès que la saison et le logement le permettent. Si vous devez le remplacer, un modèle à pompe à chaleur coûte souvent plus cher à l’achat, mais consomme nettement moins qu’un appareil à condensation classique ; nettoyez le filtre après chaque cycle et entretenez le condenseur selon la notice.

En cuisine, couvrez les casseroles, adaptez le diamètre du récipient à la plaque et chauffez uniquement l’eau nécessaire. La bouilloire est pratique pour de petites quantités d’eau, à condition de ne pas la remplir inutilement. Le micro-ondes est pertinent pour réchauffer de petites portions ; le four devient plus cohérent pour plusieurs plats. N’ouvrez pas sa porte pendant la cuisson et exploitez sa chaleur résiduelle quelques minutes avant la fin.

Depuis 2021, l’étiquette énergie européenne va de A à G pour de nombreux appareils : les anciens « A+++ » ne sont plus comparables directement. Lisez surtout les kWh par cycle ou par 100 cycles, la capacité, le bruit et la consommation d’eau. Remplacez un appareil en panne ou très énergivore, mais jeter un appareil récent encore fonctionnel uniquement pour son étiquette est rarement le meilleur choix économique ou écologique.

Prioriser les travaux : d’abord l’enveloppe, puis le système

Dans une maison mal isolée, commencez par le haut : les combles ou la toiture sont souvent le premier chantier à étudier. Viennent ensuite les murs, les planchers bas et les menuiseries selon leur état. Le remplacement des fenêtres améliore le confort et l’étanchéité, mais il est rarement prioritaire devant des combles non isolés ou une toiture défaillante.

Une isolation ne se résume pas à l’épaisseur posée. Elle doit gérer les ponts thermiques, l’humidité, la ventilation et la continuité de l’isolant. Comptez, à titre très indicatif, de 25 à 70 € par m² pour une isolation de combles perdus soufflée, de 100 à 250 € par m² pour une isolation de murs par l’intérieur, et davantage par l’extérieur. Les prix varient fortement avec l’accès, les finitions et la région.

Une fois les déperditions réduites, dimensionnez ou remplacez le chauffage. Une pompe à chaleur, une chaudière performante ou un poêle mal adapté à une passoire thermique déçoit souvent : il fonctionnera davantage et ne corrigera pas les parois froides. Demandez plusieurs devis détaillant puissance, émetteurs, régulation, entretien, garanties et performances attendues.

Les aides à la rénovation et leurs critères changent régulièrement. Vérifiez les conditions en vigueur avant de signer, notamment les exigences de qualification de l’entreprise, les plafonds de ressources éventuels et l’ordre des démarches. Certains travaux affectant l’aspect extérieur, la structure ou une copropriété nécessitent aussi des autorisations préalables.

Un plan d’action réaliste sur quatre semaines

Avancez du gratuit au durable

  1. Semaine 1 : établir le point de départ

    Relevez les kWh des dernières factures, photographiez les réglages du chauffage et repérez les pièces trop chaudes, trop froides ou humides. Cherchez les courants d’air autour des ouvrants, sans toucher aux grilles de ventilation.

  2. Semaine 2 : corriger les usages

    Programmez les températures, raccourcissez les douches, passez les lavages en mode éco et organisez le séchage à l’air libre. Coupez les veilles du coin multimédia avec une multiprise dédiée.

  3. Semaine 3 : poser les petits équipements

    Ajoutez joints adaptés, mousseurs, douchette à débit réduit et LED dans les zones les plus utilisées. Vérifiez le débit réel de la douche et l’état des joints de porte et fenêtre.

  4. Semaine 4 : décider des travaux

    Si les consommations restent élevées ou si le confort est mauvais, demandez un diagnostic ou des devis comparables. Priorisez isolation, ventilation et régulation avant de choisir un nouveau générateur de chauffage.

À vérifier avant de payer des travaux ou un gros équipement

  • Le devis indique la surface, l’épaisseur, le matériau et la résistance thermique de l’isolant.
  • La solution prévoit une ventilation fonctionnelle et le traitement de l’humidité.
  • La puissance du chauffage est calculée après, ou avec, le projet d’isolation.
  • Le prix inclut pose, finitions, évacuation des déchets, entretien et éventuelles démarches.
  • Les aides éventuelles sont confirmées avant signature et versement d’un acompte.
  • Vous conservez factures, notices, garanties et relevés de consommation après travaux.

Les fausses bonnes idées qui font peu économiser

Chauffer toutes les pièces à la même température est simple, mais coûteux. À l’inverse, fermer totalement et durablement une pièce humide sans chauffage ni aération favorise condensation et moisissures. Maintenez une température minimale adaptée au logement et laissez l’air y circuler.

Poser du film réfléchissant derrière un radiateur ou des rideaux épais peut apporter un léger confort dans certains cas, mais cela ne compense ni une façade froide ni des combles non isolés. De même, les prises coupe-veille ne transformeront pas une facture dominée par le chauffage électrique ou l’eau chaude. Concentrez votre budget et votre temps sur les postes mesurés les plus lourds.

Enfin, ne modifiez pas vous-même un tableau électrique, une chaudière gaz, un conduit de fumée ou le circuit frigorifique d’une pompe à chaleur. Pour ces équipements, la sécurité, les réglages et la conformité exigent l’intervention d’un professionnel compétent.

Questions fréquentes

Peut-on vraiment économiser de l’énergie en baissant le chauffage de 1 °C ?

Oui. En ordre de grandeur, un degré de consigne en moins peut réduire les besoins de chauffage d’environ 7 %, avec un effet variable selon l’isolation, la météo et les habitudes. Passez progressivement de 20 à 19 °C dans les pièces de vie et compensez au besoin par un pull ou un plaid.

Quelle température régler pour un chauffe-eau électrique ?

Pour un ballon d’eau chaude à accumulation, une plage de 55 à 60 °C est couramment retenue. Elle limite la dépense tout en restant compatible avec les précautions sanitaires habituelles. Consultez la notice de l’appareil ou un professionnel avant de modifier un réglage inconnu.

Faut-il débrancher tous les appareils la nuit ?

Non. Ciblez plutôt les ensembles qui cumulent plusieurs veilles, comme la télévision, la console et les enceintes, avec une multiprise à interrupteur. Ne coupez pas un réfrigérateur, une alarme, un équipement médical ou tout appareil devant rester connecté.

Quel travail d’isolation est le plus rentable dans une maison ?

Les combles ou la toiture sont souvent le premier poste à examiner, car l’air chaud monte et une isolation y est fréquemment plus simple à poser que sur les murs. Mais le bon ordre dépend de l’état du bâti, de l’humidité, des murs et du système de ventilation. Un diagnostic permet d’éviter de financer un chantier mal priorisé.

Le programme éco du lave-vaisselle consomme-t-il moins malgré sa durée ?

Oui, dans la plupart des cas. Le programme éco consomme moins d’énergie parce qu’il chauffe l’eau plus lentement et à une température plus basse, même s’il dure davantage. Lancez-le à pleine charge et nettoyez régulièrement les filtres pour conserver de bonnes performances.

Quand faut-il faire appel à un professionnel pour réduire sa facture d’énergie ?

Faites-vous accompagner si vous envisagez une isolation importante, un changement de chauffage, une pompe à chaleur, une ventilation ou des travaux sur le gaz et l’électricité. Un artisan compétent peut contrôler le dimensionnement, la sécurité et les interfaces entre isolation, ventilation et chauffage. Demandez plusieurs devis détaillés avant de vous engager.

Cet article est publié par La rédaction de Mamabea à titre d’information générale. Il ne remplace ni un diagnostic, ni un devis, ni l’avis d’un professionnel qualifié. Prix, réglementations et disponibilités évoluent : vérifiez-les avant toute décision. Notre charte éditoriale.