Ce fichier image peut révolutionner votre usage de la technologie
L’AVIF est un format d’image récent capable de réduire fortement le poids d’une photo tout en préservant les détails, la transparence et parfois le HDR. Très utile sur un site ou pour archiver, il n’est toutefois pas encore le fichier universel à envoyer sans réfléchir.

Le « fichier image » qui mérite aujourd’hui votre attention s’appelle AVIF, pour AV1 Image File Format. Derrière ce nom peu séduisant se cache un format conçu pour stocker des photos, illustrations, images avec transparence, animations et images à grande dynamique (HDR), avec un objectif simple : conserver un bon rendu visuel dans un fichier plus léger.
Il ne va pas changer la façon dont vous prenez des photos demain matin. En revanche, il peut rendre un site plus rapide, réduire un espace de stockage et limiter les données consommées lors de la consultation d’images. Son vrai intérêt se joue donc dans les usages répétés ou les galeries riches, pas pour convertir à la chaîne les quelques photos de vacances conservées dans un dossier personnel.
AVIF : ce que ce format fait réellement, et ce qu’il ne fait pas
AVIF s’appuie sur la technologie de compression vidéo AV1, mais il enregistre une image fixe dans un conteneur image. Comme le JPEG, il peut utiliser une compression avec perte : une partie de l’information est supprimée pour obtenir un fichier plus petit. La différence est qu’à poids équivalent, l’AVIF conserve souvent mieux les textures, les dégradés et les détails fins qu’un JPEG très comprimé.
Il sait aussi enregistrer sans perte, gérer un canal alpha pour les fonds transparents, des couleurs sur 8, 10 ou 12 bits et le HDR. Ces possibilités ne sont pas nécessaires pour chaque image. Une photo de recette affichée en petit sur un écran standard n’a généralement besoin ni de HDR ni de 12 bits : ils peuvent même alourdir inutilement le fichier.
Les repères utiles avant de convertir
30 à 50 %
de poids en moins possible face au JPEG, à rendu voisin
8 bits
le réglage SDR le plus sûr pour les images web courantes
10 bits
utile pour certains dégradés et contenus HDR compatibles
0 €
pour convertir avec de nombreux logiciels gratuits
Pourquoi un fichier plus léger change l’expérience numérique
Le poids d’une image compte à chaque affichage. Sur une page comprenant dix photos de 300 Ko, vous faites télécharger environ 3 Mo avant même les polices, scripts et autres contenus. Si les images sont ramenées à 150 Ko sans dégradation visible, le gain est sensible sur un forfait mobile, une connexion rurale ou un smartphone peu puissant.
Pour un site, cela améliore surtout le temps d’affichage perçu et réduit la bande passante. Pour une boutique, un blog ou un portfolio, c’est aussi une façon pragmatique de garder des visuels nets sans forcer les visiteurs à charger des fichiers de plusieurs mégaoctets. L’économie est moindre si vos photos sont déjà très petites ou si l’image est ensuite recompressée par une plateforme.
AVIF n’est pas une solution de sécurité. Un fichier AVIF peut contenir des métadonnées, comme un JPEG. Il n’intègre pas un chiffrement qui protégerait vos images lors d’un envoi, et une image partagée en ligne peut toujours être copiée ou capturée.
Compatibilité : excellente sur le Web, variable ailleurs
Les versions récentes de Chrome, Edge, Firefox et Safari affichent l’AVIF. C’est la raison principale de son adoption progressive sur les sites. Mais « affichable dans un navigateur » ne veut pas dire « ouvrable partout ». L’aperçu dans l’explorateur de fichiers, le logiciel de retouche, l’application de messagerie, l’imprimante photo ou la télévision connectée peut ne pas le reconnaître.
Sur smartphone, la situation dépend à la fois du système et de l’application. Une messagerie peut refuser le fichier, le convertir automatiquement en JPEG ou en réduire la qualité. Les réseaux sociaux et marketplaces recompressent souvent les images après l’envoi : leur fournir un AVIF n’apporte alors pas toujours de bénéfice.
| Format | Atouts | À privilégier pour | Limite principale |
|---|---|---|---|
| AVIF | Très léger, HDR, alpha | Photos et visuels web | Compatibilité hors Web inégale |
| JPEG | Universel, simple | Partage, impression, e-mail | Pas de transparence, compression visible |
| WebP | Léger, alpha, répandu | Sites avec repli moderne | Moins efficace selon les images |
| PNG | Net, transparent | Captures, schémas, aplats | Poids élevé pour les photos |
| HEIC/HEIF | Efficace sur certains mobiles | Écosystème Apple, stockage perso | Partage Windows/Web irrégulier |
| SVG | Vectoriel, minuscule | Icônes, logos, graphiques | Inadapté aux photos |
Faites glisser le tableau horizontalement pour tout voir.
AVIF ou WebP : faut-il vraiment choisir ?
Deux formats web efficaces, deux rôles proches
AVIF
Pour viser le poids minimal à qualité élevée
- Points forts
- Excellent potentiel sur les photos détailléesGère transparence, animation et HDRTrès bien pris en charge par les navigateurs actuels
- Limites
- Encodage parfois plus lentOutils de bureau encore inégauxPas idéal comme seul fichier à partager
WebP
Pour une compatibilité pratique plus ancienne
- Points forts
- Large prise en charge web et applicativeTransparence et animation disponiblesConversion souvent rapide
- Limites
- Gain parfois inférieur à l’AVIFHDR moins central selon les outilsToujours moins universel que le JPEG
Pour un site récent, vous pouvez produire les deux. Le navigateur recevra AVIF s’il le comprend, puis WebP ou JPEG en solution de repli. Pour un seul fichier destiné à circuler entre plusieurs personnes, le JPEG reste le choix le moins risqué. Pour une archive de travail, gardez aussi l’original : un AVIF compressé avec perte ne remplace pas un fichier source RAW, TIFF ou JPEG haute qualité.
Convertir une image en AVIF sans dégrader son original
La conversion est accessible depuis certains logiciels de retouche, outils d’optimisation d’images et services en ligne. Préférez un logiciel installé pour les photos de famille, documents ou images professionnelles : envoyer un fichier vers un convertisseur en ligne signifie le confier à un service tiers, parfois hors de l’Union européenne.
Travaillez toujours depuis une copie. Un bon nom de fichier aide à éviter les confusions : tarte-pommes-1200.avif indique à la fois le sujet et la largeur visée. Redimensionner avant la conversion apporte souvent un gain bien plus important qu’un réglage de compression agressif.
Méthode simple pour créer un AVIF utilisable
-
Conservez l’original intact
Dupliquez la photo avant toute exportation. Gardez le fichier source dans un dossier d’archives ou un stockage sauvegardé, surtout si vous choisissez une compression avec perte.
-
Adaptez les dimensions à l’écran visé
Pour une image affichée sur 1 200 pixels de large, exportez généralement 1 200 à 2 400 pixels selon la densité d’écran. Une photo de 6 000 pixels est inutile pour une vignette de 400 pixels.
-
Exportez avec un réglage de qualité modéré
Commencez autour de 45 à 65 dans un outil dont l’échelle va de 0 à 100, puis vérifiez les détails. Les échelles varient selon les logiciels : ne comparez pas aveuglément deux valeurs identiques.
-
Contrôlez à taille réelle
Zoomez sur les cheveux, feuillages, textes, ombres et dégradés de ciel. Recherchez les bavures, aplats en bandes et détails qui se transforment en bouillie.
-
Testez le fichier là où il sera lu
Ouvrez-le dans les navigateurs et applications des destinataires. Pour une page Web, prévoyez un repli plutôt que d’espérer que tous les appareils le gèrent.
Publier de l’AVIF sur un site sans exclure des visiteurs
La solution robuste consiste à proposer plusieurs sources dans une balise picture. Le navigateur choisit le premier format qu’il sait décoder, tandis que le JPEG final assure la compatibilité. Vérifiez que votre hébergeur envoie le bon type MIME, image/avif, et que votre système de gestion de contenu ne supprime pas les fichiers ou ne bloque pas ce format à l’import.
Une image n’a pas besoin d’être identique sur tous les écrans. Préparez plusieurs largeurs, par exemple 640, 1 200 et 2 000 pixels, et laissez le navigateur charger la plus adaptée. C’est préférable à un unique AVIF très lourd, même si son taux de compression est bon.
<picture><source srcset="photo.avif" type="image/avif"><source srcset="photo.webp" type="image/webp"><img src="photo.jpg" alt="Description précise de la photo" width="1200" height="800"></picture>
Qualité, HDR et transparence : les réglages qui comptent
Pour une photographie classique destinée au Web, exportez en SDR et vérifiez le profil colorimétrique incorporé si votre logiciel le propose. Sans gestion correcte des couleurs, une photo peut paraître plus terne ou plus saturée sur certains écrans. Un espace sRGB reste le plus prévisible pour un affichage généraliste.
Le HDR est intéressant pour une photo prise dans une scène très contrastée ou un contenu affiché sur des écrans compatibles. Il ne doit pas être utilisé par défaut : sur un appareil SDR, le rendu peut être adapté de façon moins flatteuse, et le fichier sera parfois plus lourd. Testez également la transparence sur fond clair et foncé, notamment pour un détouré de produit.
Évitez plusieurs réexportations successives. Ouvrir un AVIF avec perte, le modifier puis le sauvegarder à nouveau avec perte accentue les défauts. Repartezz de l’original à chaque nouvelle version.
Métadonnées, droits et conservation : les points souvent oubliés
Une image peut embarquer la date, le modèle d’appareil, les réglages et parfois les coordonnées GPS du lieu de prise de vue. Avant de publier la façade de votre maison, le trajet d’un enfant ou une photo privée, utilisez l’option de suppression des métadonnées de votre logiciel. Vérifiez ensuite les propriétés du fichier exporté : certains outils les conservent, d’autres les retirent.
Le format ne change ni les droits sur la photo ni les règles de respect de la vie privée. Avant une diffusion publique, assurez-vous d’avoir le droit d’utiliser l’image et d’exposer les personnes reconnaissables qui y figurent. Pour un usage professionnel, une situation délicate ou une diffusion commerciale, un conseil juridique adapté peut être nécessaire.
Enfin, AVIF est un bon format de diffusion, pas forcément votre seul format d’archivage. Conservez les originaux dans au moins deux emplacements distincts, par exemple un disque local et un stockage distant. Une sauvegarde ne se limite pas à convertir les fichiers dans un format plus compact.
À vérifier avant de mettre une image AVIF en ligne
- L’original est conservé et sauvegardé dans un autre emplacement.
- Les dimensions correspondent à l’affichage réel, avec plusieurs tailles si possible.
- Le rendu a été contrôlé à 100 % sur les zones détaillées et les dégradés.
- Les données GPS et métadonnées inutiles ont été supprimées.
- Un JPEG ou un WebP de repli existe pour les navigateurs et outils non compatibles.
- Le texte alternatif décrit l’information utile de l’image, sans répéter le nom du fichier.
Quand l’AVIF ne vaut pas le coup
Ne convertissez pas rétroactivement toute votre photothèque dans l’espoir de gagner de la place. Vous risquez de créer des doublons, de perdre la simplicité d’accès et de passer des heures pour une économie limitée. Le stockage personnel moderne est souvent plus simple à gérer avec les formats produits par votre téléphone, tant que vous avez une vraie sauvegarde.
Évitez aussi l’AVIF pour une image qui contient surtout du texte très fin si vous n’avez pas vérifié le rendu. Un PNG ou un SVG sera fréquemment plus net et plus facile à modifier. Pour des fichiers destinés à l’impression, suivez en priorité les spécifications de l’imprimeur, qui demandera souvent JPEG, TIFF ou PDF plutôt qu’AVIF.
Considérez l’AVIF comme un outil ciblé : excellent pour alléger les photographies affichées en ligne, mais pas comme un remplacement universel de tous les formats image.
Questions fréquentes
Peut-on ouvrir un fichier AVIF sur un iPhone, un Android ou un PC ?
Les navigateurs récents sur iPhone, Android, Mac et PC affichent généralement les images AVIF. En revanche, l’ouverture depuis l’explorateur de fichiers ou une application de messagerie dépend du système et de l’application installée. Pour un destinataire inconnu, joignez plutôt un JPEG.
Combien de temps faut-il pour convertir des photos en AVIF ?
Une image isolée se convertit habituellement en quelques secondes sur un ordinateur récent. Une grande série de photos haute définition peut demander plusieurs minutes, car l’encodage AVIF est souvent plus exigeant que l’export JPEG. Faites d’abord un essai sur cinq images représentatives.
L’AVIF est-il meilleur que le JPEG ?
Pour l’affichage sur le Web, l’AVIF produit souvent un fichier plus léger à qualité visuelle comparable, surtout sur les photos détaillées. Le JPEG reste toutefois plus universel pour les e-mails, l’impression et le partage entre appareils. Le meilleur format dépend donc de la destination.
Faut-il convertir les photos de son téléphone en AVIF pour gagner de la place ?
Ce n’est généralement pas indispensable. Les téléphones utilisent déjà des formats efficaces et la conversion peut compliquer l’accès aux images sans bénéfice spectaculaire. AVIF est plus intéressant pour préparer des images destinées à un site ou à une galerie en ligne.
Un fichier AVIF protège-t-il mieux mes photos personnelles ?
Non. AVIF est un format de compression et d’affichage, pas un dispositif de chiffrement ou de contrôle d’accès. Avant de partager une image, retirez les métadonnées sensibles et utilisez un service de partage avec les paramètres de confidentialité appropriés.
Peut-on mettre seulement des images AVIF sur son site ?
C’est possible pour un public utilisant des navigateurs à jour, mais cela peut exclure des visiteurs avec des logiciels anciens ou des environnements particuliers. Prévoir une source JPEG ou WebP de repli dans une balise picture reste la solution la plus prudente.
Cet article est publié par La rédaction de Mamabea à titre d’information générale. Il ne remplace ni un diagnostic, ni un devis, ni l’avis d’un professionnel qualifié. Prix, réglementations et disponibilités évoluent : vérifiez-les avant toute décision. Notre charte éditoriale.



