Mailfence : la messagerie sécurisée ultime que personne ne veut que vous découvriez ?
Mailfence réunit e-mail, agenda et stockage sous juridiction belge, avec OpenPGP intégré. C’est une option sérieuse pour réduire le pistage, à condition de comprendre ce que le chiffrement protège — et ce qu’il ne protège pas. Réglages, coûts et limites utiles.

Le verdict : une alternative sérieuse, pas une messagerie magique
Le slogan d’une messagerie « ultime » mérite d’être nuancé. Rien ne prouve qu’un service chercherait à empêcher le public de connaître Mailfence. En revanche, cette messagerie belge constitue une alternative crédible aux boîtes gratuites financées par la publicité, pour les personnes qui veulent mieux maîtriser leurs données et leurs échanges.
Mailfence rassemble une boîte e-mail, des contacts, un calendrier, des documents et des groupes. Son intérêt technique principal est l’intégration d’OpenPGP : vous pouvez créer, importer, publier et utiliser des clés de chiffrement depuis le webmail. C’est pratique pour débuter sans installer d’extension de navigateur.
Mais le mot important est « peuvez ». Un e-mail ordinaire envoyé depuis Mailfence n’est pas, par défaut, chiffré de bout en bout. Il bénéficie généralement du chiffrement TLS pendant le transport lorsque les serveurs l’acceptent, ce qui est utile, mais différent d’un message que seuls l’expéditeur et le destinataire peuvent lire.
Quatre repères simples pour sécuriser un compte
16+ caractères
pour un mot de passe unique créé par un gestionnaire
2 facteurs
mot de passe plus code temporaire TOTP
1 empreinte
à comparer avant de faire confiance à une clé OpenPGP
0 mot de passe
à transmettre par e-mail, même à un proche
Ce que Mailfence protège réellement
Mailfence indique héberger son infrastructure en Belgique. Le service relève donc du cadre européen de protection des données, notamment du RGPD. C’est un point de cohérence pour un utilisateur français ou européen, mais ce n’est pas une promesse d’impunité juridique : une demande légale valable peut toujours exister selon les procédures applicables.
Le service ne repose pas sur un modèle de publicité ciblée dans la boîte e-mail. Vous évitez ainsi le principe d’une messagerie gratuite dont la rentabilité dépend de l’exploitation publicitaire de l’attention. Cela ne dispense pas de lire les conditions de confidentialité si vous avez un usage professionnel, associatif ou familial sensible.
La protection la plus forte intervient avec OpenPGP. Le contenu du message et les pièces jointes sont alors chiffrés pour le détenteur de la clé privée correspondante. Une signature numérique peut aussi démontrer que le message a été signé par la clé annoncée et qu’il n’a pas été modifié après signature.
En revanche, le chiffrement ne protège ni un ordinateur infecté, ni une session laissée ouverte, ni un destinataire qui transfère le message. Il ne masque pas non plus tous les éléments techniques nécessaires à l’acheminement. L’adresse du destinataire, la date et l’objet restent souvent visibles pour les systèmes de messagerie : ne placez jamais une information confidentielle dans l’objet.
Avant d’envoyer une information sensible
- Vérifier que le cadenas ou l’option OpenPGP est bien activé pour ce message.
- Contrôler l’adresse complète du destinataire, pas seulement son nom affiché.
- Mettre un objet neutre, sans numéro de dossier, code ou donnée personnelle.
- Vérifier l’empreinte de la clé par téléphone ou lors d’un échange direct.
- Retirer les pièces jointes inutiles et les métadonnées sensibles si nécessaire.
E-mail classique ou message OpenPGP : la différence décisive
Le chiffrement TLS est devenu courant entre serveurs de messagerie. Il évite surtout qu’un tiers intercepte facilement le message pendant une portion du trajet. Il ne signifie pas que le fournisseur de l’expéditeur ou celui du destinataire ne peut jamais accéder au contenu stocké dans une boîte standard.
OpenPGP ajoute une couche différente : vous chiffrez avec la clé publique du destinataire, qui doit détenir la clé privée associée pour lire le message. Cette méthode est interopérable avec d’autres outils compatibles OpenPGP. Elle demande néanmoins une vraie discipline de gestion des clés et une vérification de leur identité.
Les deux modes d’envoi dans Mailfence
E-mail standard avec TLS
Le choix adapté aux échanges ordinaires
- Points forts
- Simple pour tous les correspondantsCompatible avec toute adresse e-mailProtection pendant le transit quand TLS est disponible
- Limites
- Pas de chiffrement de bout en boutContenu stocké comme un e-mail ordinaireObjet et métadonnées restent exposés
E-mail chiffré avec OpenPGP
Le choix pour un échange réellement sensible
- Points forts
- Contenu et pièces jointes chiffrésFonctionne avec des contacts compatibles PGPSignature numérique possible
- Limites
- Clé publique du destinataire indispensableVérification d’empreinte nécessaireL’objet ne doit pas contenir de secret
Fonctions incluses et prix : ce que vous payez vraiment
Mailfence ne se limite pas au courrier. L’interface web intègre un agenda, un carnet d’adresses, un espace Documents et des fonctions de groupe. Les calendriers et contacts peuvent être utiles à un foyer, une petite association ou un indépendant qui préfère limiter le nombre de prestataires.
Les formules payantes apportent surtout davantage de capacité et de confort d’usage. Elles peuvent aussi être pertinentes si vous utilisez un logiciel de messagerie sur ordinateur via les protocoles habituels. Attention : un client IMAP ou SMTP externe n’applique pas automatiquement le chiffrement OpenPGP de Mailfence. Il faut alors gérer le chiffrement dans le logiciel concerné.
Les montants ci-dessous sont des ordres de grandeur habituellement affichés avec une facturation annuelle. Les capacités, la TVA applicable, les promotions et les fonctions associées peuvent évoluer : vérifiez toujours le récapitulatif de commande avant de vous engager.
| Formule | Prix mensuel indicatif | Pour quel usage | Point d’attention |
|---|---|---|---|
| Gratuite | 0 € | Test et usage très léger | Capacité limitée |
| Entry | env. 2,50 € | Boîte personnelle active | Souvent facturée à l’année |
| Pro | env. 7,50 € | E-mails, documents et usage régulier | À comparer selon le stockage |
| Ultra | env. 25 € | Gros volume de stockage | Surdimensionnée pour beaucoup de foyers |
Faites glisser le tableau horizontalement pour tout voir.
Configurer Mailfence sans créer de faux sentiment de sécurité
Ne transférez pas immédiatement toute votre vie numérique vers une nouvelle boîte. Commencez par les échanges non critiques, puis testez la réception, l’envoi et le chiffrement avec un proche. Gardez votre ancienne adresse active pendant plusieurs mois pour éviter les pertes de messages de connexion, de facture ou de récupération de compte.
La première barrière reste votre compte lui-même. Un mot de passe long, unique et enregistré dans un gestionnaire fiable vaut mieux qu’une formule mémorisable et réutilisée. Activez ensuite l’authentification à deux facteurs avec une application générant des codes temporaires, puis conservez les codes de secours hors de votre boîte e-mail.
Mise en route en six étapes
-
Créer un mot de passe dédié
Générez un mot de passe d’au moins 16 caractères dans un gestionnaire. N’utilisez ni une ancienne adresse e-mail, ni une date, ni le nom d’un proche comme indice de récupération.
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Activer la double authentification
Associez une application TOTP à votre compte et notez les codes de secours sur papier ou dans un coffre numérique distinct. Testez un code avant de vous déconnecter.
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Contrôler les coordonnées du compte
Vérifiez l’adresse de récupération, les appareils connectés et les éventuelles sessions ouvertes. Retirez toute session ou application que vous ne reconnaissez pas.
-
Créer ou importer une clé OpenPGP
Utilisez l’outil de gestion des clés de Mailfence pour générer une paire de clés ou importer votre clé existante. Exportez une sauvegarde chiffrée de votre clé privée et protégez-la soigneusement.
-
Échanger et vérifier les clés
Demandez la clé publique de votre correspondant, puis comparez l’empreinte par téléphone, visioconférence ou en face à face. Marquez la clé comme vérifiée seulement après ce contrôle.
-
Faire un essai chiffré
Envoyez un message test sans donnée sensible, avec une pièce jointe anodine. Vérifiez que le destinataire peut l’ouvrir et que la signature affichée correspond bien à la clé attendue.
Les habitudes qui comptent plus que le nom de la messagerie
Une messagerie respectueuse de la vie privée ne bloque pas les tentatives d’hameçonnage. Méfiez-vous d’un lien qui demande de vous reconnecter, d’un document inattendu ou d’une alerte urgente. Accédez à Mailfence depuis votre favori ou en saisissant l’adresse du service, jamais depuis le lien d’un e-mail alarmiste.
Ne confondez pas signature numérique et validation administrative. Une signature OpenPGP confirme le contrôle d’une clé, pas l’identité civile, la fonction professionnelle ou l’autorité légale de son détenteur. Pour une transaction importante, vérifiez aussi l’identité par un canal indépendant.
Sur un ordinateur partagé, utilisez une session séparée et déconnectez-vous après usage. Maintenez navigateur, système et antivirus à jour. Un logiciel malveillant capable de lire ce qui s’affiche à l’écran peut contourner la protection apportée par le chiffrement du transport.
Les limites de Mailfence et les cas où choisir autre chose
Mailfence est pertinent si vous recherchez un service européen, des outils groupés et la compatibilité OpenPGP. Il sera moins confortable si tous vos contacts attendent une messagerie mobile très intégrée ou s’ils ne souhaitent pas gérer de clés. Le chiffrement entre deux personnes ne devient fluide qu’une fois la configuration comprise des deux côtés.
Si vos correspondants utilisent déjà un même service de messagerie conçu autour du chiffrement entre comptes internes, les échanges peuvent être plus simples dans cet écosystème. À l’inverse, OpenPGP reste un choix intéressant lorsque vous devez communiquer avec des interlocuteurs utilisant des outils différents, à condition qu’ils soient compatibles.
Pour une entreprise, un cabinet ou une association qui manipule des données de santé, des dossiers sociaux, des informations juridiques ou des données clients à grande échelle, une boîte sécurisée ne règle pas tout. Il faut aussi étudier l’hébergement, les sauvegardes, les habilitations, l’archivage, les obligations contractuelles et la conformité interne. Un prestataire informatique ou un délégué à la protection des données peut aider à cadrer ce choix.
Enfin, le chiffrement d’un e-mail n’est pas un outil d’archivage légal ni une sauvegarde. Conservez vos documents importants dans un emplacement prévu pour cela, avec des copies testées. Perdre une clé privée sans sauvegarde peut rendre définitivement illisibles les messages qui lui étaient destinés.
Faut-il quitter sa boîte actuelle ?
Pas forcément. Vous pouvez ouvrir Mailfence pour vos échanges personnels importants, vos démarches moins exposées au marketing ou les contacts prêts à utiliser OpenPGP, tout en gardant votre adresse historique pour les newsletters et les services qui ne justifient pas une migration.
Si vous décidez de changer d’adresse principale, exportez d’abord vos contacts et calendriers dans des formats standard, puis importez-les après un essai. Prévenez vos contacts essentiels un par un, mettez à jour les adresses de récupération de vos comptes et surveillez les deux boîtes pendant une période de transition. Ne supprimez l’ancienne boîte qu’après avoir vérifié vos factures, administrations, banques et abonnements.
Mailfence n’est donc ni caché, ni infaillible. C’est un outil cohérent pour reprendre une part de contrôle sur sa messagerie, à condition d’accepter sa règle fondamentale : la confidentialité résulte autant de vos réglages et de ceux de vos correspondants que du fournisseur choisi.
Questions fréquentes
Mailfence chiffre-t-il automatiquement tous les e-mails de bout en bout ?
Non. Un e-mail envoyé normalement peut être protégé par TLS pendant son acheminement, mais il n’est pas automatiquement chiffré de bout en bout. Pour cela, vous devez utiliser OpenPGP avec la clé publique vérifiée du destinataire.
Peut-on envoyer un e-mail chiffré depuis Mailfence à une adresse Gmail ou Outlook ?
Oui, si le destinataire utilise un outil compatible OpenPGP et vous fournit sa clé publique. L’adresse du fournisseur importe moins que la disponibilité de la clé et de l’outil pour déchiffrer. Sans clé publique du destinataire, le message sera un e-mail ordinaire.
La formule gratuite Mailfence est-elle suffisante ?
Elle convient pour tester l’interface, la gestion des clés OpenPGP et une boîte personnelle peu chargée. Sa capacité est limitée, ce qui devient vite gênant avec des pièces jointes ou un historique important. Une formule payante se justifie surtout pour le stockage et l’usage quotidien.
Faut-il activer la double authentification sur Mailfence ?
Oui, c’est fortement recommandé. La double authentification ajoute un code temporaire à votre mot de passe et réduit le risque d’accès en cas de fuite ou de réutilisation du mot de passe. Gardez les codes de secours en dehors de votre boîte e-mail.
Mailfence peut-il protéger l’objet et les métadonnées d’un message ?
OpenPGP protège surtout le contenu et les pièces jointes du message. L’objet, les adresses, la date et d’autres informations nécessaires au transport peuvent rester visibles selon le mode d’envoi. Utilisez donc un objet neutre et évitez d’y inscrire une donnée confidentielle.
Combien de temps faut-il pour passer à Mailfence ?
Créer et sécuriser un compte prend généralement moins de 30 minutes. Une migration complète demande davantage de temps, car il faut mettre à jour les comptes importants et surveiller l’ancienne adresse pendant plusieurs mois. Pour OpenPGP, prévoyez aussi un test avec chaque correspondant sensible.
Cet article est publié par La rédaction de Mamabea à titre d’information générale. Il ne remplace ni un diagnostic, ni un devis, ni l’avis d’un professionnel qualifié. Prix, réglementations et disponibilités évoluent : vérifiez-les avant toute décision. Notre charte éditoriale.
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