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Comment devenir astronaute en 5 étapes simples et faciles ?

Le parcours vers l’espace se résume bien en cinq étapes, mais il n’a rien d’un raccourci. Depuis la France, il faut viser les sélections de l’ESA, réunir un profil scientifique ou médical solide et accepter un processus rare, long et très compétitif.

Ingénieur devant un simulateur spatial dans un centre d’entraînement européen
Ingénieur devant un simulateur spatial dans un centre d’entraînement européen

Le vrai métier d’astronaute, et la voie française

Un astronaute n’est pas recruté parce qu’il « aime l’espace ». C’est un professionnel chargé d’expériences scientifiques, de maintenance, de procédures de sécurité et de travail en équipe dans un environnement où chaque erreur compte. Les missions habitées exigent donc des compétences déjà éprouvées en ingénierie, médecine, recherche, opérations ou pilotage.

Pour une personne de nationalité française, la porte d’entrée principale est l’Agence spatiale européenne (ESA). Le CNES participe aux programmes spatiaux, soutient les projets français et accompagne les astronautes, mais il ne lance pas à lui seul un recrutement national d’astronautes. Les appels de l’ESA sont espacés de plusieurs années : il faut construire une carrière solide avant même qu’une campagne s’ouvre.

Les repères à garder en tête

Bac +5

niveau généralement attendu lors des appels ESA récents

3 ans

expérience professionnelle minimale après le diplôme, selon les appels précédents

≈ 1 an

formation de base d’un astronaute sélectionné par l’ESA

≈ 6 mois

durée fréquente d’un séjour long à bord de l’ISS

Vérifier son éligibilité avant de choisir une formation

L’ESA définit ses conditions à chaque ouverture de recrutement. Les appels précédents demandaient notamment la nationalité d’un État membre ou associé de l’ESA, un diplôme de niveau master ou équivalent dans une discipline admissible, une expérience professionnelle et une aptitude médicale compatible avec le vol spatial. La nationalité compte : résider en France sans avoir la nationalité d’un pays éligible ne suffit pas forcément.

Les disciplines acceptées ont traditionnellement inclus les sciences naturelles, l’ingénierie, la médecine, les mathématiques et l’informatique. Les modalités exactes, y compris les règles médicales, linguistiques ou administratives, peuvent évoluer. Ne vous éliminez donc pas sur un critère lu dans un ancien article : seul le règlement de l’appel en cours fait foi.

Choisir des études qui ouvrent plusieurs portes

Visez un cursus exigeant dans lequel vous pourrez devenir très compétent, plutôt qu’un intitulé qui sonne spatial. L’astronautique est utile, mais un ingénieur en systèmes embarqués, une biologiste, un médecin urgentiste ou un spécialiste des matériaux peut aussi répondre à un besoin de mission. L’ESA recherche des professionnels capables de résoudre des problèmes concrets, pas des profils théoriques identiques.

Après le bac, les spécialités mathématiques et physique-chimie constituent une base fréquente pour les études d’ingénieur et de sciences. SVT est cohérente pour les parcours de biologie, médecine ou géosciences. Une licence puis un master, une école d’ingénieurs habilitée ou des études de médecine sont des chemins possibles. Un doctorat peut renforcer un projet de recherche, mais il n’est pas automatiquement plus utile qu’une expérience opérationnelle de qualité.

Parcours pertinents pour une candidature d’astronaute
ParcoursExemples de compétencesPoint de vigilance
École d’ingénieursSystèmes, robotique, énergieChoisir une spécialité maîtrisée
Master de physiqueInstrumentation, matériauxAjouter des projets appliqués
InformatiqueLogiciels critiques, IA, donnéesPrivilégier la fiabilité logicielle
MédecinePhysiologie, urgences, rechercheParcours long et sélectif
Biologie ou géosciencesExpériences, prélèvementsViser un niveau master minimum
Pilotage d’essaiVol, procédures, décisionCoûteux et non obligatoire

Faites glisser le tableau horizontalement pour tout voir.

L’anglais est indispensable au travail international. Un anglais technique oral et écrit, capable de servir en réunion, en simulation et en situation imprévue, vaut plus qu’un score appris par cœur. Le russe reste utile dans certaines coopérations spatiales, mais ce n’est pas un prérequis universel et ce n’est jamais un substitut à l’expertise métier.

Acquérir une expérience professionnelle qui compte vraiment

Le diplôme ouvre la porte du dossier ; l’expérience montre que vous pouvez tenir votre rôle. Les précédents critères de l’ESA exigeaient au moins trois années d’activité professionnelle après l’obtention du diplôme qualifiant. Dans les faits, de nombreux profils retenus disposent d’une expérience plus longue, avec des responsabilités techniques, cliniques, scientifiques ou opérationnelles bien documentées.

Vous n’avez pas besoin de travailler dans le spatial dès votre premier emploi. Un poste en aéronautique, en énergie, dans un hôpital, un laboratoire, une entreprise de robotique, une salle de contrôle ou un centre de recherche peut être très formateur. Cherchez les environnements où les procédures sont strictes, où la sécurité compte et où l’on doit décider avec des informations incomplètes.

Dans votre CV, conservez des preuves concrètes : projet mené jusqu’à sa livraison, logiciel ou protocole validé, publication, intervention d’urgence, mission internationale, encadrement d’équipe, formation à la sécurité. Une ligne vague comme « passionné d’espace » pèse peu face à des résultats vérifiables et compréhensibles.

Préparer son aptitude physique, médicale et collective

Les astronautes doivent supporter les accélérations au lancement, l’isolement, des horaires décalés, les gestes précis et une vie collective confinée. L’évaluation médicale est toutefois individualisée et dépend des standards appliqués lors de l’appel. Elle ne se prépare pas avec une « détox » ou quelques semaines de sport intensif.

Adoptez plutôt une hygiène de vie durable : activité d’endurance et de renforcement régulière, sommeil stable, prévention des blessures, suivi visuel et dentaire habituel, absence de pratiques à risque. Une bonne capacité à nager est utile pour de nombreux entraînements, notamment les exercices en piscine. Mais réussir un marathon ne compense pas un problème médical incompatible avec le vol.

Le facteur humain est tout aussi important. En mission, il faut expliquer clairement une difficulté, demander de l’aide au bon moment, suivre une procédure sans rigidité et vivre des mois avec les mêmes personnes. Les expériences de terrain, de garde, de navigation, de sport collectif ou de travail international peuvent aider, à condition qu’elles vous apprennent vraiment à coopérer.

Comment devenir astronaute en 5 étapes simples et faciles ?

La feuille de route réaliste, du lycée à la candidature

  1. 1. Construire un diplôme admissible

    Choisissez un parcours scientifique, technique ou médical qui mène au minimum à un master ou à un titre équivalent. Travaillez les fondamentaux : mathématiques, méthode scientifique, informatique, anglais et communication. Ne sacrifiez pas votre orientation à une spécialité spatiale trop étroite dès le départ.

  2. 2. Devenir excellent dans un métier concret

    Après vos études, exercez au moins trois ans dans un poste qualifié, comme l’exigeaient les précédentes campagnes ESA. Recherchez des missions où vous manipulez des systèmes complexes, produisez des résultats fiables et assumez une responsabilité réelle. Le spatial est un plus, pas une obligation.

  3. 3. Entretenir votre santé et vos compétences humaines

    Maintenez une forme physique régulière, sans chercher à vous autoévaluer médicalement. Développez l’anglais professionnel, la capacité à travailler sous procédure et la coopération interculturelle. Les activités les plus utiles sont celles qui vous confrontent à une équipe, à un imprévu et à un objectif commun.

  4. 4. Suivre les appels officiels et monter un dossier précis

    Consultez les campagnes de recrutement des agences éligibles à votre nationalité, en priorité l’ESA pour un Français. Lisez chaque condition, préparez diplômes, attestations d’emploi, références et preuves linguistiques dans les formats demandés. Postulez uniquement par le portail officiel et dans les délais.

  5. 5. Réussir la sélection puis accepter une longue formation

    Après les évaluations de dossier, médicales, cognitives et collectives, les candidats retenus suivent une formation de base au Centre européen des astronautes, à Cologne. Cette formation ne signifie pas un départ immédiat en mission : les affectations dépendent ensuite des programmes, des équipages et des besoins opérationnels.

Ce qui se passe après l’envoi de la candidature

Un recrutement d’astronautes se déroule sur de nombreux mois. Les agences réduisent progressivement le nombre de candidats afin d’évaluer les compétences scientifiques, la compréhension technique, la mémoire de travail, la prise de décision, l’anglais, le comportement collectif et l’aptitude médicale. Les modalités exactes restent confidentielles en partie, car elles évoluent avec les missions.

Les grandes familles d’évaluations
  • Dossier académique et professionnel : cohérence du parcours et niveau réel d’expertise.
  • Tests cognitifs et techniques : attention, raisonnement, gestion de plusieurs informations.
  • Entretiens : motivation, décisions passées, communication et capacité d’apprentissage.
  • Exercices de groupe : coopération, écoute, résolution de problème sous contrainte.
  • Examens médicaux : compatibilité avec les contraintes du vol spatial et de l’entraînement.

Astronaute de carrière ou astronaute de réserve à l’ESA

Astronaute de carrière

Emploi à temps plein au sein de l’ESA

Points forts
Formation et préparation intégrées à l’agenceDisponibilité totale pour les missionsParticipation continue aux opérations
Limites
Sélection extrêmement rareDéménagement possible à CologneAucun vol immédiat garanti

Astronaute de réserve

Profession principale conservée hors missions ESA

Points forts
Expertise civile maintenueFormations ciblées avec l’ESAPossibilité d’être appelé selon les besoins
Limites
Disponibilité à organiser avec son employeurFormation moins continueVol spatial non garanti

Temps, budget et solutions si l’objectif reste l’espace

Sur le papier, un parcours minimal représente cinq années d’études après le bac, puis trois ans d’expérience professionnelle : comptez donc au moins huit ans avant d’atteindre les critères habituels. Dans la réalité, une candidature très compétitive se construit souvent sur dix ans ou plus. Il faut aussi attendre l’ouverture d’un appel, ce qui échappe entièrement au candidat.

Le budget dépend surtout du cursus choisi. À l’université publique, les droits d’inscription représentent généralement quelques centaines d’euros par an, hors vie étudiante. Une école d’ingénieurs privée ou un parcours de pilotage peuvent coûter beaucoup plus cher ; le pilotage d’essai peut demander plusieurs dizaines de milliers d’euros de formation, sans créer un avantage automatique. Ne vous endettez pas pour un brevet de pilote dans le seul but de devenir astronaute.

Si vous souhaitez participer à l’aventure spatiale sans viser le corps des astronautes, les possibilités sont nombreuses : ingénieur satellite, opérateur en centre de contrôle, chercheur, médecin spatial, technicien d’intégration, développeur de logiciels embarqués, spécialiste des données ou médiateur scientifique. Ces métiers sont plus accessibles et contribuent directement aux missions.

Avant de viser le prochain appel ESA

  • J’ai une nationalité éligible ou j’ai vérifié les règles de l’appel concerné.
  • Mon diplôme de niveau master entre dans une discipline acceptée.
  • Je peux justifier mon expérience après le diplôme avec des dates et des missions précises.
  • Mon anglais me permet de travailler, rédiger et échanger en contexte technique.
  • Je dispose de copies fiables de mes diplômes, attestations et références.
  • Je consulte uniquement les informations et le portail de candidature officiels.

Questions fréquentes

Peut-on devenir astronaute sans être pilote ?

Oui. Les agences recrutent aussi des ingénieurs, scientifiques, médecins et spécialistes des opérations. Une expérience de pilote peut être pertinente, surtout pour certaines missions, mais elle n’est pas une condition générale de candidature à l’ESA. Un très bon parcours technique ou médical est souvent plus réaliste et tout aussi valable.

Quel bac faut-il choisir pour devenir astronaute ?

Il n’existe pas de bac obligatoire. En France, les spécialités mathématiques et physique-chimie sont une base adaptée aux études scientifiques et d’ingénieur. Pour la médecine, la biologie ou les géosciences, la SVT peut aussi être cohérente. Le choix doit surtout vous permettre de réussir durablement dans la filière universitaire ou l’école visée.

Combien de temps faut-il pour devenir astronaute après le bac ?

Il faut compter au minimum cinq ans d’études jusqu’à un niveau master, puis au moins trois ans d’expérience professionnelle selon les critères ESA appliqués lors des précédents appels. Cela fait huit ans dans le meilleur des cas. En pratique, beaucoup de candidats développent leur expertise pendant dix ans ou davantage avant de postuler.

Faut-il être en parfaite santé pour devenir astronaute ?

Il faut satisfaire à des critères médicaux stricts adaptés au vol spatial, mais seul l’examen réalisé dans le cadre de la sélection permet de statuer. Une bonne hygiène de vie et une condition physique régulière sont utiles, sans garantir l’aptitude. En cas de question personnelle sur votre santé, demandez conseil à votre médecin plutôt que de vous fier à des listes en ligne.

À qui postuler pour devenir astronaute quand on est français ?

Un candidat français suit principalement les appels de recrutement de l’Agence spatiale européenne, dont la France est un État membre. Le CNES est un acteur central du spatial français, mais ne constitue pas une voie de candidature indépendante pour intégrer un corps national d’astronautes. Les conditions et le calendrier doivent être vérifiés directement à l’ouverture d’un appel ESA.

Est-il possible de travailler dans le spatial sans devenir astronaute ?

Oui, et c’est la voie la plus concrète pour participer aux missions spatiales. Les agences, laboratoires et entreprises recrutent des ingénieurs, techniciens, chercheurs, médecins, informaticiens, opérateurs et spécialistes des données. Ces métiers demandent des compétences proches de celles recherchées chez les astronautes, avec des débouchés bien plus nombreux.

Cet article est publié par La rédaction de Mamabea à titre d’information générale. Il ne remplace ni un diagnostic, ni un devis, ni l’avis d’un professionnel qualifié. Prix, réglementations et disponibilités évoluent : vérifiez-les avant toute décision. Notre charte éditoriale.