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Créer des serious games gratuitement avec GDevelop

Un jeu éducatif ne devient pas efficace parce qu’il affiche des points et des badges. Avec GDevelop, vous pouvez construire gratuitement une activité interactive courte, tester sa compréhension et la publier sur le Web, sans écrire de code. À condition de partir d’un objectif précis.

Ordinateur portable affichant une scène de jeu éducatif colorée en cours de création
Ordinateur portable affichant une scène de jeu éducatif colorée en cours de création

Un serious game n’est pas un simple quiz décoré

Un serious game utilise les mécanismes du jeu pour faire acquérir, entraîner ou vérifier une compétence. Son but premier n’est donc pas le divertissement. Il peut servir à apprendre les consignes de tri, à s’entraîner à un entretien d’embauche, à réviser des gestes de sécurité ou à comprendre un budget familial.

La différence se joue dans la boucle d’apprentissage : le joueur agit, observe une conséquence, reçoit un retour compréhensible, puis essaie autrement. Ajouter un chronomètre, des vies et un classement à un questionnaire ne suffit pas. Chaque interaction doit aider à comprendre une règle, à exercer un choix ou à mémoriser une procédure.

Pour un premier projet, visez une compétence observable. Par exemple : « placer correctement 8 déchets dans leur filière » est plus exploitable que « sensibiliser au recyclage ». Vous pourrez mesurer la réussite avec un score, le nombre d’erreurs ou le temps nécessaire.

Les repères qui évitent un projet trop lourd

1

compétence mesurable par mini-jeu

5 à 10 min

durée efficace pour une première activité

3 à 5

testeurs avant la première diffusion

2

cycles de correction au minimum

Pourquoi GDevelop convient aux débutants

GDevelop est un logiciel de création de jeux 2D open source, distribué sous licence MIT. Il fonctionne avec un éditeur visuel : vous assemblez des scènes, des objets et des événements plutôt que d’écrire systématiquement du code. Il est particulièrement adapté aux enseignants, formateurs, associations et petites équipes qui veulent produire un prototype ou un module autonome.

Un objet peut être une carte, un bouton, un personnage, une zone de réponse ou une image. Une scène correspond à un écran du jeu. Les événements relient une condition à une action : si le joueur dépose une carte dans la bonne zone, alors le score augmente, un message apparaît et la carte suivante arrive.

L’outil permet d’importer vos images, sons et polices, d’animer des éléments, de créer des variables, de gérer un minuteur et de prévisualiser le résultat rapidement. Les modèles de projet peuvent accélérer la prise en main, mais un projet vierge reste souvent plus lisible pour un jeu pédagogique court.

Les fonctions de GDevelop utiles à un serious game simple
FonctionUsage pédagogiquePoint de vigilance
ScènesSéparer accueil, activité et bilanLimiter les écrans au départ
ÉvénementsDéfinir choix, erreurs et récompensesNommer clairement les règles
VariablesCompter score, essais et tempsDistinguer variables de scène et globales
Objets cliquablesCréer cartes, boutons et zonesPrévoir clavier et tactile
PrévisualisationTester une règle en quelques secondesTester aussi hors de l’éditeur
Export WebDiffuser dans un navigateurVérifier l’hébergement et les données

Faites glisser le tableau horizontalement pour tout voir.

Ce qui est réellement gratuit, et ce qui peut ne pas l’être

L’éditeur GDevelop est gratuit à télécharger et à utiliser. Vous pouvez créer votre projet, le prévisualiser et produire un jeu Web sans devoir acheter une licence du logiciel. C’est une vraie différence avec certains outils qui facturent l’export ou ajoutent leur marque sur la version gratuite.

En revanche, « gratuit » ne signifie pas que chaque étape autour du jeu est sans frais. Les services en ligne proposés autour de l’éditeur, notamment certains services de construction, d’hébergement ou de publication simplifiée, peuvent avoir des quotas ou des formules qui évoluent. Vérifiez les conditions affichées dans l’outil au moment de publier.

Vous pouvez aussi avoir besoin d’un nom de domaine, d’un hébergement, de médias sous licence ou d’un compte sur une boutique d’applications. Publier une application Android ou iPhone implique les conditions et éventuels frais du magasin concerné. Pour un premier serious game, un export HTML5 placé sur l’intranet, l’ENT autorisé par votre structure ou une page Web est généralement la voie la plus simple.

Écrire le jeu avant d’ouvrir le logiciel

Avant de choisir des couleurs ou des personnages, rédigez une fiche sur une page. Indiquez le public, le contexte d’usage, la compétence visée, la durée, le critère de réussite et les erreurs que le jeu doit faire apparaître. Cette fiche évite de construire des animations séduisantes qui ne servent aucun apprentissage.

Choisissez ensuite un mécanisme unique. Le classement convient à des catégories. Le parcours à embranchements fonctionne pour les décisions et leurs conséquences. La simulation guidée est utile pour une procédure. Le joueur doit pouvoir comprendre ce qu’il a mal fait, pas seulement voir une croix rouge.

Préparez les contenus dans un tableur ou sur papier : les bonnes réponses, les distracteurs plausibles, le commentaire associé à chaque erreur et le seuil de réussite. Gardez un vocabulaire cohérent. Si vous utilisez des pictogrammes, ajoutez aussi un libellé ou une forme distinctive : la couleur seule exclut une partie des joueurs.

La fiche de cadrage en six lignes
  1. Public et support : par exemple adultes en formation, ordinateur et smartphone.
  2. Objectif : une action ou une connaissance vérifiable à la fin du jeu.
  3. Situation : un contexte réaliste qui donne du sens aux choix.
  4. Règle : ce que le joueur doit faire concrètement à chaque tour.
  5. Retour : ce qui s’affiche après une bonne réponse ou une erreur.
  6. Réussite : score, nombre d’essais ou tâche finale à accomplir.

Créer un premier jeu de tri dans GDevelop

Le plus simple est de fabriquer un mini-jeu de tri avec trois catégories et huit cartes à classer. Cet exemple mobilise les fonctions essentielles de GDevelop sans nécessiter de physique complexe ni de programmation. Travaillez d’abord sur un écran de 1 280 × 720 pixels, puis vérifiez que les boutons restent lisibles sur une fenêtre plus étroite.

Un prototype fonctionnel en sept étapes

  1. Créez les trois scènes

    Préparez une scène d’accueil, une scène de jeu et une scène de résultat. Sur l’accueil, affichez une consigne courte et un bouton « Jouer ». La scène de résultat doit indiquer le score et proposer de recommencer.

  2. Ajoutez les objets de jeu

    Dans la scène de jeu, créez trois zones de dépôt et une carte-déchet. Donnez aux objets des noms explicites, comme CarteVerre ou BacCompost. Un nom clair rend les événements beaucoup plus faciles à relire.

  3. Créez les variables utiles

    Ajoutez une variable de scène Score et une variable CarteActuelle. La variable de scène convient au score d’une partie. Une variable globale ne doit servir que si vous avez réellement besoin de conserver une information entre plusieurs scènes.

  4. Programmez la bonne réponse

    Dans les événements, ajoutez la condition correspondant au clic ou au dépôt de la carte sur la bonne zone. Associez les actions suivantes : ajouter un point, afficher un retour positif, puis charger la carte suivante. Commencez avec une seule carte pour valider la logique.

  5. Programmez l’erreur utile

    Si la carte est déposée dans une mauvaise zone, ne vous contentez pas d’enlever un point. Affichez une explication brève, par exemple la matière ou la règle de tri concernée, puis laissez le joueur corriger son choix. Évitez les pénalités qui bloquent l’apprentissage.

  6. Ajoutez la progression

    Après chaque carte, augmentez CarteActuelle. Quand la huitième carte est terminée, passez à la scène de résultat. Affichez un bilan simple : résultat, nombre d’erreurs et conseil ciblé si le seuil choisi n’est pas atteint.

  7. Prévisualisez et exportez

    Utilisez la prévisualisation après chaque règle importante. Une fois le jeu stable, générez une version Web pour la tester dans un navigateur différent de celui utilisé pendant la création. Ne publiez pas avant ce test extérieur.

Utiliser des images, des sons et des textes sans créer de problème

Vous pouvez créer un prototype avec des formes, des couleurs et des sons libres de droits. N’utilisez pas une image trouvée dans un moteur de recherche, une photo d’élève ou une musique populaire sans autorisation adaptée. Une licence gratuite peut imposer une attribution, interdire l’usage commercial ou exclure la modification : lisez-la avant d’intégrer le fichier.

Gardez tous les justificatifs dans un dossier du projet : source, auteur, licence et date de téléchargement. Si le jeu est diffusé publiquement, prévoyez une page de crédits accessible depuis l’écran d’accueil ou de fin. Pour les visuels créés par vous-même, notez simplement leur origine afin de pouvoir répondre en cas de question.

Compressez vos images et préférez des sons courts. Un jeu pédagogique constitué de quelques écrans devrait se charger vite sur une connexion ordinaire. Une vidéo lourde, lancée automatiquement, dégrade souvent l’expérience sur mobile et détourne l’attention de l’exercice.

Tester la compréhension, pas seulement les bugs

Un jeu peut être techniquement irréprochable et pédagogiquement confus. Observez des testeurs représentatifs pendant qu’ils jouent, sans leur expliquer les réponses. Notez le moment où ils hésitent, les boutons qu’ils ne voient pas et les règles qu’ils interprètent mal. Leurs gestes sont souvent plus instructifs que leur avis final.

Demandez ensuite trois choses : « qu’avez-vous compris devoir faire ? », « quelle erreur vous a surpris ? » et « que retenez-vous après la partie ? ». Si plusieurs personnes bloquent au même endroit, modifiez la consigne, le retour ou la disposition avant d’ajouter de nouvelles fonctionnalités.

Contrôles avant la mise en ligne

  • La consigne tient en une ou deux phrases et décrit l’action attendue.
  • Chaque erreur déclenche un retour compréhensible, pas une simple sanction.
  • Le jeu peut être utilisé à la souris, au tactile et, si possible, au clavier.
  • Les textes restent lisibles sans dépendre uniquement de la couleur.
  • Le score et la scène finale fonctionnent après plusieurs parties successives.
  • Les images, sons, polices et photos ont une licence ou une autorisation vérifiée.
  • Le jeu a été testé sur au moins un second navigateur et un écran plus petit.

Publier sur le Web et respecter les données des joueurs

Pour une diffusion interne, un jeu HTML5 peut être déposé sur un hébergement Web ou intégré dans un environnement numérique autorisé par votre organisation. Testez le lien sur un poste où vous n’êtes pas connecté à votre compte créateur. Certains réseaux d’établissement bloquent des services externes, les fenêtres surgissantes ou certains fichiers.

Si le jeu ne fait qu’afficher un score local pendant la partie, vous n’avez pas nécessairement besoin d’identifier le joueur. C’est la solution la plus sobre. Dès que vous collectez un nom, une adresse e-mail, un score nominatif ou des traces de navigation, le RGPD s’applique : limitez les données, expliquez leur usage, définissez une durée de conservation et utilisez un hébergement validé par votre structure.

Une diffusion au grand public demande aussi une attention à l’accessibilité. Ajoutez des sous-titres aux informations sonores, un contraste suffisant, des boutons assez grands pour le tactile et une alternative textuelle lorsque c’est possible. Les obligations précises varient selon l’éditeur et le service concerné, notamment pour les organismes publics : vérifiez le cadre applicable avant publication.

GDevelop ou H5P : choisissez selon l’activité

GDevelop n’est pas le meilleur outil pour tout. Il brille lorsque l’apprenant doit manipuler, se déplacer, observer une conséquence ou recommencer une situation. Si votre besoin se limite à une vidéo enrichie, des cartes mémoire ou un questionnaire intégré à une plateforme de cours, H5P peut être plus rapide à mettre en œuvre.

Deux outils gratuits, deux usages distincts

GDevelop

Pour un vrai mini-jeu interactif

Points forts
Événements visuels sans codeScènes, animations et logique de jeuExport Web et application selon le projetTrès bon pour simulation et manipulation
Limites
Prise en main plus longueSuivi pédagogique à construireInterface moins adaptée aux cours linéaires

H5P

Pour une activité e-learning courte

Points forts
Questionnaires et contenus prêts à l’emploiRapide dans un LMS compatibleFormats utiles pour cours et révisionPeu de logique de jeu à concevoir
Limites
Hébergement ou LMS à prévoirMoins libre pour une simulationPersonnalisation ludique plus limitée

Faites appel à un professionnel si le jeu doit se connecter à une base de données d’apprenants, remonter des résultats vers un LMS, traiter des données sensibles, répondre à une exigence d’accessibilité élevée ou être publié dans une boutique mobile. Pour une mission de conception ou de développement en France, les tarifs se situent souvent autour de 400 à 800 € HT par jour selon l’expérience et la complexité. Pour un prototype interne de quelques minutes, il est généralement plus rentable de garder un périmètre simple et de le faire évoluer à partir des retours.

Questions fréquentes

Peut-on créer un serious game avec GDevelop sans savoir programmer ?

Oui. Le système d’événements permet d’associer des conditions et des actions visuellement, par exemple un clic sur une réponse puis l’ajout d’un point. Une logique rigoureuse reste nécessaire : il faut décrire précisément ce qui se passe après chaque action du joueur.

GDevelop est-il vraiment gratuit pour créer et exporter un jeu ?

L’éditeur GDevelop est open source et utilisable gratuitement. Certains services en ligne associés, ainsi que l’hébergement, des médias payants ou les comptes de boutiques d’applications, peuvent en revanche générer des frais. Vérifiez les limites et conditions du service choisi au moment de publier.

Combien de temps faut-il pour créer un serious game simple ?

Un prototype avec une seule règle, quelques cartes et un écran de résultat peut demander une demi-journée à une journée si les contenus sont déjà prêts. Comptez au moins autant pour les tests, les corrections et la préparation des visuels. Un jeu avec plusieurs niveaux ou des scénarios à choix demande rapidement plusieurs jours.

Peut-on intégrer un jeu GDevelop sur un site d’école ou d’association ?

Oui, un export Web peut être hébergé puis ouvert dans un navigateur, sous réserve des règles techniques de votre site ou de votre environnement numérique. Testez-le sur le réseau et les appareils réellement utilisés. Si le jeu collecte des résultats nominatifs, votre structure doit aussi encadrer ce traitement de données.

Faut-il prévoir des points, badges et un classement dans un serious game ?

Non. Les points peuvent rendre la progression visible, mais ils ne remplacent pas un retour utile sur l’erreur ou la bonne décision. Un classement est même à éviter lorsque l’objectif est de faire essayer, se tromper et recommencer sans pression. Préférez un bilan personnel et des explications ciblées.

Un serious game GDevelop peut-il fonctionner hors connexion ?

Une version destinée à un ordinateur peut fonctionner hors connexion si elle n’utilise ni vidéo distante, ni statistiques en ligne, ni ressources chargées sur le Web. Testez toujours le jeu après avoir coupé la connexion. Un jeu publié uniquement comme page Web dépendra, lui, de son mode d’hébergement et du navigateur utilisé.

Cet article est publié par La rédaction de Mamabea à titre d’information générale. Il ne remplace ni un diagnostic, ni un devis, ni l’avis d’un professionnel qualifié. Prix, réglementations et disponibilités évoluent : vérifiez-les avant toute décision. Notre charte éditoriale.