Comment faire une bouture de bambou en quelques étapes faciles
Une tige de bambou coupée ne donne presque jamais un nouveau plant sous nos climats. Pour multiplier un Fargesia ou un Phyllostachys, la solution fiable consiste à diviser une portion de rhizome portant des racines et des bourgeons. Voici le bon geste, au bon moment.

Avant de bouturer, comprendre ce qui fonctionne vraiment
Le mot « bouture » est souvent employé pour le bambou, mais il prête à confusion. La plupart des bambous cultivés en France, notamment les Fargesia, Phyllostachys, Pleioblastus et Sasa, ne se multiplient pas fiablement à partir d’un morceau de canne mis dans l’eau ou dans du terreau.
Leur croissance part du rhizome, la tige souterraine. C’est lui qui porte les racines et les bourgeons capables de produire de nouvelles pousses. Une canne coupée, même avec plusieurs nœuds, ne possède généralement pas les réserves ni les tissus actifs nécessaires pour reconstituer un plant vigoureux.
La méthode à retenir est donc la division de touffe ou de rhizome. Elle consiste à séparer une petite partie périphérique d’un bambou installé, avec ses racines, un fragment de rhizome et au moins un bourgeon. C’est la technique la plus accessible pour un jardinier et celle qui donne le meilleur taux de reprise.
Division de rhizome ou bouture de tige ?
Division de rhizome
La méthode adaptée aux bambous de jardin
- Points forts
- Fonctionne sur Fargesia et PhyllostachysPlant déjà doté de racinesReprise possible en pleine terre ou en potRésultat fidèle au plant mère
- Limites
- Il faut un plant mère adulteLe prélèvement demande un effort physiqueLa touffe mère doit être manipulée avec mesure
Bouture de tige
Une exception pour quelques espèces tropicales
- Points forts
- Possible sur certains BambusaPermet de multiplier un chaume adaptéUtile sous serre chaude et humide
- Limites
- Échec fréquent sur les espèces tempéréesTempérature et humidité très contrôléesPeu pertinente pour un jardin français classique
Identifier votre bambou avant de le multiplier
Commencez par connaître le nom de votre bambou, indiqué sur l’étiquette, la facture de pépinière ou parfois sur une photo prise à l’achat. À défaut, observez sa manière de pousser. Une touffe dense qui s’élargit lentement évoque un bambou cespiteux, souvent un Fargesia. Des cannes qui apparaissent à distance du pied signalent plutôt un bambou traçant, fréquemment un Phyllostachys.
Dans les deux cas, la division est possible. Sur un bambou traçant, prélevez un rhizome situé à la périphérie plutôt que de déterrer le centre de la plantation. Sur un Fargesia, détachez une portion extérieure de la motte. Ne prélevez jamais plus d’environ un quart de la touffe mère en une fois.
| Type de bambou | Exemples courants | Méthode fiable | Canne coupée ? |
|---|---|---|---|
| Cespiteux | Fargesia | Division de motte | Non, en pratique |
| Traçant | Phyllostachys | Division de rhizome | Non, en pratique |
| Couvre-sol | Pleioblastus, Sasa | Éclat de rhizome | Non, en pratique |
| Tropical en climat doux | Bambusa | Division, parfois tige | Parfois, sous chaleur |
Faites glisser le tableau horizontalement pour tout voir.
Les repères utiles pour une reprise solide
1 à 3
chaumes à conserver sur une petite division
30 à 40 cm
de profondeur de trou pour un jeune éclat
10 à 15 L
d’eau à l’installation d’une division en pleine terre
1 saison
minimum avant une croissance vraiment visible
Le matériel et le bon prélèvement
Préparez une bêche solide, un sécateur propre, une scie d’élagage ou un coupe-branches pour les rhizomes épais, des gants et un arrosoir. Désinfectez les lames à l’alcool ménager avant de couper, surtout si le plant mère présente des feuilles tachées ou des chaumes abîmés.
Choisissez un pied mère âgé d’au moins deux ou trois ans, vigoureux, bien arrosé les jours précédents et sans cochenilles ni feuillage très jauni. Pour limiter le stress, arrosez le plant mère la veille si le sol est sec. Préparez aussi le pot ou le trou de plantation avant de prélever la division : les racines ne doivent pas rester exposées au vent et au soleil.
- Un morceau de rhizome ferme, sans zone noire ni molle.
- Des racines fines, claires ou brun clair, encore souples.
- Au moins un bourgeon gonflé ou une pousse latérale vivante.
- Idéalement 1 à 3 chaumes pour soutenir la reprise.
- Une motte suffisamment grosse pour ne pas se dessécher en une journée.
Diviser un bambou pas à pas
Une petite division ne produira pas une haie en quelques semaines. Son objectif la première année est de refaire des racines. En revanche, une fois installée, elle peut émettre des cannes nettement plus hautes dès la saison suivante, à condition d’avoir de l’eau et de la place.
La méthode fiable en 7 gestes
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Préparez l’emplacement
Creusez un trou de 30 à 40 cm de profondeur et environ deux fois plus large que la motte à prélever. Ameublissez le fond sans le transformer en cuvette compacte.
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Dégagez la périphérie du plant mère
Écartez le paillage et creusez à 20 à 40 cm des cannes extérieures. Repérez les rhizomes et les racines sans arracher brutalement la touffe.
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Coupez un éclat enraciné
Sectionnez le rhizome avec la bêche ou la scie. Prélevez une portion munie de racines et d’un bourgeon. Sur un sujet imposant, gardez 1 à 3 chaumes sains.
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Réduisez légèrement le feuillage
Si la division porte plusieurs tiges hautes, raccourcissez-les d’environ un tiers et retirez les feuilles sèches. Cela limite l’évaporation sans priver totalement la plante de ses feuilles.
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Plantez à la bonne hauteur
Posez la motte au niveau du sol d’origine. Rebouchez avec la terre extraite enrichie d’un peu de compost mûr, puis tassez avec les mains, sans écraser les racines.
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Arrosez lentement et abondamment
Versez 10 à 15 L d’eau autour d’une petite division en pleine terre. Pour un pot, arrosez jusqu’à voir l’eau s’écouler par les trous, puis videz la soucoupe.
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Paillez et protégez
Étalez 5 à 8 cm de feuilles mortes, de broyat ou d’écorces, sans couvrir les chaumes. Installez le plant à l’abri des vents desséchants pendant ses premières semaines.
Terreau, pot et emplacement pour favoriser l’enracinement
Le bambou apprécie un sol fertile qui reste frais, mais il redoute l’eau stagnante en hiver. En pleine terre, une terre de jardin ameublie et enrichie de 20 à 30 % de compost mûr convient dans la plupart des cas. En sol lourd et argileux, incorporez aussi du gravier ou du sable grossier pour améliorer l’écoulement de l’eau.
En pot, choisissez un contenant percé d’au moins 35 à 40 cm de diamètre pour une petite division, et plutôt 50 à 60 cm pour un bambou destiné à rester deux ou trois ans en bac. Utilisez un terreau de plantation ou un mélange de terreau, compost et terre de jardin. Une couche de billes d’argile au fond ne compense pas un pot sans trous : le drainage dépend d’abord des ouvertures.
Installez le jeune plant à mi-ombre lumineuse pendant son installation. Un Fargesia supporte mal le soleil brûlant et les réverbérations d’un mur plein sud. Certains Phyllostachys acceptent davantage de soleil, mais une division fraîchement plantée doit d’abord éviter le dessèchement.
Arrosage, engrais et patience la première année
Durant les six à huit premières semaines, vérifiez l’humidité deux à trois fois par semaine, davantage en cas de vent chaud ou de culture en pot. Arrosez lorsque la terre commence à sécher, en visant la motte et non le feuillage. Une division en bac peut nécessiter un arrosage tous les deux à quatre jours en été, alors qu’un sol paillé conserve mieux l’eau.
Ne forcez pas la pousse avec de l’engrais juste après la plantation. Attendez l’apparition de nouvelles feuilles ou de nouvelles pousses, puis apportez au printemps une fine couche de 2 à 3 cm de compost mûr. Un engrais organique riche en azote peut aider un bambou installé, mais un excès donne des tissus tendres et ne remplace ni l’eau ni un sol vivant.
Le premier signe positif est souvent le maintien d’un feuillage vert et souple, pas une canne géante. Ne tirez pas sur la division pour vérifier les racines. Après une reprise printanière, les nouvelles pousses se développent vite, mais leur hauteur définitive dépend surtout de la taille de la motte initiale, de l’espèce et de la disponibilité en eau.
La vraie bouture de tige, réservée à quelques bambous tropicaux
Certains bambous tropicaux du genre Bambusa peuvent former des racines à partir d’un segment de chaume comportant un nœud. Cette technique se pratique surtout en pépinière ou dans un climat chaud, avec une température stable de 22 à 30 °C, une humidité élevée et une lumière vive sans soleil direct.
Elle consiste à prélever sur une canne saine un segment comportant un ou deux nœuds, à le placer dans un substrat très drainant et humide, puis à maintenir une atmosphère humide sans excès d’eau. Le résultat reste aléatoire, particulièrement en appartement ou dehors en France métropolitaine. Il ne faut pas confondre cette exception avec une méthode universelle pour les bambous vendus en jardinerie.
Si vous ne connaissez pas l’espèce de votre bambou, ne sacrifiez pas de cannes pour tester. Divisez plutôt le rhizome, ou achetez un jeune plant identifié chez un pépiniériste. Vous gagnerez du temps et éviterez d’affaiblir la plante mère.
Installer le bambou sans envahir le jardin
Avant de replanter un Phyllostachys, prévoyez son expansion. Ses rhizomes peuvent courir sous une pelouse, une bordure ou chez le voisin. Une barrière anti-rhizome en polyéthylène haute densité, épaisse d’au moins 1,5 à 2 mm et enterrée sur environ 60 à 70 cm, limite le risque. Laissez dépasser 5 cm et inspectez le pourtour une à deux fois par an.
La barrière doit former une boucle assez large, idéalement au moins 2 m de diamètre pour un sujet traçant que vous souhaitez garder vigoureux. Un pot ou un bac limite aussi les rhizomes, mais impose plus d’arrosage, un rempotage ou une division tous les deux à quatre ans et une surveillance du gel.
En l’absence de règle locale ou d’usage particulier, le Code civil prévoit couramment une distance de 0,50 m de la limite séparative pour les plantations ne dépassant pas 2 m de haut, et 2 m au-delà. Les règlements de lotissement, arrêtés municipaux et usages locaux peuvent modifier ce cadre : vérifiez-les avant de créer une haie.
Les échecs fréquents et les cas où demander de l’aide
Une division qui jaunit juste après le prélèvement manque souvent d’eau ou possède trop peu de racines pour son volume de feuillage. Placez-la temporairement à l’ombre claire, réduisez les tiges les plus hautes et maintenez le sol frais. À l’inverse, des feuilles molles, une odeur de terre fermentée et des racines sombres indiquent plutôt un excès d’eau : améliorez le drainage et espacez les arrosages.
Ne transplantez pas un bambou affaibli par une sécheresse, récemment traité ou couvert de parasites. Si une grosse touffe traçante doit être extraite, si des rhizomes ont gagné une terrasse ou une propriété voisine, ou si l’accès est difficile, faites intervenir un paysagiste ou un jardinier équipé. Les rhizomes retirés doivent être séchés complètement ou évacués avec les déchets verts selon les consignes de votre collectivité : ne les déposez jamais dans la nature.
À vérifier avant de déclarer la reprise réussie
- La division comporte un rhizome, des racines et au moins un bourgeon vivant.
- Le collet est planté à la même profondeur qu’avant le prélèvement.
- Le sol reste frais sous le paillage sans eau stagnante.
- Les feuilles tiennent vertes ou de nouvelles pousses apparaissent à la bonne saison.
- Les rhizomes d’un bambou traçant sont contenus et contrôlés régulièrement.
- Aucun engrais fort n’a été ajouté avant le redémarrage des racines.
Questions fréquentes
Peut-on faire une bouture de bambou dans l’eau ?
Pour les Fargesia et Phyllostachys couramment cultivés en France, non : une canne placée dans l’eau ne reconstitue généralement pas un système racinaire durable. La multiplication fiable consiste à prélever une portion de rhizome déjà enracinée. Quelques Bambusa tropicaux font exception, sous chaleur et forte humidité.
Combien de temps faut-il pour qu’une division de bambou reprenne ?
Le plant peut mettre plusieurs semaines à se stabiliser et une saison entière à développer ses racines. Une nouvelle pousse vigoureuse apparaît souvent à la saison de croissance suivante. La rapidité dépend de la taille de l’éclat, de l’arrosage, de l’espèce et de la météo.
Faut-il mettre de l’hormone de bouturage sur un bambou ?
Elle n’est pas utile pour une division de rhizome, puisque les racines sont déjà présentes. Elle ne rendra pas fiable une bouture de canne de Fargesia ou de Phyllostachys. Gardez plutôt votre budget pour un bon paillage, un pot adapté ou une barrière anti-rhizome.
Peut-on diviser un bambou en été ?
C’est possible en urgence avec un suivi d’arrosage très attentif, mais ce n’est pas la période la plus sûre. La chaleur et le vent font sécher rapidement les racines coupées. Préférez le printemps hors gel ou le début de l’automne, lorsque le sol est encore tiède.
Quelle taille de pot choisir pour une division de bambou ?
Pour une petite division, un pot percé de 35 à 40 cm de diamètre est un minimum. Prévoyez 50 à 60 cm pour conserver un bambou plus longtemps en bac. Un contenant trop petit assèche vite la motte et limite fortement la taille des nouvelles cannes.
Un bambou non traçant peut-il devenir envahissant ?
Un Fargesia non traçant s’élargit lentement en touffe et ne produit pas de longs rhizomes coureurs comme un Phyllostachys. Il peut toutefois prendre de l’ampleur avec les années et gêner les plantations voisines. Respectez son diamètre adulte annoncé et taillez ou divisez la touffe si nécessaire.
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