Température optimale du chauffage domestique en hiver : ADEME et OMS
19 °C dans le séjour, 17 °C dans la chambre, 22 °C dans la salle de bains en usage : ces repères évitent de chauffer au hasard. Mais l’âge des occupants, l’humidité et l’isolation changent la donne. Réglez votre logement avec méthode, sans sacrifier ni votre confort ni votre budget.

19 °C, 18 °C : ce que recommandent réellement l’ADEME et l’OMS
Les deux repères ne disent pas exactement la même chose. L’ADEME conseille généralement 19 °C dans les pièces de vie occupées, afin de concilier confort courant et sobriété énergétique. Cette consigne s’entend dans un logement normalement isolé, pour une personne habillée pour l’hiver et en activité légère.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) retient pour sa part 18 °C comme température intérieure minimale protectrice pendant la saison froide, pour la population générale dans les pays au climat tempéré. Il s’agit d’un seuil sanitaire, et non d’une température idéale imposée dans chaque pièce ni d’une invitation à rester à 18 °C si l’on a froid.
Les personnes âgées, les très jeunes enfants, les personnes ayant une maladie chronique ou une mobilité réduite peuvent nécessiter une ambiance plus chaude. L’OMS indique que des températures supérieures peuvent être nécessaires pour ces publics. Dans ce cas, adaptez la pièce réellement occupée plutôt que de porter tout le logement à 22 °C.
Quatre températures utiles en hiver
19 °C
pièce de vie occupée, repère ADEME
18 °C
seuil minimal de référence de l’OMS
16–17 °C
chambre adulte ou pièce peu utilisée
22 °C
salle de bains pendant son utilisation
La bonne température pièce par pièce
Chauffer toutes les pièces à l’identique coûte cher et n’améliore pas forcément le confort. La température ressentie dépend aussi du sol, des parois froides, des courants d’air et de l’humidité. Une pièce à 19 °C près d’une fenêtre mal étanche paraît souvent moins agréable qu’une pièce saine à 18 °C.
Les repères ci-dessous servent de point de départ. Ajustez par paliers de 0,5 ou 1 °C et laissez le logement se stabiliser au moins une journée, davantage avec un plancher chauffant ou des murs lourds.
| Pièce ou situation | Consigne de départ | À ajuster si… |
|---|---|---|
| Séjour, bureau occupé | 19 °C | 20 °C si personne immobile ou fragile |
| Cuisine | 18–19 °C | 18 °C suffit souvent pendant la cuisine |
| Chambre adulte | 16–17 °C | 18 °C si le froid gêne le sommeil |
| Chambre de bébé | 18–20 °C | Éviter de surchauffer sous une couette |
| Salle de bains en usage | 22 °C | Couper ou baisser après la toilette |
| Absence en journée | 16 °C | Selon isolation et durée d’absence |
| Absence de plusieurs jours | 12 °C environ | Hors risque de gel ou consigne installateur |
Faites glisser le tableau horizontalement pour tout voir.
Adapter la consigne aux occupants et au logement
Une personne assise longtemps lit, travaille ou regarde la télévision avec moins de chaleur corporelle qu’une personne qui cuisine ou fait le ménage. Dans un séjour occupé par une personne très âgée ou peu mobile, passer ponctuellement de 19 à 20 °C, voire 21 °C selon le ressenti, est souvent plus pertinent que de lui demander d’endurer le froid.
Pour un nourrisson, une chambre entre 18 et 20 °C est généralement un repère raisonnable. Ne cherchez pas à compenser une tenue ou une literie inadaptée par 22 °C de chauffage. En cas de prématurité, de problème de santé, ou pour une personne particulièrement vulnérable, demandez l’avis du professionnel de santé qui la suit.
L’humidité relative joue aussi beaucoup. Visez en pratique 40 à 60 %, mesurés avec un hygromètre. Au-delà de 60 %, aérez, vérifiez la VMC et limitez le séchage du linge dans les pièces de vie ; sous 35 à 40 %, l’air peut devenir inconfortable, mais n’humidifiez pas sans avoir identifié la cause.
Chauffer en continu ou programmer des abaissements ?
Consigne stable
Même température dans les pièces occupées
- Points forts
- Confort constant et réglage très simpleAdapté à une personne présente toute la journéeÉvite les remontées de température mal anticipées
- Limites
- Chauffe inutilement la nuit ou pendant les absencesPeu adapté aux pièces rarement utiliséesFacture plus élevée si la consigne est trop haute
Chauffage programmé par zones
Température selon l’heure et la pièce
- Points forts
- Réduit le chauffage des pièces videsConserve 19 °C aux heures de présenceTrès utile avec vannes thermostatiques
- Limites
- Demande un thermostat bien régléUne baisse excessive peut nuire au confortÀ modérer avec certaines pompes à chaleur
Mesurer avant de toucher au thermostat
Le chiffre du thermostat n’est pas toujours celui que vous respirez. Placez un thermomètre-hygromètre à environ 1,20 à 1,50 m du sol, dans la zone de vie, loin d’un radiateur, d’une baie vitrée, d’un mur extérieur et du soleil direct. Attendez au moins une heure avant de relever la valeur.
Si le séjour affiche 19 °C mais que le canapé placé contre une paroi froide reste inconfortable, ne montez pas immédiatement la consigne. Vérifiez d’abord les entrées d’air parasites, les rideaux qui couvrent un radiateur, l’équilibrage des radiateurs à eau et l’état des joints de fenêtres. Corriger une paroi froide ou un courant d’air est plus durable que chauffer davantage.
Réglez votre chauffage sans tâtonner
-
Mesurez pendant deux jours
Relevez matin, fin d’après-midi et soir la température et l’humidité des pièces principales. Notez aussi les heures d’occupation et les pièces réellement utilisées.
-
Fixez les consignes de départ
Programmez 19 °C dans le séjour occupé, 16 à 17 °C dans les chambres et 22 °C dans la salle de bains seulement avant la toilette. Gardez 18 à 19 °C dans la cuisine selon son usage.
-
Programmez les absences
Pour une absence de journée, 16 °C est un repère courant. Pour plusieurs jours, une consigne autour de 12 °C est souvent utilisée, sauf indication contraire pour votre installation ou risque de gel.
-
Ajustez petit à petit
Modifiez une seule consigne de 0,5 à 1 °C, puis observez le confort et l’humidité. Avec une pompe à chaleur, évitez en général les écarts jour-nuit trop importants : demandez le réglage conseillé par l’installateur.
Combien pouvez-vous économiser en baissant le chauffage ?
Abaisser la consigne de 1 °C permet souvent d’économiser environ 7 % de consommation de chauffage, ordre de grandeur régulièrement utilisé par l’ADEME. Ce n’est pas une remise automatique de 7 % sur toute votre facture d’énergie : l’effet dépend de l’isolation, de la météo, du système de chauffage, de vos absences et de la part de l’eau chaude dans votre contrat.
Le gain le plus simple consiste à éviter les degrés inutiles. Passer un séjour de 21 à 19 °C, abaisser les chambres la journée ou ne chauffer la salle de bains qu’au bon moment a souvent plus d’effet que remplacer un appareil encore fonctionnel.
Un thermomètre-hygromètre coûte couramment entre 10 et 30 €. Comptez environ 15 à 60 € pour une tête thermostatique de radiateur, et de l’ordre de 100 à 300 € pour un thermostat programmable ou connecté hors pose, selon les fonctions. N’achetez pas un équipement complexe si votre rythme est stable et que vous pouvez déjà régler correctement vos appareils.
Les gestes qui rendent 19 °C plus agréables
Fermez les volets, stores ou rideaux dès la nuit tombée, sans recouvrir les radiateurs. Dégagez au moins quelques dizaines de centimètres devant un émetteur de chaleur : un canapé collé à un radiateur bloque sa diffusion et fausse votre perception de la température.
Aérez grand 5 à 10 minutes, idéalement matin et soir, plutôt que de laisser une fenêtre entrouverte pendant des heures. Pendant l’aération, baissez temporairement le chauffage si votre commande le permet. Ne bouchez jamais les grilles d’aération ni les bouches de VMC : elles évacuent l’humidité et les polluants.
Pour les radiateurs à eau, purgez un appareil s’il reste froid en partie haute alors que le chauffage fonctionne, puis remettez la pression du circuit au niveau indiqué par le fabricant. Si plusieurs pièces restent froides ou surchauffées, un équilibrage du réseau par un chauffagiste peut être nécessaire. Avec une chaudière gaz, l’entretien annuel réglementaire reste indispensable.
Ce que dit la réglementation française
En France, le Code de l’énergie encadre en principe la température de chauffage des locaux occupés à 19 °C en moyenne, avec des exceptions selon les locaux et les besoins des occupants. Cette limite réglementaire ne signifie pas que chaque chambre doit être exactement à 19 °C, ni qu’une personne vulnérable doit rester dans une pièce trop fraîche.
Dans une location, le logement doit notamment disposer d’une installation de chauffage permettant un usage normal. Si vous subissez un froid anormal, documentez les relevés sur plusieurs jours avec un thermomètre placé correctement, relevez l’humidité et signalez le problème par écrit au bailleur ou à l’agence. Une panne, des radiateurs inopérants, une chaudière défaillante ou des moisissures persistantes appellent une intervention, pas seulement un thermostat plus haut.
Les règles et aides évoluent. Pour un changement de chaudière, une pompe à chaleur, l’équilibrage d’un réseau ou une question de chauffage collectif, demandez un devis détaillé à un professionnel qualifié et vérifiez les conditions applicables à votre logement.
La vérification à faire avant les grands froids
Votre chauffage est-il réglé de façon cohérente ?
- Un thermomètre-hygromètre mesure les pièces de vie, loin des sources de chaleur.
- Le séjour occupé est réglé autour de 19 °C, sans chauffer les pièces vides inutilement.
- Les chambres sont entre 16 et 17 °C, ou adaptées au confort et à la santé des occupants.
- La salle de bains ne monte à 22 °C que pendant les périodes d’utilisation.
- Les bouches de VMC et grilles d’aération restent dégagées et propres.
- Les radiateurs ne sont pas cachés par un meuble, un rideau ou du linge.
- Le mode absence est programmé avant un départ de plusieurs jours.
- Une pièce froide, humide ou moisie est traitée comme un défaut du logement, pas masquée par plus de chauffage.
Questions fréquentes
Peut-on chauffer son logement à 18 °C tout l’hiver ?
Oui, 18 °C correspond au seuil minimal de référence retenu par l’OMS pour la population générale en saison froide dans les pays tempérés. Ce réglage peut toutefois être insuffisant pour une personne âgée, peu mobile, malade ou pour un très jeune enfant. Tenez compte du ressenti, de l’humidité et de l’état d’isolation du logement.
Quelle température mettre dans une chambre la nuit ?
Pour un adulte, 16 à 17 °C est un repère courant et souvent confortable avec une literie adaptée. Une chambre de bébé se situe plutôt entre 18 et 20 °C. Si le froid perturbe durablement le sommeil, augmentez par palier de 1 °C plutôt que de surchauffer d’emblée.
Faut-il couper complètement le chauffage quand on part travailler ?
Mieux vaut généralement abaisser la température à environ 16 °C plutôt que tout couper pour une absence de journée. Cela limite le refroidissement des parois et les risques d’humidité, tout en évitant de chauffer un logement vide. Le réglage optimal dépend de l’isolation et du type de chauffage.
Pourquoi mon logement semble-t-il froid alors que le thermostat affiche 19 °C ?
Des murs froids, un sol non isolé, une fenêtre fuyarde, une humidité élevée ou un radiateur masqué peuvent dégrader fortement le confort ressenti. Mesurez la température à distance des radiateurs et des fenêtres, puis vérifiez les courants d’air et la ventilation. Monter la consigne ne résout pas toujours le problème de fond.
Les 19 °C sont-ils obligatoires dans toutes les pièces d’un logement ?
Non. Les 19 °C correspondent à un repère de sobriété pour les pièces de vie et à une température moyenne encadrée par la réglementation dans les locaux occupés, avec des exceptions. Une chambre, une salle de bains et une pièce inoccupée peuvent logiquement être réglées différemment.
Est-ce qu’un thermostat connecté permet forcément de faire des économies ?
Non. Il devient utile s’il remplace des réglages imprécis, programme correctement vos absences ou pilote plusieurs zones. Si votre thermostat actuel est fiable et que vos horaires sont réguliers, un simple réglage des consignes peut apporter l’essentiel du gain sans achat supplémentaire.
Cet article est publié par La rédaction de Mamabea à titre d’information générale. Il ne remplace ni un diagnostic, ni un devis, ni l’avis d’un professionnel qualifié. Prix, réglementations et disponibilités évoluent : vérifiez-les avant toute décision. Notre charte éditoriale.



