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Optimisez votre chauffage avec les astuces de Jean-Marc Jancovici

Le « pull Jancovici » résume une idée simple : mieux s’habiller et mieux régler son logement coûtent moins cher que chauffer trop fort. Température, programmation, entretien et isolation : voici les actions qui font réellement baisser une facture de chauffage, sans sacrifier votre confort.

Salon français sobre avec plaid, thermostat et volets fermés en hiver
Salon français sobre avec plaid, thermostat et volets fermés en hiver

Le « pull Jancovici » : une logique de sobriété, pas une punition

L’expression « pull Jancovici » désigne une idée de sobriété énergétique largement associée à Jean-Marc Jancovici : avant de demander plus de chaleur au bâtiment, adaptez d’abord votre tenue et vos habitudes. Un pull, des chaussettes épaisses et un plaid pour une activité immobile permettent de se sentir bien à une température raisonnable, sans transformer le salon en pièce d’été.

Le chauffage reste l’un des principaux postes d’énergie du logement, surtout dans les maisons anciennes et peu isolées. Réduire les besoins est donc plus robuste qu’une course au meilleur tarif ou qu’un changement d’équipement isolé. L’objectif n’est pas d’avoir froid : c’est de réserver les températures élevées aux moments et aux pièces où elles sont réellement utiles.

Cette approche fonctionne particulièrement bien si elle combine quatre leviers : une consigne cohérente, une chauffe pilotée selon l’occupation, des émetteurs entretenus et une enveloppe du logement qui limite les fuites de chaleur. Les gains ne s’additionnent pas mécaniquement : une maison déjà réglée à 19 °C gagnera moins qu’un logement chauffé à 22 °C sans programmation.

Quatre repères utiles avant d’agir

19 °C

repère courant dans une pièce de vie occupée

16 à 17 °C

repère pour une chambre ou la nuit, selon le confort

≈ 7 %

de besoin de chauffage en moins par degré baissé

5 à 10 min

d’aération franche quotidienne, même en hiver

Choisir la bonne température pièce par pièce

Une consigne unique dans tout le logement gaspille de l’énergie. Dans une pièce de vie utilisée en journée, 19 °C constitue un bon point de départ. Une chambre est souvent plus confortable entre 16 et 18 °C, en particulier la nuit ; une salle de bains peut être montée à 21 ou 22 °C pendant son utilisation, puis redescendue.

Les personnes âgées, les très jeunes enfants, les personnes malades ou peu mobiles peuvent avoir besoin d’une température supérieure. Dans ce cas, chauffez prioritairement la pièce concernée plutôt que tout le logement. En cas de doute sur une situation de santé, demandez conseil au professionnel qui suit la personne concernée.

La règle souvent retenue est qu’un degré de moins réduit d’environ 7 % le besoin annuel de chauffage. C’est un ordre de grandeur, pas une garantie : l’effet dépend de la météo, de l’isolation, de l’inertie du bâtiment et de la température de départ. Il est néanmoins assez important pour être visible sur une saison complète.

Les actions accessibles et leur ordre de grandeur
ActionBudget indicatifEffet attenduÀ faire quand
Baisser la consigne de 1 °C0 €≈ 7 % de besoin en moinsDès maintenant
Programmer le chauffage30 à 250 €Évite les heures inutilesToute l’année
Poser des joints sur ouvrants5 à 25 € par fenêtreRéduit les courants d’airAvant l’hiver
Purger un radiateur0 € en autonomieRétablit une chauffe homogèneÀ l’automne
Entretien d’une chaudière100 à 200 € environSécurité et rendement préservésChaque année
Isoler des combles perdus25 à 60 € le m²Gain souvent très importantProjet de travaux
Robinets thermostatiques15 à 50 € par radiateurRéglage pièce par pièceProjet de travaux

Faites glisser le tableau horizontalement pour tout voir.

Programmer la chauffe au lieu de l’éteindre au hasard

Le bon réglage dépend de votre rythme de vie. Une baisse modérée durant le sommeil ou une absence de quelques heures est généralement plus pertinente qu’une température constante. Éteindre totalement peut être contre-productif dans un logement humide, peu isolé ou très inertiel : il faudra longtemps pour réchauffer les murs et retrouver du confort.

Avec une chaudière ou des radiateurs électriques, commencez par un abaissement de 2 à 3 °C la nuit et pendant les absences régulières. Avec une pompe à chaleur, évitez les écarts brutaux : une baisse de 1 à 2 °C suffit souvent. Une remontée trop rapide peut déclencher un appoint électrique sur certains systèmes et annuler une part du gain.

Réglage simple à tester pendant sept jours

  1. Relevez vos températures réelles

    Posez un thermomètre à environ 1,50 m du sol, loin d’un radiateur, d’une fenêtre et du soleil. Comparez la mesure à la consigne affichée.

  2. Fixez une température d’occupation

    Réglez 19 °C dans le séjour occupé. Laissez la porte des pièces peu chauffées fermée pour ne pas y envoyer inutilement la chaleur.

  3. Créez une plage de nuit

    Programmez 16 à 17 °C dans les chambres et une baisse dans les pièces de vie une heure avant le coucher.

  4. Prévoyez les absences régulières

    Abaissez la consigne avant le départ et programmez la remontée peu avant le retour. Testez l’horaire nécessaire plutôt que de lancer la chauffe trop tôt.

  5. Ajustez une seule variable

    Si l’inconfort persiste, ajoutez 0,5 à 1 °C ou améliorez votre tenue. Ne modifiez pas toutes les consignes à la fois.

Un thermostat programmable filaire coûte souvent entre 30 et 80 € hors pose. Un modèle connecté, utile si vos horaires changent vraiment, se situe plutôt entre 100 et 250 €. Ne l’achetez pas pour l’application seule : son intérêt vient d’une programmation utilisée et vérifiée.

Dans la pièce où se trouve le thermostat principal, laissez les robinets thermostatiques suffisamment ouverts afin que les deux systèmes ne se contredisent pas. Dans les autres pièces, les robinets thermostatiques limitent localement la température. Ils sont utiles dans une chambre, un couloir ou une pièce peu occupée, mais ne remplacent pas un pilotage central.

Conserver la chaleur sans enfermer l’humidité

À la tombée de la nuit, fermez volets, stores extérieurs et rideaux épais sans couvrir les radiateurs. Cette couche d’air supplémentaire limite l’effet de paroi froide près des vitrages et améliore le confort ressenti. En journée, ouvrez les volets des façades ensoleillées pour profiter des apports solaires gratuits, puis refermez avant que la température extérieure ne chute.

Repérez les infiltrations avec la main par temps froid : bas de porte, joint de fenêtre écrasé, trappe de comble, passage de câble ou coffrage de volet roulant. Des joints adaptés réduisent les courants d’air, mais un joint ne doit jamais obstruer une entrée d’air prévue sur une menuiserie. Une porte d’entrée très fuyarde peut justifier un bas de porte ou le remplacement d’un joint périphérique.

Aérez grand 5 à 10 minutes, idéalement matin et soir si le logement est occupé. L’air extérieur froid contient peu d’humidité et se réchauffe rapidement ; un air intérieur humide donne au contraire une sensation de froid et favorise condensation et moisissures. Ne coupez pas une VMC en hiver et nettoyez ses bouches sans dérégler le réseau.

Faire fonctionner radiateurs, chaudière et pompe à chaleur correctement

Un radiateur chaud en bas mais froid en haut contient souvent de l’air. Purgez-le lorsque l’installation est à l’arrêt et refroidie, selon la notice de votre équipement, en protégeant le mur et le sol. Si le problème revient, si plusieurs radiateurs restent froids ou si la pression chute, faites intervenir un chauffagiste plutôt que de multiplier les manipulations.

Laissez au moins 10 à 15 cm devant les radiateurs. Un canapé collé, un cache-radiateur ou des rideaux longs captent la chaleur et empêchent une bonne diffusion dans la pièce. Dépoussiérez les convecteurs électriques et les grilles de soufflage : ce geste simple améliore la circulation d’air et évite les odeurs à la remise en route.

Une chaudière individuelle de 4 à 400 kW doit faire l’objet d’un entretien annuel par un professionnel qualifié. Les pompes à chaleur relèvent aussi d’exigences d’entretien périodique selon leur puissance et leur type de fluide. Conservez l’attestation d’entretien : elle permet de suivre les réglages et peut être demandée par un bailleur ou un assureur.

Contrôle de début de saison

  • Les radiateurs chauffent sur toute leur hauteur, sans gargouillis persistants.
  • Aucun meuble ni rideau ne masque un émetteur de chaleur.
  • Le thermostat affiche une température cohérente avec un thermomètre indépendant.
  • Les bouches de VMC sont propres et les entrées d’air restent libres.
  • La date d’entretien de la chaudière ou de la pompe à chaleur est vérifiée.
  • Les joints de fenêtres et de portes ne sont ni décollés ni écrasés.

Sobriété immédiate ou isolation : deux leviers complémentaires

Baisser la consigne et programmer le chauffage donnent un résultat immédiat, sans chantier. Mais ces mesures ne corrigent pas une toiture glaciale, des murs très froids ou des fenêtres qui laissent passer l’air. Dans un logement durablement inconfortable à 19 °C, l’isolation et l’étanchéité à l’air doivent prendre le relais.

Réduire la demande ou rénover l’enveloppe ?

Réglages et sobriété

La réponse rapide, sans gros travaux

Points forts
Investissement nul ou limitéEffet dès la prochaine factureRéduit les gaspillages d’usageCompatible avec tous les logements
Limites
Confort limité si le logement est très déperditifNe traite ni les murs froids ni les infiltrations majeuresDemande des habitudes régulières

Isolation et rénovation

La réponse durable aux pertes de chaleur

Points forts
Confort amélioré à consigne égaleBesoins de chauffage durablement réduitsPeut traiter humidité et parois froidesValorise le logement si le projet est cohérent
Limites
Budget et préparation plus élevésQualité de pose déterminanteVentilation à traiter en même temps

Dans beaucoup de maisons, les combles ou la toiture constituent le premier poste à examiner, car la chaleur monte et les travaux y sont souvent plus accessibles. Comptez couramment 25 à 60 € par m² pour l’isolation de combles perdus, hors cas complexes. L’isolation des murs par l’extérieur est plus coûteuse, souvent autour de 150 à 250 € par m², mais elle traite efficacement les parois froides et de nombreux ponts thermiques.

Changer des fenêtres peut améliorer le confort acoustique, l’étanchéité et la sensation près du vitrage. Ce n’est toutefois pas toujours la priorité énergétique : des fenêtres anciennes encore étanches ne justifient pas forcément un remplacement avant l’isolation des combles ou le réglage du chauffage. Un audit énergétique ou le diagnostic d’un artisan compétent aide à classer les travaux dans le bon ordre.

Éviter les faux bons plans et préparer les travaux

Un appareil de chauffage neuf ne compense pas une enveloppe très fuyarde. Avant de remplacer une chaudière, demandez une estimation des déperditions, vérifiez la puissance réellement nécessaire et faites régler l’installation existante. Une puissance surdimensionnée multiplie les cycles courts et peut dégrader le rendement.

Les aides à la rénovation énergétique, les critères techniques et les conditions de ressources évoluent régulièrement. Avant de signer un devis, vérifiez les règles en vigueur, les exigences éventuelles de qualification de l’entreprise et l’ordre des démarches : certaines aides doivent être demandées avant le démarrage des travaux. En copropriété, une intervention sur la façade, les fenêtres ou le chauffage collectif nécessite généralement des autorisations spécifiques.

À partir du 1er janvier 2027, les systèmes de chauffage et de refroidissement des bâtiments devront en principe disposer d’une régulation automatique de la température par pièce, sous réserve d’exceptions techniques ou économiques. C’est une raison supplémentaire de prévoir thermostat et robinets thermostatiques lors d’une rénovation, plutôt que de les ajouter dans l’urgence.

Un plan d’action réaliste sur un hiver

Commencez par relever la température de chaque pièce et votre consommation sur une facture ou un compteur. Réglez ensuite 19 °C dans les pièces de vie, programmez les baisses nocturnes, fermez volets et rideaux le soir, puis entretenez les émetteurs. Ces actions prennent une à deux heures au total, hors entretien professionnel, et permettent d’identifier les zones réellement inconfortables.

Après deux ou trois semaines, notez les pièces froides, les traces de condensation et les courants d’air persistants. Ce sont des indices précieux pour choisir des travaux ciblés plutôt que d’acheter un chauffage d’appoint énergivore. Si une installation présente une fuite, une odeur de combustion, un défaut électrique ou un équipement au gaz suspect, arrêtez les manipulations et contactez rapidement un professionnel qualifié.

Questions fréquentes

Le « pull Jancovici » permet-il vraiment de réduire la facture de chauffage ?

Oui, s’habiller un peu plus chaudement rend une température intérieure modérée plus confortable et évite de relever inutilement le thermostat. L’économie ne vient pas du pull seul, mais du degré ou des degrés de chauffage que vous pouvez réduire durablement. Une baisse de 1 °C représente souvent environ 7 % de besoin de chauffage en moins.

Faut-il chauffer son logement à 19 °C partout ?

Non. 19 °C est un repère pour une pièce de vie occupée, pas une règle identique pour toutes les pièces. Une chambre est souvent réglée entre 16 et 18 °C, tandis qu’une salle de bains peut être chauffée davantage pendant son utilisation. Les besoins des jeunes enfants, des personnes âgées ou fragiles peuvent justifier une adaptation.

Est-il préférable d’éteindre le chauffage pendant une absence ?

Pour une absence de quelques heures ou une nuit, il vaut généralement mieux abaisser la consigne que couper complètement. Une baisse de 2 à 3 °C convient souvent à une chaudière ou à des radiateurs électriques. Avec une pompe à chaleur, testez plutôt une baisse limitée à 1 ou 2 °C pour éviter une remontée trop coûteuse.

Pourquoi faut-il aérer en hiver alors que le chauffage fonctionne ?

Une aération franche de 5 à 10 minutes évacue l’humidité et les polluants sans refroidir profondément les murs et les meubles. Un air trop humide augmente la sensation de froid et favorise condensation et moisissures. Les entrées d’air et la VMC ne doivent pas être bouchées pour économiser le chauffage.

Purger les radiateurs fait-il économiser de l’énergie ?

La purge ne crée pas à elle seule une économie fixe, mais elle permet à un radiateur contenant de l’air de diffuser correctement sa chaleur. Elle est utile si le haut du radiateur reste froid ou si vous entendez des gargouillis. Si le problème touche plusieurs radiateurs ou revient souvent, un chauffagiste doit contrôler l’installation.

Quels travaux prioriser pour réduire durablement les dépenses de chauffage ?

Commencez en général par les fuites d’air évidentes, les combles ou la toiture, puis étudiez les murs et la ventilation. Le remplacement des fenêtres n’est pas automatiquement prioritaire si elles sont encore étanches. Faites évaluer l’ensemble du logement avant de changer de chaudière ou d’installer une pompe à chaleur.

Cet article est publié par La rédaction de Mamabea à titre d’information générale. Il ne remplace ni un diagnostic, ni un devis, ni l’avis d’un professionnel qualifié. Prix, réglementations et disponibilités évoluent : vérifiez-les avant toute décision. Notre charte éditoriale.