vendredi 2 octobre 2026 L’idée du jour : Pourquoi certaines chansons restent bloquées dans la tête
mamabea Le magazine des bonnes idées du quotidien

Pourquoi certaines personnes sont plus piquées par les moustiques

Un dîner en terrasse et une seule personne finit la soirée couverte de piqûres, quand les autres convives n'en comptent aucune. Ce n'est pas une impression : les chercheurs ont identifié plusieurs facteurs biologiques réels qui rendent certaines personnes nettement plus attractives que d'autres aux yeux des moustiques.

Personne assise sur une terrasse au crépuscule près d'une bougie citronnelle
Personne assise sur une terrasse au crépuscule près d'une bougie citronnelle

Le dioxyde de carbone, premier signal détecté

Les moustiques repèrent leurs cibles à distance grâce au dioxyde de carbone expiré par la respiration, qu'ils détectent parfois à plusieurs dizaines de mètres à l'aide d'organes sensoriels spécialisés. Une personne qui produit naturellement plus de CO2, en raison d'un métabolisme plus élevé, d'une plus grande corpulence ou d'un effort physique récent, devient statistiquement plus repérable dans un groupe.

Ce mécanisme explique en partie pourquoi les femmes enceintes, dont le métabolisme et la production de CO2 augmentent pendant la grossesse, rapportent souvent être davantage piquées, un phénomène documenté par plusieurs études sur le sujet.

Les organes sensoriels utilisés par le moustique pour détecter le CO2, situés sur ses antennes, comptent parmi les systèmes de détection chimique les plus sensibles connus dans le monde animal. Cette précision explique pourquoi il reste quasiment impossible d'échapper totalement à leur détection simplement en retenant sa respiration ou en modifiant légèrement sa façon de respirer, une stratégie régulièrement évoquée mais totalement inefficace en pratique.

Le rôle surprenant du groupe sanguin

Facteurs qui influencent l'attractivité pour les moustiques
FacteurEffet observé
Groupe sanguin OAttire statistiquement plus que les groupes A ou B
Production de CO2 élevéeRepérage à plus grande distance
Température corporelle et chaleur cutanéeGuide le moustique lors de l'approche finale
Composition bactérienne de la peauCertaines flores cutanées produisent des odeurs plus attractives
Consommation d'alcool récenteLégère augmentation de l'attractivité, mécanisme encore débattu

Faites glisser le tableau horizontalement pour tout voir.

Plusieurs études ont montré qu'environ 85 % de la population sécrète, via sa peau, des indicateurs chimiques liés à son groupe sanguin, et que les moustiques semblent capables de détecter cette information. Les personnes du groupe O reçoivent en moyenne près de deux fois plus de piqûres que celles du groupe A dans des conditions expérimentales comparables.

Les 15 % restants de la population, dits non sécréteurs, ne libèrent pas ces marqueurs de groupe sanguin par la peau, ce qui semble les rendre globalement moins détectables selon ce critère précis, indépendamment de leur groupe sanguin réel. Ce statut, lui aussi déterminé génétiquement, ajoute encore une couche de complexité à un phénomène déjà multifactoriel.

La flore bactérienne cutanée, un facteur clé et individuel

La peau humaine héberge naturellement des centaines d'espèces de bactéries, dont la composition exacte varie fortement d'une personne à l'autre, influencée par la génétique, l'alimentation et même les produits d'hygiène utilisés. Certaines de ces bactéries produisent des composés odorants particulièrement attractifs pour les moustiques, tandis que d'autres profils bactériens semblent au contraire les repousser.

Alcool, effort physique et autres facteurs temporaires

Ce qui augmente temporairement l'attractivité
  • La consommation d'alcool, en particulier de bière, dans les heures précédentes
  • Un effort physique récent, qui augmente la température corporelle et la production de CO2
  • Les vêtements de couleur sombre, plus faciles à repérer visuellement pour certaines espèces
  • Une sudation abondante, qui libère davantage de composés odorants attractifs

Ces facteurs temporaires expliquent pourquoi une même personne peut se faire beaucoup piquer un soir et beaucoup moins un autre, sans lien avec un changement réel de sa physiologie de base : l'attractivité varie donc aussi selon le contexte précis du moment, pas seulement selon des caractéristiques fixes.

Peut-on vraiment réduire son attractivité

Aucune méthode ne permet de modifier durablement son groupe sanguin ou sa flore bactérienne naturelle, les deux facteurs les plus déterminants. En revanche, agir sur les facteurs temporaires (limiter l'alcool, se rincer après un effort physique, porter des vêtements clairs) reste une stratégie réaliste pour réduire, sans l'annuler complètement, le risque d'être une cible privilégiée lors d'une soirée.

Ces précautions individuelles complètent utilement les mesures classiques déjà recommandées pour chasser les moustiques du domicile, qui agissent sur l'environnement plutôt que sur l'attractivité individuelle de chacun.

Un phénomène qui varie aussi selon l'espèce de moustique

Réduire concrètement les piqûres lors d'une soirée extérieure

  1. Limiter l'alcool avant une exposition prolongée dehors

    Réduire sa consommation, sans nécessairement l'éliminer, diminue légèrement l'attractivité liée aux composés libérés dans la transpiration.

  2. Se doucher après un effort physique

    Éliminer la sueur et les composés odorants qui l'accompagnent limite l'un des signaux d'attraction les plus efficaces pour les moustiques.

  3. Privilégier des vêtements clairs et couvrants

    Une combinaison efficace pour réduire à la fois le repérage visuel et l'accès direct à la peau.

  4. Utiliser un répulsif adapté sur la peau exposée

    Les répulsifs approuvés restent la protection la plus fiable, indépendamment du niveau d'attractivité naturelle de chacun, sur le même principe que les précautions recommandées pour prévenir les piqûres de tiques lors d'une sortie en extérieur.

Ce qui reste hors de contrôle

  • Le groupe sanguin, déterminé génétiquement à la naissance
  • La composition de base de la flore bactérienne cutanée
  • Le métabolisme général et la production naturelle de CO2
  • La sensibilité individuelle, parfois plus marquée, à la réaction cutanée après piqûre

Ce qu'il faut retenir

En repères

2x plus

de piqûres en moyenne pour le groupe sanguin O par rapport au groupe A

1 signal clé

le dioxyde de carbone expiré, détecté à distance

Plusieurs mètres

distance à laquelle un moustique peut repérer sa cible

Questions fréquentes

Manger de l'ail ou de la banane réduit-il vraiment les piqûres ?

Aucune étude sérieuse n'a confirmé cet effet largement répandu dans la croyance populaire. La composition de la sueur influence effectivement l'attractivité, mais aucun aliment précis n'a démontré d'effet répulsif fiable une fois consommé.

Les enfants sont-ils plus ou moins piqués que les adultes ?

Cela varie surtout selon les facteurs individuels déjà cités (métabolisme, groupe sanguin, flore cutanée) plutôt que selon l'âge en tant que tel, même si une peau plus fine chez le jeune enfant peut rendre les piqûres plus visibles et plus irritantes.

Le parfum ou le déodorant influence-t-il l'attractivité ?

Certains parfums floraux ou fruités peuvent légèrement augmenter l'attractivité pour certaines espèces, tandis que d'autres composés utilisés en parfumerie semblent neutres ou même légèrement répulsifs, sans qu'un consensus clair n'existe sur ce point précis.

Pourquoi je gonfle plus que les autres après une piqûre ?

La réaction cutanée dépend de la sensibilité individuelle du système immunitaire à la salive du moustique injectée lors de la piqûre, un facteur totalement indépendant du fait d'être plus ou moins souvent piqué au départ.

Les moustiques préfèrent-ils vraiment le sang sucré ?

Non, cette croyance populaire n'a aucun fondement scientifique : les moustiques ne détectent ni ne réagissent au taux de sucre dans le sang, un facteur totalement étranger à leur mécanisme réel d'attraction.

Peut-on devenir moins attractif avec l'âge ?

Le métabolisme et la production de CO2 évoluent effectivement avec l'âge, ce qui peut légèrement modifier l'attractivité au fil des décennies, sans qu'aucune tendance générale et systématique n'ait été clairement établie sur l'ensemble d'une vie.

Cet article est publié par La rédaction de Mamabea à titre d’information générale. Il ne remplace ni un diagnostic, ni un devis, ni l’avis d’un professionnel qualifié. Prix, réglementations et disponibilités évoluent : vérifiez-les avant toute décision. Notre charte éditoriale.