Diagnostic d’un relais : comment déterminer s’il est HS sans connaissances avancées
Un relais défaillant peut immobiliser un ventilateur, des phares, un klaxon ou un démarreur. Avant de le remplacer au hasard, vérifiez son brochage, sa bobine et ses contacts avec un multimètre. Quelques mesures suffisent à distinguer un relais HS d’un fusible, d’un câblage ou d’une commande en cause.

À quoi sert un relais dans une voiture ?
Un relais est un interrupteur commandé électriquement. Un faible courant envoyé dans sa bobine déplace un contact interne capable d’alimenter un circuit plus gourmand : ventilateur de refroidissement, dégivrage, pompe à carburant, avertisseur sonore, éclairage ou moteur d’essuie-glace.
Il ne faut pas le confondre avec un fusible. Le fusible fond pour protéger le faisceau en cas de surintensité. Le relais, lui, ouvre ou ferme un circuit sur ordre d’un bouton, d’un calculateur ou d’un capteur. Une panne sur le circuit commandé peut donc venir du relais, mais aussi du fusible, du câblage, de la masse, du moteur concerné ou de l’ordre de commande.
Les repères à connaître sur un relais automobile courant
12 V
tension nominale la plus fréquente en voiture particulière
85 / 86
bornes souvent dédiées à la bobine de commande
30
arrivée de puissance, dans le schéma ISO le plus courant
5 à 25 €
prix habituel d’un relais enfichable standard
Les symptômes qui doivent faire suspecter un relais
Le signe le plus parlant est un équipement qui ne fonctionne plus alors que son fusible est intact : un klaxon muet, une soufflerie qui ne se lance pas, des antibrouillards inactifs ou un ventilateur moteur absent. Une panne intermittente, qui apparaît avec les vibrations ou après un trajet chaud, peut aussi correspondre à des contacts internes usés ou oxydés.
Un relais qui chauffe fortement, sent le plastique brûlé, présente des broches noircies ou bouge dans son logement mérite d’être retiré et examiné. En revanche, un simple clic au moment de l’actionner n’est pas un verdict. La bobine peut fonctionner tandis que les contacts, piqués ou brûlés, ne conduisent plus assez de courant.
Commencez toujours par le plus simple : contrôlez le fusible associé, l’état de la batterie et les connecteurs accessibles. Une batterie très faible peut empêcher plusieurs relais de coller correctement et imiter une panne électrique plus complexe.
Sécurité et matériel : ce qu’il faut prévoir
Repérez le relais dans le manuel du véhicule ou sur le plan du couvercle de la boîte à fusibles. Coupez le contact, retirez la clé ou éloignez la carte mains libres, puis attendez que les accessoires s’arrêtent avant de l’extraire. Sur certains véhicules récents, une boîte à fusibles abrite aussi un module électronique : ne forcez jamais un relais ou un cache.
Pour un essai sur établi, utilisez une alimentation 12 V stabilisée limitée en courant ou deux fils protégés par un petit fusible, reliés à une batterie 12 V. Le relais doit être retiré du véhicule. Vérifiez impérativement sa tension nominale sur son boîtier : un relais 24 V ne réagira pas forcément sous 12 V, tandis qu’un relais 12 V alimenté en 24 V peut être détruit.
- Un multimètre numérique avec modes ohmmètre et continuité
- Deux cordons à pinces crocodile isolées
- Une alimentation 12 V limitée ou des fils munis d’un porte-fusible
- La notice du véhicule ou le schéma imprimé sur le relais
- Une lampe et, si besoin, un petit miroir pour lire le marquage
Lire les bornes avant de sortir le multimètre
La plupart des relais automobiles enfichables portent un petit schéma gravé sur leur coque. C’est ce schéma qui compte, davantage que la couleur du plastique ou le nombre de broches. Sur un modèle de type ISO courant, 85 et 86 correspondent à la bobine, 30 au commun de puissance et 87 à une sortie normalement ouverte.
Un relais à cinq bornes peut ajouter 87a, un contact normalement fermé : au repos, 30 est alors reliée à 87a, puis cette liaison s’ouvre quand le relais colle et 30 se relie à 87. D’autres modèles ont deux sorties normalement ouvertes, nommées 87 et 87b. Ces deux configurations se ressemblent physiquement, mais ne sont pas interchangeables.
Repérez aussi un éventuel symbole de diode ou de résistance près de la bobine. Une diode impose une polarité : en général, 86 reçoit le positif et 85 le négatif, mais seul le dessin du fabricant fait foi. Inverser les fils lors du test peut faire griller cette diode.
| Type de relais | Au repos | Bobine alimentée | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| 4 broches, 30-87 | 30 et 87 ouverts | 30 et 87 reliés | Contact normalement ouvert |
| 5 broches, 87a | 30 et 87a reliés | 30 et 87 reliés | 87a doit s’ouvrir |
| Deux sorties 87/87b | 30 vers 87 ouverts | 30 relié aux deux sorties | 87b n’est pas forcément 87a |
| Bobine avec diode | Même logique de contact | Même logique de contact | Respecter le + et le − |
| Relais 24 V | Selon le schéma | Commande en 24 V | Ne pas alimenter en 12 V pour conclure |
Faites glisser le tableau horizontalement pour tout voir.
Échange avec un relais identique ou test au multimètre ?
Deux façons simples de lever le doute
Permuter deux relais identiques
Le test rapide, directement dans le véhicule
- Points forts
- Très rapide si un relais strictement identique est présentMontre si la panne se déplace avec le relaisAucun branchement externe à réaliser
- Limites
- Possible seulement avec une référence et un schéma identiquesNe renseigne pas sur l’alimentation du supportÀ éviter pour les fonctions de sécurité
Tester le relais sur établi
Le contrôle le plus parlant pour un amateur équipé
- Points forts
- Vérifie la bobine et les contacts séparémentÉvite d’intervenir sur le faisceau du véhiculeCompatible avec la plupart des relais amovibles
- Limites
- Demande un multimètre et une source adaptéeNe reproduit pas toujours le courant réel en chargeExige de lire correctement le schéma
La permutation est utile avec deux relais absolument identiques, par exemple deux relais auxiliaires de même référence dans la même boîte. Si le défaut suit le relais déplacé, le doute est presque levé. Ne remplacez pas ce critère par une simple ressemblance : un relais de dégivrage, de pompe ou de phare peut avoir un câblage interne différent.
Le test au multimètre est préférable si aucun équivalent n’est disponible. Il permet de détecter une bobine coupée, un contact qui reste collé ou un relais silencieux. Il ne garantit toutefois pas qu’un contact usé tiendra son intensité nominale pendant plusieurs minutes : ce défaut se révèle parfois seulement en situation réelle.
Tester un relais retiré en six étapes
Méthode accessible avec un multimètre
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1. Photographiez et retirez le relais
Contact coupé, prenez une photo de sa position et de son marquage. Tirez le relais bien droit, sans levier métallique dans la boîte à fusibles. Recherchez des traces de chaleur, des broches tordues, vert-de-gris ou un plastique déformé.
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2. Identifiez le schéma et la tension
Localisez 85 et 86 pour la bobine, puis 30, 87 et éventuellement 87a ou 87b. Confirmez que le relais est bien prévu pour 12 V avant l’essai. En présence d’une diode dessinée, notez précisément quelle borne doit recevoir le positif.
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3. Mesurez la bobine hors tension
Réglez le multimètre sur ohms et mesurez entre 85 et 86. Une bobine 12 V classique affiche souvent quelques dizaines à quelques centaines d’ohms, selon le modèle. Une lecture
OL, infinie ou instable dans les deux sens indique généralement une bobine coupée ; une valeur quasi nulle, après avoir tenu compte de la résistance des cordons, évoque un court-circuit. -
4. Contrôlez les contacts au repos
Réglez le multimètre sur continuité ou sur la plus petite plage d’ohms. Sur un relais normalement ouvert, 30 et 87 doivent être ouverts au repos. Sur un modèle avec 87a, 30 et 87a doivent au contraire être continus au repos.
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5. Alimentez seulement la bobine
Branchez brièvement l’alimentation 12 V protégée entre 85 et 86, en respectant la polarité prescrite. Tenez les pinces isolées et éloignez-les de 30, 87 et 87a. Un clic franc est attendu, mais ne maintenez pas l’essai si le relais chauffe, bourdonne anormalement ou sent le brûlé.
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6. Mesurez les contacts alimentés
Tout en gardant la bobine alimentée, mesurez entre 30 et 87. La continuité doit apparaître et la résistance doit être très faible, proche de celle de vos cordons. Sur un relais à 87a, la continuité entre 30 et 87a doit disparaître. Si ces changements n’ont pas lieu, le relais est HS.
Si le relais est bon : contrôlez son support et sa commande
Un relais testé bon ne résout pas forcément la panne. Remettez-le de côté et inspectez le support : une alvéole élargie, brunie ou verdie crée une résistance et peut couper l’alimentation sous charge. Une broche qui a chauffé peut aussi endommager le boîtier, même si le relais reste sain.
Avec le relais retiré et le multimètre en tension continue, cherchez d’abord l’alimentation correspondant à la borne 30, en vous référant au schéma. Sur beaucoup de montages, elle doit être proche de la tension batterie par rapport à une masse de carrosserie fiable, contact coupé ou mis selon le circuit. Si elle est absente, remontez vers le fusible, le porte-fusible et le câblage plutôt que de remplacer le relais.
Pour la commande, mesurez la tension entre les emplacements 85 et 86 lorsque vous actionnez la fonction concernée. Un relais conventionnel reçoit alors souvent une tension proche de 12 V. Zéro volt peut indiquer une commande absente, une masse coupée, un interrupteur défaillant ou une condition non remplie par le véhicule. Certains calculateurs commandent la bobine par impulsions : une mesure fluctuante ne permet pas de conclure sans schéma.
Évitez d’utiliser une lampe témoin classique sur une sortie de calculateur et n’enfoncez pas de sonde trop grosse dans les alvéoles. Un multimètre numérique, peu gourmand en courant, limite les risques de surcharge de la commande et de détérioration du connecteur.
Remplacer le relais, estimer le coût et savoir s’arrêter
Un relais amovible standard se remplace en quelques minutes après identification certaine. Comptez en général 5 à 25 € pour une pièce courante, plutôt 20 à 60 € pour une référence spécifique, et davantage lorsqu’il s’agit d’un module de boîte à fusibles. Un multimètre d’entrée de gamme correct coûte environ 15 à 40 € ; un diagnostic en garage se situe souvent autour de 60 à 120 €, selon l’accès et la recherche de panne.
Installez une pièce ayant la même tension de bobine, le même brochage, le même type de contacts et une capacité de coupure au moins équivalente. N’augmentez jamais le calibre du fusible pour « faire tenir » un circuit et ne montez pas un relais plus puissant si son schéma diffère. Ces modifications peuvent endommager le faisceau et compromettre la sécurité du véhicule.
Sur des véhicules récents, certaines fonctions autrefois confiées à des relais sont intégrées à un boîtier électronique. Si le relais n’est pas amovible, si une alvéole est fondue, si un fusible saute à nouveau ou si la panne concerne la direction, le freinage, l’airbag ou l’injection, arrêtez les essais. Un électricien automobile ou un garage disposant du schéma constructeur pourra contrôler le circuit sous charge sans risquer le calculateur.
Avant de déclarer le relais responsable
- Le fusible associé est contrôlé, pas seulement regardé à travers son plastique
- La référence et le schéma du relais correspondent à la fonction testée
- La bobine n’est ni coupée ni en court-circuit au multimètre
- 30-87 ou 30-87a changent bien d’état à l’alimentation de la bobine
- Le support n’est ni fondu, ni oxydé, ni desserré
- L’alimentation et la commande sont présentes au support au bon moment
Questions fréquentes
Peut-on tester un relais sans multimètre ?
Oui, une permutation avec un relais strictement identique et sain peut donner une indication rapide. Entendre un clic ou secouer le relais ne suffit pas à le déclarer bon. Sans multimètre, évitez tout pontage du support : vous ne pouvez pas vérifier correctement les contacts ni l’alimentation du circuit.
Quelle résistance doit avoir la bobine d’un relais 12 V ?
Il n’existe pas une valeur universelle. Beaucoup de bobines de relais automobiles 12 V mesurent quelques dizaines à quelques centaines d’ohms, selon leur puissance et leur conception. Une valeur infinie ou l’affichage OL signale en général une bobine coupée ; comparez avec la fiche technique ou un relais identique quand c’est possible.
Pourquoi mon relais clique-t-il mais l’équipement ne marche pas ?
Le clic montre que la bobine déplace probablement le mécanisme, mais les contacts de puissance peuvent être brûlés, oxydés ou trop résistants. Le support, le fusible, le câble vers l’équipement ou l’équipement lui-même peuvent aussi être en cause. Vérifiez que 30 et 87 deviennent bien continus lorsque la bobine reçoit sa tension.
Peut-on remplacer un relais 4 broches par un relais 5 broches ?
Pas automatiquement. Un relais à cinq broches peut posséder un contact normalement fermé 87a, ou une seconde sortie normalement ouverte 87b : ces montages n’ont pas le même comportement. Le remplacement est acceptable seulement si le schéma imprimé, la tension de bobine, le brochage et les caractéristiques électriques sont compatibles.
Faut-il débrancher la batterie pour changer un relais ?
Pour extraire et remplacer un relais amovible, coupez au minimum le contact et suivez les consignes du manuel du véhicule. Débrancher la borne négative est prudent si l’accès est délicat ou si le constructeur le demande, mais cela peut réinitialiser certains réglages. La batterie doit en revanche rester raccordée pour effectuer une mesure de tension au support, avec les précautions adaptées.
Cet article est publié par La rédaction de Mamabea à titre d’information générale. Il ne remplace ni un diagnostic, ni un devis, ni l’avis d’un professionnel qualifié. Prix, réglementations et disponibilités évoluent : vérifiez-les avant toute décision. Notre charte éditoriale.
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