Remorquage 101 : tracter une voiture sans encombre ni infraction
Une voiture immobilisée ne se tracte pas comme une remorque. Entre le type de transmission, les routes interdites, les limites de poids et l’assurance, un mauvais choix peut abîmer la mécanique ou coûter cher. Voici comment choisir la bonne solution et agir sans improviser.

En panne : le remorquage privé est une solution de secours
Tracter une voiture avec un autre véhicule n’est pas une façon ordinaire de la transporter. Sur route ouverte, la barre de remorquage correspond à un dépannage exceptionnel et de très courte distance : sortir un véhicule d’une zone dangereuse, le placer sur un parking proche ou l’amener chez un réparateur voisin si les conditions le permettent.
Ne l’envisagez jamais sur autoroute. En cas de panne sur autoroute, et plus largement sur les axes à accès réglementé ou les voies rapides où l’opération serait dangereuse, mettez-vous à l’abri derrière la glissière si possible, signalez la panne et contactez l’assistance ou une borne d’appel. Le dépannage y est encadré et assuré par des professionnels agréés.
Sur une route classique, le véhicule tracté doit rester maîtrisable : direction non verrouillée, freinage fonctionnel, pneumatiques en état et conducteur titulaire du permis requis à son bord. Si l’un de ces points manque, la solution raisonnable est le camion-plateau ou une remorque porte-voiture.
Barre, porte-voiture ou dépanneuse : choisir le bon moyen
Le matériel se choisit d’abord selon l’état du véhicule immobilisé. Une voiture avec boîte automatique, transmission intégrale, moteur électrique ou frein de parking bloqué ne doit pas être tirée roues au sol sans validation explicite de son constructeur. Sur beaucoup de modèles, l’anneau de remorquage sert seulement à extraire l’auto ou à la charger sur un plateau.
La corde, le câble et la sangle souple sont à écarter pour déplacer une voiture sur la voie publique. Ils créent des à-coups, laissent trop de marge au véhicule tracté et peuvent rompre. Une barre rigide, prévue pour le poids des véhicules concernés, reste le minimum pour un dépannage de proximité.
| Solution | Bon usage | À éviter si | Budget indicatif |
|---|---|---|---|
| Barre rigide | Dépannage très court sur route calme | Freins, direction ou transmission douteux | 35 à 100 € |
| Porte-voiture freiné | Transport planifié, toute distance | Permis ou capacité de traction insuffisants | 60 à 120 €/jour |
| Camion-plateau | Panne complexe ou véhicule non roulant | Budget très serré | 150 à 350 € et plus |
| Corde ou sangle souple | Extraction sur terrain privé uniquement | Toute circulation ouverte | 15 à 40 € |
| Dolly / essieu de remorquage | Cas très spécifique et matériel adapté | Doute sur conformité ou transmission | Location variable |
Faites glisser le tableau horizontalement pour tout voir.
Barre rigide ou remorque porte-voiture ?
Barre de remorquage
Pour sortir d’une difficulté immédiate
- Points forts
- Mise en œuvre rapide sur une courte distancePeu encombrante à stockerCoût d’achat limité
- Limites
- Conducteur nécessaire dans l’auto tractéeTrès contraignante et risquée en circulationInadaptée à de nombreuses transmissions
Porte-voiture
Pour déplacer réellement le véhicule
- Points forts
- Les roues de l’auto ne roulent pasAdapté aux longs trajets si l’ensemble est conformeMeilleure stabilité avec un bon arrimage
- Limites
- Permis, PTRA et PTAC à contrôlerAttelage, sangles et chargement plus longsLocation et dépôt de garantie à prévoir
Poids, attelage et permis : les contrôles à faire avant de partir
Pour un porte-voiture, regardez la carte grise du véhicule tracteur. La rubrique F.2 indique son PTAC ; la rubrique F.3, son PTRA, soit le poids total roulant autorisé. Le poids réel de l’ensemble chargé ne doit jamais dépasser F.3, ni le PTAC de la remorque, ni les charges admissibles sur ses essieux.
Le permis se calcule principalement avec les PTAC inscrits sur les cartes grises, pas avec le poids que vous pensez transporter. Avec le permis B, la somme des PTAC voiture + remorque reste en principe limitée à 3 500 kg. La formation B96 ouvre, sous conditions, jusqu’à 4 250 kg ; au-delà, il faut généralement le permis BE. Vérifiez aussi les éventuelles restrictions de votre permis et les données du constructeur.
Une remorque de plus de 500 kg de PTAC doit avoir sa propre immatriculation. Au-delà de 750 kg, elle est habituellement équipée d’un freinage propre. Elle doit aussi disposer d’un éclairage, de catadioptres, d’une plaque lisible et de pneus en bon état. Le véhicule tracteur doit avoir un attelage homologué et une prise électrique compatible, souvent à 7 ou 13 broches.
Les quatre chiffres à retenir
3 500 kg
Somme de PTAC généralement admise avec le permis B
4 250 kg
Somme de PTAC accessible avec la formation B96
500 kg
PTAC à partir duquel une remorque a sa carte grise
20 à 25 km/h
Allure prudente pour un dépannage à la barre, sur route adaptée
Avant une barre de remorquage : valider le véhicule tracté
Commencez par le manuel du véhicule immobilisé. Cherchez les rubriques « remorquage », « transport » ou « dépannage ». La mention d’un anneau vissable ne signifie pas automatiquement que la voiture peut être tractée sur ses quatre roues. Le constructeur peut imposer un plateau, limiter la distance ou interdire totalement le remorquage roues au sol.
Le risque est particulièrement élevé avec les boîtes automatiques, les hybrides, les électriques et les transmissions intégrales. Moteur arrêté, la lubrification de la transmission peut ne plus être assurée ; faire tourner les roues motrices peut alors provoquer des dégâts importants. Une suspension pneumatique basse ou un soubassement endommagé sont aussi des motifs pour choisir un plateau.
Le véhicule tracteur doit être stable, bien entretenu et idéalement nettement plus lourd que l’auto immobilisée. Vérifiez son niveau de carburant, ses pneus, ses freins et son dispositif d’attelage. Ne fixez jamais une barre sur une boule d’attelage non conçue pour cet effort, un pare-chocs, un bras de suspension ou un élément de carrosserie.
Feu vert avant un dépannage à la barre
- Le manuel autorise explicitement le remorquage roues au sol.
- La route est courte, peu circulée, sans autoroute ni voie rapide.
- Les deux voitures ont des points de remorquage prévus par le constructeur.
- La barre rigide est en bon état et dimensionnée pour les masses en jeu.
- La direction est déverrouillée et les freins du véhicule tracté répondent.
- Un conducteur assuré et titulaire du permis reste au volant du véhicule tracté.
- L’assistance a été appelée si votre contrat peut organiser ou rembourser l’opération.
Installer une barre rigide sans créer un deuxième problème
Garez les véhicules alignés sur un sol plat, loin du flux de circulation. Serrez les freins de stationnement pendant l’installation. Consultez ensuite les notices des deux voitures et de la barre : le point de traction peut être un anneau à visser, une platine ou un crochet spécifique. Vissez l’anneau jusqu’en butée si le constructeur le prévoit ; un filetage engagé de travers peut s’arracher.
Les occupants descendent avant le départ, à l’exception du conducteur du véhicule tracté. Mettez la boîte de cette voiture au point mort, déverrouillez la direction et desserrez le frein de stationnement. Contact mis, les assistances de direction et de freinage ne fonctionnent pas forcément moteur coupé : la pédale devient plus dure et le volant demande plus d’effort.
Déplacer l’auto sur quelques centaines de mètres à la barre
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Sécurisez la zone
Gilets rétro-réfléchissants si vous devez sortir sur la chaussée, feux de détresse lorsque la situation le justifie, et itinéraire très court identifié à l’avance. Renoncez si la visibilité, la pente ou la circulation ne permettent pas de rester en sécurité.
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Fixez et contrôlez la barre
Accrochez-la uniquement aux points prévus par les fabricants. Retirez tout jeu anormal, puis vérifiez visuellement les goupilles, verrous ou axes. N’utilisez ni nœud, ni mousqueton de loisir, ni sangle textile en remplacement.
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Coordonnez les deux conducteurs
Décidez des gestes simples avant de partir : arrêt immédiat, ralentissement et changement de direction. Le conducteur de derrière garde la barre dans l’axe, freine légèrement avant qu’elle ne se tende et ne cherche jamais à dépasser le véhicule tracteur.
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Démarrez sans à-coup
Le véhicule tracteur avance très progressivement jusqu’à tendre la barre. Restez autour de 20 à 25 km/h, sans accélération ni freinage brusque. La moindre vibration, odeur de frein, bruit de transmission ou perte de contrôle impose l’arrêt.
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Détachez hors circulation
Une fois au lieu sûr, immobilisez les deux véhicules, serrez les freins de stationnement et placez les boîtes sur P ou une vitesse avant de retirer la barre. Ne laissez pas l’auto en panne stationnée dans un endroit qui gêne ou crée un danger.
Conduite : lenteur, anticipation et visibilité
Un ensemble de dépannage freine moins bien et réagit avec retard. Le véhicule tracteur doit démarrer, tourner et freiner avec une douceur inhabituelle. Évitez les ronds-points serrés, les descentes longues, les fortes pentes et toute manœuvre en marche arrière avec la barre attelée.
Gardez une large distance avec les autres véhicules et annoncez tôt vos changements de direction. Les feux de détresse peuvent signaler une allure anormalement lente ou une situation de danger, mais ils ne dispensent pas de respecter les règles de signalisation. Si la circulation s’accumule derrière vous, cherchez le premier endroit sûr pour vous ranger.
La nuit, sous la pluie, dans le brouillard ou lorsque l’éclairage du véhicule tracté est défaillant, ne tentez pas l’opération. La visibilité insuffisante transforme un petit dépannage en risque majeur. Un professionnel équipé d’un plateau et de feux de chantier est alors la bonne réponse.
Avec un porte-voiture : l’arrimage compte autant que le permis
Un porte-voiture est préférable dès que le trajet dépasse un dépannage local ou que les roues de l’auto ne peuvent pas tourner. Chargez sur une surface plane, dans l’axe des rampes. Le véhicule doit être placé de façon à respecter la charge verticale maximale de la boule d’attelage, souvent comprise entre 50 et 100 kg selon l’auto et l’attelage, sans surcharger l’avant de la remorque.
Immobilisez la voiture avec quatre sangles adaptées, une à chaque roue ou aux points d’arrimage définis, et contrôlez-les après quelques kilomètres. Le frein de stationnement et une vitesse engagée complètent l’arrimage mais ne remplacent jamais les sangles. Relevez et verrouillez les rampes, testez les feux, branchez le câble de sécurité ou le dispositif de rupture prévu, puis vérifiez que la plaque de la remorque reste visible.
Après 5 à 10 km, arrêtez-vous sur une zone sûre pour contrôler la tension des sangles, la température inhabituelle des moyeux et le branchement électrique. Répétez ce contrôle à chaque pause. En cas de louvoiement, ne freinez pas brutalement : relâchez progressivement l’accélérateur, gardez le volant droit et ralentissez sans geste sec.
Assurance, coûts et cas où il faut appeler un pro
Avant de vous organiser seul, appelez l’assistance figurant sur votre contrat automobile ou votre carte bancaire, si elle couvre l’événement. Une garantie « 0 km » peut financer le dépannage même devant chez vous ; d’autres contrats n’interviennent qu’à partir d’une certaine distance du domicile. Demandez l’accord avant d’avancer des frais, ainsi que les modalités de transport des passagers et du véhicule.
La responsabilité civile du véhicule tracteur ne garantit pas automatiquement les dégâts causés à la transmission de la voiture remorquée ni les dommages à la remorque louée. Vérifiez les exclusions, la couverture de la remorque et l’assistance. Gardez une photo de l’état des véhicules et du matériel avant le départ en cas de litige.
Appelez directement un dépanneur si les airbags se sont déclenchés, si un pneu est arraché, si la direction ou les freins sont touchés, si le véhicule fuit, si les roues sont bloquées, ou si vous ne pouvez pas confirmer le mode de remorquage constructeur. Un artisan qualifié évite souvent une réparation bien plus coûteuse qu’un remorquage.
Questions fréquentes
Peut-on tracter une voiture avec une corde ou une sangle ?
Pour déplacer une voiture sur la voie publique, mieux vaut ne pas utiliser de corde ou de sangle souple. Les à-coups et le manque de contrôle rendent l’opération dangereuse. Une barre rigide adaptée est le minimum pour un dépannage très court ; sinon, utilisez une remorque ou faites intervenir un dépanneur.
Peut-on remorquer une voiture automatique au point mort ?
Pas forcément. Sur de nombreuses boîtes automatiques, hybrides, électriques ou transmissions intégrales, les roues ne doivent pas rouler moteur arrêté, même au point mort. Consultez impérativement le manuel du constructeur : il peut imposer un camion-plateau ou limiter très strictement la méthode et la distance.
Quelle vitesse faut-il respecter avec une barre de remorquage ?
Il n’existe pas de vitesse qui rende un long trajet sûr avec une barre. Pour un dépannage ponctuel sur une route adaptée, restez à une allure très lente, autour de 20 à 25 km/h, et adaptez-la aux conditions. Une route chargée, une descente ou une mauvaise visibilité justifient d’abandonner l’opération.
Faut-il un permis spécial pour tracter un porte-voiture ?
Cela dépend des PTAC de la voiture tractrice et de la remorque. Avec le permis B, la somme des PTAC est généralement limitée à 3 500 kg ; la formation B96 peut convenir jusqu’à 4 250 kg et le permis BE est souvent nécessaire au-delà. Vérifiez également le PTRA de la voiture et le PTAC de la remorque.
Une voiture tractée doit-elle avoir un conducteur au volant ?
Oui, lors d’un dépannage à la barre, un conducteur doit rester dans la voiture tractée pour tenir la direction et freiner. Il doit pouvoir manœuvrer le véhicule, avec une direction déverrouillée et des freins fonctionnels. Sur un porte-voiture correctement arrimé, personne ne doit naturellement rester dans l’auto transportée.
Mon assurance rembourse-t-elle le remorquage de ma voiture ?
Cela dépend de votre formule d’assistance, de la franchise kilométrique, de l’horaire et du lieu de la panne. Une garantie assistance 0 km est la plus favorable pour une panne près du domicile. Appelez l’assureur ou l’assisteur avant de commander un dépanneur afin de connaître le prestataire imposé et les plafonds de remboursement.
Cet article est publié par La rédaction de Mamabea à titre d’information générale. Il ne remplace ni un diagnostic, ni un devis, ni l’avis d’un professionnel qualifié. Prix, réglementations et disponibilités évoluent : vérifiez-les avant toute décision. Notre charte éditoriale.
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