10 variétés de tomates tardives à planter en mai pour l’automne
Une tomate dite tardive ne commence pas à mûrir en novembre : elle a surtout besoin d’un été assez long pour fructifier sans s’épuiser. Avec des plants vigoureux installés en mai, un tuteur solide et des arrosages réguliers, la récolte peut se poursuivre jusqu’aux premières gelées.

Ce qu’une tomate tardive promet réellement
Une tomate tardive est une variété dont le cycle est plutôt long, souvent entre 75 et 95 jours après la plantation d’un jeune plant, ou une variété vigoureuse capable de former de nouveaux bouquets jusqu’à la fin de l’été. Elle ne donne donc pas forcément ses premiers fruits tard dans l’année : les premières tomates arrivent généralement d’août à septembre, puis la cueillette se prolonge.
Le terme est parfois employé pour des tomates à gros fruits, qui demandent plus de chaleur pour mûrir, ou pour des plants à croissance indéterminée. Ces derniers allongent leur tige et produisent de nouveaux bouquets floraux tant que les conditions restent favorables. C’est ce comportement qui aide à récolter encore en septembre et en octobre dans une grande partie de la France.
Le climat reste le facteur décisif. En plein air, un coup de froid durable sous 10 °C ralentit fortement la maturation et une gelée détruit le feuillage. Un automne doux, une exposition très ensoleillée et un abri ouvert sur les côtés peuvent offrir plusieurs semaines supplémentaires, mais aucune variété ne garantit une récolte jusqu’en décembre dehors.
Les quatre repères qui font la différence
75 à 95 jours
pour les premiers fruits après plantation selon la variété
15 °C
température de sol souhaitable pour une reprise active
60 à 80 cm
espacement entre deux plants vigoureux
30 à 40 L
volume minimal pour un plant indéterminé en pot
Les 10 variétés à choisir pour récolter tard
Les durées annoncées ci-dessous sont des repères observés après plantation, dans un sol chaud et au soleil. Elles varient selon la région, la date réelle de mise en place, l’arrosage et le nombre de fruits laissés sur le plant. Les tomates les plus grosses sont souvent les dernières à rougir : ne les choisissez pas si votre jardin est très frais ou ombragé.
Pour étaler les usages en cuisine, associez deux variétés à gros fruits, deux tomates de taille moyenne et une variété plus productive en grappe. Vous limiterez aussi le risque de perdre toute votre récolte si une variété réagit mal à votre terrain.
- Ananas — 85 à 95 jours, fruits bicolores de 300 à 700 g. Chair douce et fondante, idéale en tranches.
- Amana Orange — 80 à 90 jours, fruits orange de 300 à 600 g. Peu acide, pour salades et carpaccios.
- Brandywine — 85 à 95 jours, gros fruits rosés de 250 à 500 g. Saveur riche, rendement parfois modéré.
- Cherokee Purple — 80 à 90 jours, 180 à 350 g. Chair sombre et dense, à protéger des pluies longues.
- Purple Calabash — 80 à 90 jours, 100 à 180 g. Fruits très côtelés, pourpres et acidulés.
- Noire de Crimée — 75 à 85 jours, 150 à 300 g. Précoce à intermédiaire mais productive jusqu’au froid.
- Green Zebra — 75 à 85 jours, 80 à 150 g. Reste verte à maturité, avec des rayures jaune ambré.
- Rose de Berne — 75 à 85 jours, 150 à 250 g. Chair tendre, douce et régulière en pleine terre.
- De Berao — 80 à 90 jours, 60 à 100 g. Fruits allongés, nombreux, pratiques en sauce et conserve.
- Agora F1 — 75 à 85 jours, fruits ronds d’environ 200 à 300 g. Hybride vigoureux à vérifier selon le sachet choisi.
La Noire de Crimée, la Green Zebra et la Rose de Berne ne sont pas les plus tardives au sens strict, mais elles restent intéressantes pour une récolte jusqu’à l’automne grâce à leur vigueur. Elles commencent à produire avant les très gros calibres et évitent de tout miser sur des tomates qui mûriraient trop tard.
Pour la Green Zebra, fiez-vous à la couleur de fond, qui jaunit légèrement, et à la souplesse du fruit : elle ne deviendra jamais rouge. Pour les variétés anciennes, la forme et le calibre peuvent changer d’un fournisseur à l’autre. Pour Agora F1, les graines récupérées ne redonneront pas fidèlement la même tomate l’année suivante ; c’est la particularité d’un hybride F1.
Planter en mai sans bloquer la reprise
Attendez que le risque de gel soit écarté et que le sol se réchauffe. Dans de nombreuses zones du Nord et de l’Est, la seconde moitié de mai est un repère prudent. Sur le littoral méditerranéen, une plantation peut être possible plus tôt, tandis qu’en montagne, dans une cuvette froide ou sur un plateau exposé, il faut parfois patienter jusqu’à fin mai ou début juin.
Choisissez un emplacement recevant au moins 6 heures de soleil direct par jour, à l’abri des vents dominants. Évitez l’endroit où vous avez cultivé des tomates, pommes de terre ou aubergines l’année précédente si le mildiou a été présent : ces plantes partagent plusieurs maladies.
La plantation qui lance une production durable
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Endurcissez les plants pendant 5 à 7 jours
Sortez-les progressivement dehors, d’abord quelques heures à l’ombre claire, puis davantage au soleil. Rentrez-les ou protégez-les si une nuit fraîche est annoncée.
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Préparez un sol nourri mais non surdosé
Incorporez environ 2 à 3 kg de compost mûr par m² dans les 15 premiers centimètres. Un excès d’engrais azoté donne beaucoup de feuilles et retarde la mise à fruits.
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Espacez généreusement
Laissez 60 à 80 cm entre deux plants et 80 cm à 1 m entre les rangs. L’air doit circuler vite après une pluie ou une rosée.
-
Plantez légèrement profond
Retirez les feuilles qui seraient enterrées, installez la motte et couchez légèrement une portion de tige si le plant est élancé. La tomate formera des racines supplémentaires le long de la tige enterrée.
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Tuteurez avant d’arroser
Posez un tuteur de 1,50 à 2 m au moment de la plantation, à quelques centimètres de la motte. Arrosez ensuite avec 2 à 3 litres d’eau au pied, sans mouiller le feuillage.
Croissance déterminée ou indéterminée : le choix compte
Pour viser des récoltes d’automne, privilégiez les tomates à croissance indéterminée. Elles peuvent atteindre 1,50 à plus de 2 m et continuent à former des bouquets. Les dix variétés de cette sélection sont le plus souvent conduites ainsi, mais vérifiez toujours l’étiquette du plant : la conduite peut varier selon une sélection ou un porte-greffe.
Deux comportements de plant, deux récoltes
Croissance indéterminée
La meilleure option pour récolter longtemps
- Points forts
- Nouveaux bouquets tout l’étéRécolte étalée jusqu’au froidGrand choix de variétés anciennes
- Limites
- Tuteur de 1,50 à 2 m nécessaireAttaches et surveillance régulièresPrend plus de place
Croissance déterminée
Pratique pour une récolte concentrée
- Points forts
- Plant plus compactMoins de taille et de tuteurageAdapté aux sauces en quantité
- Limites
- Production plus courteMoins de fruits en automneChoix limité en gros fruits tardifs
Arroser, pailler et conduire les plants jusqu’en septembre
Arrosez au pied lorsque les 3 à 5 premiers centimètres de terre sont secs. En pleine terre et par temps chaud, cela représente souvent 5 à 10 litres par plant, une à trois fois par semaine selon votre sol et la pluie. Un sol sableux sèche vite ; une terre argileuse conserve l’eau plus longtemps. Le bon rythme est régulier, pas quotidien par principe.
Installez un paillage de 5 à 8 cm d’épaisseur lorsque le sol est réchauffé : paille, feuilles sèches, tontes bien séchées ou broyat fin. Il limite les éclaboussures porteuses de spores, réduit l’évaporation et évite les alternances brutales d’humidité qui font éclater les fruits.
Attachez la tige tous les 20 à 30 cm avec un lien souple, sans l’étrangler. Sur les plants conduits à une seule tige, retirez les gourmands chaque semaine lorsqu’ils mesurent 3 à 5 cm. Vous pouvez aussi garder deux tiges, mais il faut alors espacer davantage et accepter des fruits parfois un peu plus tardifs.
En pot ou sous abri : les conditions pour gagner quelques semaines
En pot, installez un seul plant dans 30 litres au minimum, 40 à 50 litres étant préférable pour Ananas, Brandywine ou Amana Orange. Choisissez un contenant percé, lourd et profond, rempli d’un terreau potager de qualité enrichi d’un peu de compost mûr. Un bac trop petit donne des plantes assoiffées, des fruits irréguliers et une récolte écourtée.
Sur un balcon, placez le pot contre un mur lumineux, mais sans le coincer dans un angle sans circulation d’air. Vérifiez l’humidité chaque jour pendant les épisodes chauds. Une soucoupe peut retenir l’eau après l’arrosage, mais ne doit pas rester pleine pendant plusieurs jours.
Un toit transparent ou une serre non chauffée protège surtout de la pluie, ce qui est utile contre le mildiou. Aérez largement dès que le soleil chauffe. Sous abri, les fleurs doivent aussi être pollinisées : secouez doucement les tuteurs ou les bouquets en milieu de journée, deux à trois fois par semaine, lorsque les plants sont en fleurs.
Prévenir le mildiou et respecter les contraintes locales
Le mildiou est le principal frein aux récoltes tardives. Des taches brunes d’aspect humide, parfois accompagnées d’un duvet clair sous les feuilles par temps très humide, doivent alerter. Retirez les feuilles atteintes avec un outil propre et jetez-les avec les déchets ménagers plutôt que de les laisser au sol ou de les composter si la maladie est suspectée.
Ne mouillez pas le feuillage, désherbez légèrement autour des pieds et supprimez les feuilles basses qui touchent la terre. N’effeuillez pas excessivement : le feuillage nourrit les fruits et les protège des brûlures du soleil. Le « cul noir » des tomates est souvent lié à des arrosages irréguliers et à une mauvaise circulation de l’eau dans le plant, pas simplement à un manque d’engrais.
En période de restriction d’eau, appliquez les arrêtés de votre préfecture ou de votre commune, qui peuvent encadrer les horaires et les usages au potager. Si vous utilisez un produit de traitement, choisissez uniquement un produit autorisé pour l’usage concerné et respectez strictement son étiquette. En cas de maladie qui gagne rapidement plusieurs plants, l’avis d’un pépiniériste ou d’un jardinier professionnel peut éviter de contaminer tout le potager.
Récolter jusqu’aux premiers froids et sauver les derniers fruits
Récoltez une tomate lorsqu’elle a pris sa couleur de maturité et qu’elle cède très légèrement sous le doigt. Coupez le pédoncule avec un sécateur propre plutôt que d’arracher le fruit. Passez tous les deux ou trois jours en août et septembre : une tomate mûre laissée trop longtemps attire les limaces, se fend ou se dégrade après une pluie.
Avant une gelée annoncée, ramassez les fruits déjà colorés ou ceux qui commencent à pâlir, jaunir ou rougir. Faites-les finir de mûrir à 18 à 22 °C, dans une cagette ou un saladier, loin du soleil direct. Un fruit encore très vert et dur mûrira moins bien ; cuisinez-le plutôt en chutney, en pickles ou en tomate verte poêlée.
Évitez le réfrigérateur pour les tomates saines et encore fermes : sous 12 °C, leur texture et leur parfum s’altèrent. Si une tomate très mûre doit attendre un ou deux jours, le réfrigérateur peut dépanner, mais laissez-la revenir à température ambiante avant de la servir.
Budget réaliste et vérifications avant de planter
Pour quatre plants non greffés, comptez souvent 25 à 45 € la première année si vous devez aussi acheter les tuteurs et un peu de compost. La dépense baisse nettement ensuite, car les tuteurs et les pots se réutilisent. Un plant greffé est plus cher et peut être intéressant dans un sol fatigué ou sous abri, mais il n’est pas indispensable pour un potager familial bien conduit.
| Achat | Repère de prix | À prévoir |
|---|---|---|
| Plant classique | 3 à 6 € l’unité | Choisir des tiges trapues |
| Plant greffé | 6 à 10 € l’unité | Utile, pas obligatoire |
| Sachet de graines | 3 à 7 € | 10 à 30 graines environ |
| Tuteur bambou | 1 à 3 € l’unité | Durée limitée dehors |
| Tuteur métal | 5 à 10 € l’unité | Réutilisable plusieurs années |
| Compost ou terreau | 4 à 10 € le sac | Selon volume et qualité |
Faites glisser le tableau horizontalement pour tout voir.
À contrôler le jour de la plantation
- Un emplacement recevant au moins 6 heures de soleil direct.
- Un sol réchauffé et aucune gelée annoncée dans les jours suivants.
- Un tuteur de 1,50 à 2 m posé avant que les racines ne s’étendent.
- 60 à 80 cm d’espace libre autour de chaque plant.
- Aucune feuille enterrée ni en contact avec la terre.
- Un paillage prêt à être posé après la reprise du plant.
Questions fréquentes
Peut-on semer des tomates tardives en mai pour les récolter à l’automne ?
C’est possible uniquement avec une saison très longue et un abri chaud, mais le résultat reste aléatoire. Une tomate semée en mai doit d’abord grandir, fleurir puis former ses fruits. Pour récolter avant les premiers froids, plantez plutôt en mai des jeunes plants déjà développés.
Combien de temps un plant de tomate peut-il produire après une plantation en mai ?
Les premières tomates arrivent généralement 75 à 95 jours après plantation pour les variétés à cycle long, soit surtout d’août à septembre. Un plant indéterminé bien exposé peut continuer à produire jusqu’aux premiers froids. La durée dépend davantage de la météo et de la pression des maladies que du nom de la variété.
Faut-il tailler les tomates tardives pour avoir des fruits en automne ?
La taille n’est pas obligatoire, mais elle facilite la conduite des variétés indéterminées et améliore l’aération. Retirer les gourmands sur une tige unique concentre la plante sur moins de fruits, qui mûrissent souvent plus facilement. En revanche, enlever trop de feuilles réduit la capacité du plant à nourrir et protéger ses tomates.
Peut-on cultiver une tomate Ananas ou Brandywine dans un pot ?
Oui, à condition de prévoir un pot percé de 40 à 50 litres pour un seul plant, un tuteur haut et des arrosages très réguliers. Ces variétés à gros fruits sont exigeantes en volume de substrat et en soleil. Dans un bac de moins de 30 litres, leur production et la taille des fruits diminuent souvent.
Peut-on planter plusieurs variétés de tomates côte à côte ?
Oui, les variétés peuvent pousser côte à côte sans modifier les fruits récoltés la même année. Respectez simplement 60 à 80 cm entre les pieds pour laisser circuler l’air. Les croisements éventuels concernent seulement les graines que vous conserveriez pour les semer l’année suivante.
Cet article est publié par La rédaction de Mamabea à titre d’information générale. Il ne remplace ni un diagnostic, ni un devis, ni l’avis d’un professionnel qualifié. Prix, réglementations et disponibilités évoluent : vérifiez-les avant toute décision. Notre charte éditoriale.
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